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La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs se sont mobilisés, ce lundi 9 février dans les rayons de l’hypermarché Auchan à Brives-Charensac, pour dénoncer les prix du lait exercé actuellement et la vente de produits importés.
Cet après-midi, une action syndicale déclarée a été organisée pour mettre en lumière les pratiques de la grande distribution et des industriels sur les produits laitiers. Les responsables de l’enseigne, prévenus en amont, étaient également présents.
Des étiquettes pour identifier les produits
« Tous les laits en-dessous d’un euro, on estime qu’ils ne sont pas rémunérateurs pour le producteur. » Nicolas Merle
Les agriculteurs présents ont sillonné les rayons de l’enseigne afin de contrôler l’origine des produits laitiers et les prix pratiqués. Dans leur ligne de mire, les produits importés et ceux vendus à des tarifs jugés non rémunérateurs pour les éleveurs.
Des étiquettes jaunes ont ainsi été apposées sur certains articles, avec les mentions « lait origine inconnue » ou « prix du lait insuffisant pour l’éleveur ».
Nicolas Merle, président de la FDSEA Haute-Loire, explique « Pour tous les laits en-dessous d’un euro, on estime qu’ils ne sont pas rémunérateurs pour le producteur. » Un lait affiché à 0,92 € le litre a notamment été affublé d'une étiquette.
Des prix loin de couvrir les coûts de production
Les agriculteurs dénoncent une situation économique devenue intenable. Selon eux, vendre le litre de lait en-dessous d'un euro, ne permet pas de couvrir les coûts de production.
Éric Richard, administrateur de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), rappelle qu’une exploitation laitière moyenne de Haute-Loire, produisant entre 330 000 et 350 000 litres par an, subira une perte d’environ 2 000 € par mois, à travail égal, si le prix du litre de lait n'atteint pas 1 euro au prix de vente.
Selon les syndicats présents, le coût de production en zone montagne actuel est estimé à 578 euros pour 1 000 litres de lait, alors que le prix actuellement payé aux producteurs s'élève à 420 euros, contre 500 euros il y a deux mois.
Sensibiliser les consommateurs
Les syndicats accusent les industriels et les grandes surfaces de privilégier l’achat de lait étranger, parfois hors Union européenne, tout en exerçant une pression constante à la baisse sur le prix du lait français. Certains produits en rayon, comme du cheddar d’origine anglaise, illustrent cette pratique.
Comme l’explique Céline Julien, l’objectif de l’action est aussi de sensibiliser les clients, « le consommateur est le dernier maillon de la filière, mais aussi le plus important. S’il choisit des produits français, ce sont ceux-là que les transformateurs mettront en avant. »
Les producteurs alertent enfin sur l’enjeu du renouvellement des générations : « Il faut qu’il y ait une lisibilité à l’avenir pour pouvoir installer durablement des jeunes » souligne Lionel Guy, président de la section laitière de la FDSEA de Haute-Loire qui craint que toute la filière laitière française ne soit fragilisée.
La prochaine étape
Symboliquement, les agriculteurs sont également passés en caisse avec certains produits pour marquer leur volonté de « retirer des rayons » ceux qui ne respectent pas les normes.
Cette action en grande surface n’est qu’une première étape. « L’idée, c’est aussi d’aller voir les industriels dans un deuxième temps, ceux qui nous rémunèrent le lait de façon insuffisante », annonce Nicolas Merle.
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