Le Conseil municipal du Puy perturbé par une mobilisation syndicale

Par Nicolas Defay mer 21/12/2022 - 17:00 , Mise à jour le 21/12/2022 à 17:00

Lundi 19 décembre, les élus ont dû parfois hausser la voix pour se faire entendre durant le Conseil municipal ponot. Sifflets, musiques et cornes de brume du syndicat FO ont ponctué l’audience pendant une heure dans le contexte de la Loi de la transformation de la fonction publique.

Aux alentours de 18 heures, une quinzaine de personnes s’est regroupée devant la mairie du Puy-en-Velay. Drapeaux de Force Ouvrière en guise de décoration et musiques revendicatives pour l’ambiance, les militants continuent en ce sens leur combat concernant l’application de la controversée Loi de la transformation de la fonction publique.

En résumé, le décret oblige les collectivités à harmoniser le temps de travail dans la fonction publique avec celui du secteur privé. C’est à dire que les agents comptabilisent 1 607 heures de travail dans l’année contre 1 572 appliquées auparavant et 1 558 pour les personnels des Ehpad, de la collecte et de la Police municipale. Mais sans que le salaire, lui, s’harmonise avec ce surcroît de travail pour certains secteurs.

« Contrairement à la CGT et la FSU, nous n’avons effectivement pas signé l’accord »

Christophe Teyssonneyre, secrétaire FO Agglomération 43, explique à nouveau le pourquoi de leur présence. « Contrairement à la CGT et la FSU, nous n’avons effectivement pas signé l’accord. La loi en question permet aux collectivités de donner à certains services des jours de sujétions. Ce sont des jours de congés qui s’ajoutent aux autres jours pas travaillés. »

Il précise : « Ces jours là sont générés par la reconnaissance de la pénibilité ou de l’arythmie de travail inhérents aux postes de travail en question. Et il est clair que des services ont été totalement oubliés ».

« Au mois de janvier, un secteur dont je ne peux encore vous révéler sera en grève. Et nous espérons que cette action se répercute massivement sur les autres secteurs oubliés ». Christophe Teyssonneyre

« Cela ne crée pas une surcharge de travail contrairement à ce qu’on entend »

En débat lors des Comité Technique Paritaire (CTP) du 29 novembre, les élus et les acteurs participants avait décidé quels secteurs devaient bénéficier de jours de sujétions. « Nous avons accordé par exemple ce dispositif aux agents des Ehpad qui, comme tout le monde le sait, occupent un travail lourd et dur, partage Michel Chapuis pendant le Conseil municipal. La Police municipale aussi, tout comme la Collecte, le service de la Petite enfance avec les Atsem et d’autres secteurs ».

Il mentionne aussi : « Cela ne crée pas une surcharge de travail contrairement à ce qu’on entend. C'est même l'inverse car les agents auront plus de temps pour faire leur travail. Et il n’y aura pas non plus de suppression de poste ».

« Mr Le maire, je pense que vous devez entendre leurs revendications et avancer »

Le syndicat FO, qui a participé à sa façon à l’audience du Conseil entre 18h30 et 19h30 par des sifflets entonnés sous les fenêtres de la mairie, soulève ce point de crispation : « Ce qui nous gêne le plus est l’absence de dialogue social !, se désole Christophe Teyssonneyre. Michel Chapuis, Président du CCAS et Maire du Puy, a décidé de passer en force cette loi sans reconnaître ces jours spéciaux à des secteurs qui le méritent. »

Il pose la question : « Pourquoi les accorder aux écoles et aux crèches et pas aux centres de loisirs ? Et qu’en est-il des agents de la DEA (Syndicat d'Assainissement et Eau du Puy en Velay, Ndlr), des Espaces verts, du Cadre de vie ou encore du Centre technique municipal ? »

Laurent Johanny, élu de l’opposition s’est à son tour exprimé sur le sujet. « Nous constatons qu’il y a des avancés, c’est vrai. Mais il reste encore des marges de négociations que les organisations syndicales peuvent décoincer si on leur laisse la parole. Mr Le maire, je pense que vous devez entendre leurs revendications et avancer ».

 

 

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3 commentaires

bc

jeu 22/12/2022 - 21:38

Bashing fonctionnaires bashing agriculteurs …..etc populisme électoral qui a conduit à la ruine de notre service public ( hôpitaux enseignements…. ) la désertification de nos campagnes continuez à dénigrer tout ces travailleurs de l’ombre qui garnissent vos assiettes , qui vous soignent, qui éduquent vos enfants, qui facilitent votre quotidien..ect mais surtout ne venez pas pleurer que ces métiers ne soient plus attractifs, que nos jeunes ne veulent plus s’impliquer, s’engager, car eux ils ont vu des parents sur engager, sur impliquer dans leurs métiers et n’ont pas envie de suivre le même chemin pour si peu de considération sans parler de reconnaissance.ils fuient ces métiers, cette malveillance insupportable pour exercer des métiers perçus plus « nobles »

me

mer 21/12/2022 - 19:57

tremblez 10 manifestants sont là !! qui refusent d'accomplir le temps de travail pour lequel ils sont payés

bc

mer 21/12/2022 - 19:33

« Peser la pénibilité des métiers » voilà une belle prétention que veule avoir nos élus que ceux soit au niveau local pour le temps de travail qu’au niveau national pour la réforme des retraites 

Cette  pénibilité reste très relative chacun trouvant son métier plus pénible que les autres.

De quoi parle t’on de la pénibilité physique, psychique, du stress, de la pression du public ? 
 

Attention ⚠️ au corporatisme au détriment du collectif d’agents de service public. La lutte des places (à la lumière ou à l’ombre du pouvoir politique) remplace désormais la lutte des classes