Le Puy : Il agresse le personnel des urgences, le tribunal le condamne

jeu 02/11/2017 - 12:09 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:49

Lorsque le juge annonce l’affaire, une première constatation se fait : pas de prévenu. L’homme de 27 ans, accusé de menace de mort et outrage sur professionnel de santé, n’est pas là. Et si son avocate défend son absence par « un rendez-vous professionnel sur Lyon », elle va servir les arguments de l'accusation.  
« Immature, violent, et récidiviste », tel est le portrait que l’avocate de la partie civile tire de ce Ponot, né en Bosnie, alors en guerre. Les faits datant du 7 mai 2017 rappellent une première condamnation pour des actes similaires sur policiers remontant à avril 2017. « Un déchaînement de violence tel que quatre personnels de santé ont été obligés de stopper leur travail pour le calmer », rajoute l'avocate des plaignants. 
Un comportement de « fou furieux » 
La nuit du 6 au 7 mai 2017, vers deux heures du matin, le prévenu arrive aux urgences, déjà agressif. Il demande à voir sa petite-amie hospitalisée pour coma éthylique. « Elle a signalé aux équipes les comportements violents de son petit-ami», et ne souhaitait donc pas le voir, rapporte toujours l’avocate des plaignants, « ce qui explique la décision du personnel ». Mais ce refus, le jeune homme ne l’aurait pas accepté. « Ta gueule c*******, vous êtes tous des incapables », aurait-il injurié, entre autres, avant de causer quelques légers dégâts matériels.
« Un garçon attachant »
Mais pour l’avocate de la défense, l’accusé, qu’elle a pris l’habitude de représenter, est un « garçon gentil à l’histoire difficile ». Victime d’une maladie dégénérative le rendant aveugle, et ayant subi enfant les violences de son père, « il y a un contexte à ne pas oublier », précise-t-elle. Elle rappelle également que le jeune homme a pris soin de rédiger une lettre d’excuses quelques jours seulement après les faits, le 13 mai. « Alors oui il est immature, mais il a pris l’initiative de se faire suivre pour gérer son impulsivité et a rédigé des excuses spontanées dans lesquelles il s’engage à rembourser les dégâts », poursuit l'avocate. Quant aux violences conjugales évoquées par les plaignants, elles sont, à son avis, « hors de propos et abusées ».
De la prison ferme
Mais il y a récidive. Alors même si pour le procureur le prévenu démontre un comportement « d’enfant de sixième », il demande quatre mois de prison ferme dont deux avec sursis. Le tribunal en donnera six dont trois avec sursis, suivis d’une obligation de soins en addictologie et d’indemnisations de l’ordre de 585€ pour l’hôpital et 600€ pour chacune des quatre parties civiles. Ajoutée à cela, une compensation de 700€ pour les dégâts matériels.
 
Inès Hadi

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