Saugues mise sur un centre de santé pour attirer des médecins
Ce samedi 18 juillet, à Vergezac, des opposants se sont rassemblés pour réaffirmer leur rejet de la loi d'urgence agricole. Ce texte, qui doit être voté les 20 et 21 juillet à l'Assemblée nationale, inclut plusieurs dispositions inspirées de la loi Duplomb.
Environ 150 personnes se sont regroupées ce samedi sur le lieu-dit du Thiolant, en réponse à l'appel du conseiller régional de la Haute-Loire Renaud Daumas (Les Écologistes). Le syndicat " Confédération Paysanne 43, Générations Futures, ou encore la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) étaient représentés.
La loi d'urgence agricole est un texte initialement proposé par le gouvernement et ayant déjà reçu quelques modifications de l'Assemblée nationale et du Sénat. Il vise à répondre à certaines revendications des agriculteurs concernant les règlementations et l'irrigation en temps de sécheresse. Cette loi comporte une grande partie des préceptes de la controversée loi Duplomb, qui avait fait couler beaucoup d'encre en 2025, avec plus de 2 millions de signature opposé à ce projet.
Premier à prendre la parole, Renaud Daumas a justement rappelé que l'eau était au cœur de son opposition à cette loi : « Les enjeux sont ceux de la potabilité de l'eau, ses usages, et le bon état des milieux aquatiques ». Le conseiller régional craint en effet, à travers ce texte, une pollution (voir plus bas) et une concentration des réserves hydrauliques aux mains des plus grandes exploitations agricoles. « Il faut une démocratie sur l'eau. Tout le monde en a besoin, pas seulement les agriculteurs. »
Des propos repris par Hervé Braud, apiculteur et membre du Conseil d'administration de la Confédération Paysanne de Haute-Loire. « C'est une loi d'urgence pour les agro-industriels, pas pour les petits. Dans le contenu, c'est un programme d'appropriation de l'eau ».
La proposition de la loi déposée en 2025 par le sénateur de la Haute-Loire Laurent Duplomb, connue notamment pour la réintroduction de l'acétamipride, était sur toutes les bouches ce 18 juillet. « C'est une question de santé collective », estime Loïc Caillens, membre du Bureau de la Confédération Paysanne 43. Pour la porte-parole du syndicat, Marie-Lise Brice, « Les pesticides ne sauveront aucune filière. Il n'y a que la solidarité qui permettra un avenir durable ». Thierry Touraine, du comité territorial Auvergne de la LPO, dénonce une « loi violente ».
Pour défendre la réintroduction de l'acétamipride en France, Laurent Duplomb avait évoqué les importations de produits traités avec ce produit, et le renforcement de la compétitivité de l'agriculture française. De son côté, Renaud Daumas propose « de faire enfin valoir une clause de sauvegarde interdisant les importations de produits étrangers traités avec des substances interdites en France ».
La France a déjà suspendu en janvier 2026 la commercialisation sur son territoire d'aliments traités avec des produits interdits dans l'Union Européenne. Le conseiller régional écologiste veut une réglementation plus nationale. « Il nous faut une agriculture française plus souveraine », ajoute-t-il.
La loi d'urgence agricole devrait être votée à l'Assemblée nationale le lundi 20 juillet, puis au Sénat le mardi 21. Ces deux votes successifs décideront, ou non, de son application définitive.
Vos commentaires
Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire
3 commentaires
Il est toujours fascinant de voir certains donneurs de leçons expliquer aux autres comment vivre, produire et travailler… surtout quand leur propre modèle semble dépendre davantage des subventions que du marché. L'écologie est une belle cause ; elle mérite sans doute mieux que des professionnels de l'indignation permanente.
Le captage du Meygal est un cas d'école: des pratiques agricoles ont pollué une ressource en eau potable avec des intrants et des pesticides. Au lieu d'appliquer réellement le principe du "pollueur- payeur" en imposant la dépollution, on envisage de leur accorder davantage d'eau pour dévelloper leurs cultures.C'est incompréhensible:on récompense ceux qui ont contribué à dégrader la ressource au lieu de protéger l'eau, un bien commun.
Vraiment dommage qu il n'ait pas été notifié l'interdiction préfectorale d'aller à proximité du captage du Meynial, déclassée en 2011 en raisons de pollutions agricoles.
Par contre, c'est bien qu'il ait été oublié de parler de la france insoumise, présente avec de nombreux drapeaux (afin de préparer les futures élections) qui a pris la parole en fin de rassemblement avec une sono fonctionnelle; ce à quoi avaient dû renoncer les organisateurs du rassemblement. LFI a aucun moment n'a proposé cette sono, alors que la notion de fraternité, de solidarité, d'entraide a été évoquée dans plusieurs discours. Honte à eux , opportunistes !