Jeune Padawan, le sabre laser au Puy-en-Velay tu manieras !

Par AP lun 07/06/2021 - 07:00 , Mise à jour le 07/06/2021 à 07:00

Son nom s'apparente à la marque de consoles qui a fait vibrer la culture geek et finalement, l'univers Star Wars est venu à lui, comme une évidence. Benjamin Sega est maitre d'armes sur la Haute-Loire. Sa carrière d'escrimeur, couplée à la crise sanitaire actuelle, lui a donné envie de suivre une formation... de sabre-laser. Pour en proposer des cours, courant septembre. Rencontre.

Benjamin Sega, qui êtes-vous ?

"Je suis maitre d'armes sur la Haute-Loire (formé un an à Chatenay-Malabry en 2003 où il a obtenu ensuite son diplôme, ndlr) et assistant technique départemental, c'est-à-dire que j'assure des missions de promotion sur le département pour les trois clubs en Haute-Loire (Sainte-Sigolène, Le Puy et Yssingeaux). J'enseigne d'ailleurs dans deux d'entre eux, Le Puy et Yssingeaux."

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans le sabre laser ?

"J'ai eu l'occasion de faire une découverte qui a été organisée par le comité régional d'escrime d'Auvergne-Rhône-Alpes. J'en avais entendu parler avant, mais cela me semblait un peu farfelu. Quand j'ai essayé, je me suis finalement bien pris au jeu, j'ai trouvé la discipline intéressante.

"A la base, je suis sabreur ; j'enseigne les trois armes, mais mon arme d'affinité, c'est le sabre."

Et déjà, dans le nom, sabre et sabre laser, ça se rapproche. Le monde de Star Wars me parle, je faisais aussi pas mal d'escrime artistique, donc on avait monté des sabres laser que l'on avait fabriqué nous-mêmes pour pouvoir faire des chorégraphies lors de spectacles. Et avec le sabre-laser, j'ai découvert le combat sportif et je trouvais ça étrange, parce que je ne voyais pas comment on pouvait combattre avec."

Benjamin Sega : "La pratique du sabre laser a été lancée il y a 3 ans." Photo par Axel POULAIN

Proposer du sabre-laser, c'est proposer une autre forme que l'escrime traditionnelle ?

"Avec la crise Covid, on se doit de diversifier l'activité parce qu'on sait que l'on va perdre des licenciés. A force du « stop and go » dont on a ras-le-bol, on va essayer de ré-attirer du monde d'une autre manière. Il va donc falloir faire un gros travail de promotion de l'escrime, autrement dit montrer l'escrime classique dans les écoles et montrer la diversification de l'activité. Cela nous permettra de garder les gens qui en ont assez de l'escrime traditionnelle et qui pourraient, attirer des publics qui ne sont pas intéressés par l'escrime sportive, mais plutôt par le sabre-laser qui rentrerait dans leur univers geek. C'est dans cette optique là que j'ai découvert, avec le stage du comité régional qui a eu lieu en janvier de cette année, plusieurs enseignants ont été intéressés. On a pu mettre en place une formation nationale que l'on a pu suivre à Lyon."

Qu'est-ce qui diffère de l'escrime dans la discipline du sabre laser ?

"Sur le combat sportif, c'est aussi des matchs en 15 points. En escrime classique, ce sont des matchs de 5 ou 15 points. On a le droit de toucher partout : les zones vitales (tête, coeur) rapportent beaucoup de points et les zones extérieures (mains, jambes) en rapportent moins. Au lieu de combattre sur une piste rectangulaire, on combat en arène, sur une piste circulaire, ce qui favorise les mouvements plus amples. Question chrono, si en escrime, dès qu'on touche, on arrête le chrono, pour le sabre-laser, le chrono est laissé en continu durant trois minutes. A la fin du score, si égalité, on ajoute 30 secondes pour les prolongations. Un tirage au sort a été fait au préalable, car si à la fin de ce nouveau laps de temps donné, aucune touche n'a été accordée, celui qui a remporté le tirage au sort remporte la rencontre."

"Ce qui est complètement différent de l'escrime sportive, c'est qu'il faut énormément armer les coups."

"Si on veut lancer une attaque, tout le sabre doit passer derrière la personne qui arme. Et si j'ai fait ce que l'on appelle mon « armée d'engagement », mon adversaire ne peux pas m'attaquer en même temps. Il y a donc deux rôles : un attaquant et un défenseur à chaque fois. Il existe d'autres règles plus spécifiques, comme la salve de coups, où on touche une zone mais on peut continuer, contrairement à l'escrime où l'on touche une zone, l'appareil se déclenche et le point est terminé."

Le sabre-laser peut changer de couleur, pour l'esthétique et la logistique des combats. Photo par Axel POULAIN
  • le combat sportif : en un contre un et le 1er à 15 gagne
  • le combat chorégraphié : un duel avec un partenaire sans se toucher, ou marquer de points, le but est de faire le spectacle
  • le kata : comme les arts martiaux, seul face à un adversaire imaginaire, où on fait des mouvements dans le vide
  • le combat ludique : par équipes de 4. A un contre un dans l'arène, où les participants se remplacent en fonction de leur fatigue ou leurs "points de vie". On peut aussi utiliser des pouvoirs, d'où le côté ludique.

Vous sentez que cette discipline se développe de plus en plus ?

"Cette discipline existe de puis trois ans, c'est donc tout récent dans sa mise en place, au niveau de la fédération et du comité de pilotage. Le fait de proposer des stages nationaux qui se dispatchent de plus en plus montre à plusieurs enseignants que cette déclinaison est vraiment intéressante."

"Cela va permettre d'attirer un public plus large, pérenniser nos emplois et le nombre de licenciés pour la fédération."

En matière de logistique, le sabre, qu'en est-il ? Et au niveau de l'équipement ?

"Le sabre laser contient une lame en plexiglas avec une LED à l'intérieur pour éclairer le mécanisme. Il peut changer de couleur, d'autres sabres peuvent même faire des effets de couleurs ou de sons lorsqu'il y a contact. Le sabre laser est plutôt léger et maniable. Il existe deux types de lames : une de 92 cm et une de 80 cm. Le changement de couleur est esthétique, mais aussi logistique : ce n'est pas logique de combattre contre quelqu'un qui a la même couleur de sabre que vous, la Force Obscure ne combat pas contre la Force Obscure (rires). Et pour l'équipement, puisqu'on se met des bons coups, même su le but n'est pas de se faire mal, on est bien équipés. On porte donc des épaulières, un masque d'escrime, des coudières, des genouillères et des gants de hockey épais de 2-3cms."

La pratique du sabre-laser est destinée à quel public ?

"Sa pratique ne s'adresse pas aux tout-petits, parce qu'on prend des coups et ça pourrait être traumatisant et ce n'est pas notre but. Lors de la formation, on nous a dit que c'était surtout destiné aux adultes, j'étais assez surpris, j'aurais pensé que c'était principalement à destination des ados."

Informations pratiques : 

Les cours de sabre-laser seront dispensés à partir de courant-septembre, la date exacte doit être confirmée.
Cadets du Velay , Maison de la Citoyenneté, 4 rue André Laplace - 43000 LE PUY EN VELAY
Site Internet : http://cadetsduvelay.jimdofree.com
Courriel : 06006@escrime-ffe.fr

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