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Le radar chantier de Bessamorel a-t-il anticipé la limitation à 80 km/h ?

mer 31/01/2018 - 12:25 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:51

La très polémique décision d'abaisser à 80 km/h la vitesse autorisée sur le réseau secondaire, qui va "particulièrement toucher les zones rurales", ne devrait être effective qu'à partir du 1er juillet 2018.

Rassurez-vous, vous ne serez pas verbalisé 
Si vous faites partie des automobilistes flashés sur la RN 88 à Bessamorel entre 80 et 90 km/h, ce n'est donc pas vous qui avez un train de retard mais bien un dysfonctionnement du radar chantier.
Mais rassurez-vous, vous ne serez pas verbalisé : "après analyse par le Centre automatisé de constatation des infractions routières (CACIR), le propriétaire du véhicule ne recevra pas d'avis de contravention", nous répondent les services de l'État.

Fonction double-sens et fonction discriminante entre véhicules légers et poids-lourds
Sur la RN 88, route à caractère prioritaire, au droit des emplacements recevant les radars autonomes, la vitesse est limitée à 90 km/h pour les véhicules légers et à 80 km/h pour les poids-lourds de poids total autorisé en charge ou poids total roulant autorisé supérieur à 3,5 tonnes.
Les radars autonomes sont munis de la fonction double-sens et de la fonction discriminante entre véhicules légers et poids-lourds.

"Il est possible que l'infraction concerne un véhicule circulant en amont, en aval ou en sens opposé du conducteur percevant le flash"
Contrairement aux radars fixes qui ne détectent le véhicule en infraction uniquement dans l'axe de l'appareil, le champ de vision des radars autonomes est compris entre 10 et 75 mètres.
Ainsi, "il est possible que l'infraction concerne un véhicule circulant en amont ou en aval du conducteur percevant le flash ou un véhicule progressant en sens opposé", justifient péniblement les services de la préfecture.

"La distinction avec un poids-lourds peut s'avérer erronée"
Autre argument mis en avant par les services de l'État : une confusion entre véhicules utilitaires (poids total autorisé en charge inférieur ou égal à 3,5 tonnes), et un engin de plus gros calibre. "La distinction avec un poids-lourds peut s'avérer erronée", observent les services de la préfecture de Haute-Loire.

  • Un internaute, circulant dans une berline et persuadé d'être dans son bon droit, est même retourné sur les lieux du flash en fin de semaine dernière et il a filmé la scène pour prouver le dysfonctionnement de l'appareil  : 


Radar autonome, machines à cash ?
C'est ainsi que leurs détracteurs les qualifient. Au départ, cette machine devait être installée sur les chantiers afin de protéger les agents qui travaillent sur les routes. Puis, petit à petit, le radar chantier a été requalifié de radar autonome, et s'est petit à petit multiplié le long des routes hexagonales, sans nécessairement être en lien avec un quelconque chantier.
Il compte de nombreux détracteurs qui pointent du doigt "son efficacité redoutable pour augmenter les recettes fiscales de l’État", selon la Ligue des conducteurs, qui ajoute : "capables de contrôler 7 500 véhicules par heure sur quatre voies dans les deux sens de la circulation, ces radars battent déjà tous les records : 4 500 flashes en 24 heures, c'est trois conducteurs piégés à la minute !".

----Le radar autonome, plus efficace et plus cher
D’un coût de 200 000 euros pièce, le radar autonome est beaucoup plus cher qu’un radar classique (70 000 euros) mais beaucoup plus efficace... et donc beaucoup plus rentable.-----Des détracteurs... et des destructeurs
Si les radars ont depuis toujours eu leurs détracteurs, ils ont aussi leurs destructeurs. Une inquiétante série de délits avait porté le nombre de dégradations à plus de trois par mois en Haute-Loire, contraignant le préfet de l'époque à déplorer "des comportements inadmissibles".
Rappelons que toute dégradation ou détérioration d’un radar constitue une infraction punie d’une peine d’emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 75 000 €. En cas de récidive ou de méfait en réunion, la peine grimpe jusqu'à sept ans de prison et 100 000 euros d'amende. Le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins sur cet équipement est puni d’une amende de 7 500 € et d’une peine de travail d’intérêt général.

La "rentabilité" et les "recettes" des radars fixes automatiques
La rédaction de Zoomdici s'était penchée sur la "rentabilité" et les "recettes" des radars fixes automatiques il y a quelques années. Voici les informations que nous avions récoltées. Si le terme de rentabilité fâche, les radars automatiques ont tout de même rapporté, via les amendes forfaitaires, 470 millions d'euros au niveau national en 2010. Notons enfin que cette somme ne concerne que les amendes forfaitaires payées dans les 45 jours. Les amendes majorées ont rapporté quant à elles en 2010 la bagatelle de 120 millions d'euros, une somme cette fois-ci intégralement reversée au budget général de l'Etat.
Les 470 millions d'euros récoltés via les radars sont ensuite intégralement reversés :
- 45 %, soit 212 millions d'euros, contribuent à l'installation et la maintenance des radars, le traitement des infractions et la modernisation du fichier du permis de conduire ;
- 30 %, soit 130 millions d'euros, permettent le financement par les collectivités locales d'opérations destinées à améliorer les infrastructures de transports en commun et de circulation. Notons que 100 millions d'euros sont reversés aux communes et 30 millions d'euros aux Départements ;
- 25 %, soit 128 millions d'euros, est reversé à l'AFITF (Agence de Financement des Infrastructures de Transport de France), un établissement public de l'Etat qui finance de grands projets d'infrastructures routières, comme c'est le cas par exemple pour la sécurisation des passages à niveau.

Maxime Pitavy

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