Le Puy : la saga des rythmes scolaires continue

sam 04/10/2014 - 16:30 , Mise à jour le 27/11/2020 à 05:53

Après six mois d'une mobilisation plus ou moins active, le Collectif des Parents d'Élèves des Écoles Publiques s'est à nouveau réuni ce samedi matin. Le mouvement est parti de la place Cadelade aux alentours de 11h pour défiler dans les rues ponotes sans oublier de faire une halte devant la Mairie. Aussi nombreux que lors des premiers rassemblements, les parents ont distribué des tracts et ont crié leur mécontement pendant plus d'une heure.

Un silence pesant
Les manifestations se suivent et se ressemblent dans une absence notoire de dialogue entre les deux parties. Olivier Belhomme, co-président du collectif, nous a confié : " Depuis le 21 août, nous n'avons aucune nouvelle de la Mairie malgré le dépôt de notre pétition de plus de 500 signatures ". L'association compte 75 membres. Olivier Belhomme nous explique : " Nous n'avons pas fait de campagne, ces adhésions se sont faites d'elles-mêmes. Nous avons lancé une page Facebook la semaine dernière, nous comptons déjà 130 abonnés ". 

Quelques soucis d'organisation
Sur les sept écoles concernées, celle du Val-Vert s'en sort bien puisque jumelée avec le centre de loisirs voisin : " Depuis longtemps, les enfants sont pris en charge par le centre pour les activités ", se réjouit Olivier Belhomme. Pour les autres établissements publiques, la réforme se met en place difficilement d'après le collectif : " A l'école Jeanne d'Arc, il y a deux élèves de Clis (Classe d'Ingrégration Scolaire). L'éducateur n'était pas au courant, ne voulant pas prendre de risque, il a préféré ne pas les faire participer à l'activité. C'est l'enseignante qui a dû rester pour que les enfants participent en toute sécurité ".

Bonne volonté mise à l'épreuve
Le collectif dénonce le sous-effectif d'encadrants : " À Michelet, par exemple, il y avait 27 élèves pour un éducateur. Au lieu de faire du sport, ils sont restés assis une heure à parler de sport. Il ne faudrait pas plus de 15 à 18 enfants par éducateur pour que les activités se déroulent correctement ". Olivier Belhomme prend l'exemple de la confection d'un herbier à l'école de Guitard en pointant du doigt " l'improvisation " : " le directeur a dû rester après ses heures de travail pour surveiller l'étude et pour que l'atelier herbier puisse avoir lieu comme il le devait ". Il continue : " Des enseignants qui étaient volontaires pour encadrer les études ont même renoncé en voyant les conditions d'accueil comme à Michelet ou à Marcel Pagnol ". Des anecdotes de ce type, le collectif en a bien d'autres.

" Où va cet argent ? "
Le bugdet aloué aux rythmes scolaires, d'un montant de 150 000 euros, fait toujours débat comme le souligne le co-président : " les horaires des ATSEM (Agent Spécialisé des Écoles Maternelles) ont été redéployés donc il n'y a pas d'embauche. Les activités sont encadrées par des bénévoles... Peut-être que les centres de loisirs génèrent des frais mais ils ne sont pas liés directement aux rythmes scolaires. Pour ce qui est du matériel, il y en a pour moins de 3,50 euros par enfant donc pas de quoi atteindre la somme annoncée ".

Une étape franchie
Le collectif applaudit, en revanche, le dépot d'un Projet Éducatif Territorial qui donne accès à une aide gouvernementale d'une cinquantaine d'euros par enfant : " Un rapport de force s'installe et fait bouger les choses petit à petit. Il ne faut pas perdre de vue que nous ne nous battons contre personne, juste pour l'interêt de nos enfants et de leur sécurité ".

La mairie réagit
Catherine Chalaye, l'adjointe chargée de l'éducation et de la jeunesse à la mairie du Puy, a envoyé un communiqué de presse à notre rédaction pendant le rassemblement :
" Nous tenons à saluer la bonne tournure du dialogue avec les parents d'élèves à propos des rythmes scolaires. La mobilisation en baisse de ce jour à l'occasion du rassemblement atteste le fait que les parents ont compris la démarche que nous avions engagée. La Ville reste bien entendu à l'écoute de chacun, il est tout à fait normal de lever les inquiétudes de chacun. C'est le sens de notre engagement. "

En fonction des réponses apportées, le Collectif se réserve le droit de se mobiliser à nouveau. Les membres espèrent néanmoins voir la mise en oeuvre d'améliorations avec notamment la participation des bénévoles d'associations dans l'encadrement.

E.J. 

Plus de renseignement sur le collectif :
La pétition 
La page Facebook
Le blog du collectif 

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