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Les Gilets jaunes à Langeac : le mouvement doit-il rester nomade ?

sam 26/01/2019 - 16:05 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:55

Ici, à Langeac, les Gilets jaunes sont mobilisés depuis le 27 novembre 2018. Chaque semaine, ils sont une vingtaine à se relayer autour de ce rond-point situé à proximité de la zone commerciale de Langeac, rejoints chaque week-end par d'autres "citoyens en colère". Ici comme ailleurs, ils réclament une augmentation du pouvoir d'achat, celle des retraites, la baisse des impôts et des taxes, le rétablissement de l'ISF, le droit pour tous de vivre dignement entre autres revendications. Mais dans le Langeadois, une actualité locale touche plus particulièrement les Gilets jaunes : la fermeture de l'usine Copirel à Mazeyrat-d'Allier et la perte par conséquent de 82 postes sur le bassin langeadois. "Nous portons encore plus fièrement notre gilet jaune. Cette fermeture aura des répercussions sur tout le secteur, chez les artisans, les commerçants etc ", lance Virginie, une Gilet jaune de Langeac.

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Où la prochaine mobilisation sera-t-elle organisée ?
Au départ du rond-point, ils étaient entre 150 et 200. Direction l'Hôtel de Ville. Plusieurs camions de CRS étaient en poste à la gendarmerie. Mais la marche à travers Langeac marquant ainsi l'introduction de l'acte XI du mouvement, s'est déroulée dans le calme, au rythme des slogans désormais bien connus "Macron Démission ! Castaner en prison !" et parfois même sous les applaudissements des habitants visibles derrière leur fenêtre. S'il s'agit d'une introduction de l'acte XI, c'est parce qu'une autre manifestation est actuellement en cours, mais cette fois-ci au Puy-en-Velay. Certains gilets jaunes présents ce samedi matin à Langeac prévoyaient d'y participer. Mais faut-il poursuivre ces allers-retours sur les routes du département ? Il semblerait que non.

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L'acte XII devrait avoir lieu au Puy et uniquement au Puy, "pour rassembler un maximum de personnes", précise un Gilet jaune de Lachamp. Ce qui n'est pas évident lorsqu'on s'en éloigne. Outre la question du lieu, l'évocation de l'acte XII démontre encore une fois la détermination des Gilets jaunes. Le Grand débat national n'aura donc pas trouvé grâce à leurs yeux. "Ce Grand débat national financé avec nos propres deniers n'est qu'un moyen utilisé par Jupiter (comprenez Emmanuel Macron, Ndlr) pour sa campagne en vue des élections européennes", a déclaré l'un des porte-paroles des Gilets jaunes sur le parvis de l'Hôtel de ville à Langeac. "Nous fondons nos derniers espoirs sur ce mouvement des Gilets jaunes. Nous poursuivrons jusqu'à ce que nous soyons entendus" a ajouté un second porte-parole affirmant vouloir d'un "système sans mythomane, mais avec des personnes de terrain habitées par des problématiques de terrain." Suite aux discours, les manifestants ont observé une minute de silence en hommage aux Gilets jaunes morts ou blessés depuis le début du mouvement. Puis ils ont entonné "Le chant des partisans des Gilets jaunes".

Evacuation des ronds-points de Blavozy et Polignac
Les Gilets jaunes de la Haute-Loire s'organisent et se structurent. Ainsi, des messagers ont été élus pour transmettre la parole citoyenne. "Notre volonté, c'est de parler d'une seule voix. Ces messagers n'ont pas de pouvoir décisionnaire, ce pouvoir décisionnaire appartient à tous", précise Sylvain, un Gilet jaune de Lachamp rencontré à Langeac. Ainsi suite à l'annonce des destructions des camps de Blavozy et de Polignac, une messagère nouvellement élue du secteur bassin du Puy s'est rendue sur les lieux. "Au rond-point de Blavozy, un dialogue s'est engagé avec les services de la Préfecture et de Gendarmerie. Ils nous ont informés de l'illégalité des campements. Aucune solution n'a pu être trouvée avec eux pour conserver ces modestes cabanes, a-t-on appris dans un communiqué de presse des Gilets jaunes. Les discussions avec les Gilets jaunes présents nous font ressentir une montée de colère et beaucoup de déception. Par contre, au-delà des tensions dues à la guerre des égos, le sentiment d'union s'entendait à la sortie de toutes les lèvres. [...] Nous posons la question suivante aux services de la Préfecture : Détruire des lieux de rencontre nécessaire au dialogue ne va-t-il pas raviver les colères alors que l'apaisement devient la priorité ?"
Stéphanie Marin

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