« Je n’étais pas à ma place » : elle a fait de sa passion son métier

Par HUl , Mise à jour le 23/08/2026 à 17:30

Temps de lecture : 4 minutes

À 28 ans, Océane Vigouroux a enfin fait de sa passion d’enfance son métier. Installée depuis septembre 2025 à Anazac, sur la commune de Saint-Paulien, elle dirige le centre équestre « Les chevaux des Sperios ». Après plusieurs détours professionnels, elle est retournée à l'évidence.

Il suffit de la lancer sur le sujet pour comprendre. À l’entendre raconter son parcours, le choix semblait presque écrit depuis toujours. Chez Océane Vigouroux, le cheval est une histoire de famille, une passion d’enfance.

Depuis presque un an, elle a choisi d'en faire son métier. Un changement de trajectoire qu’elle assume aujourd’hui avec enthousiasme et qu'elle ne changerait pour rien au monde.

« Ça me tenait depuis gamine »

Océane Vigouroux est née au Puy-en-Velay et a toujours vécu à Saint-Paulien. Dans sa famille, les chevaux étaient déjà bien présents. « Mon grand-père et mes parents ont toujours eu des chevaux. J’ai grandi là-dedans. » Elle continue : « J’ai appris à monter à cheval, je ne savais pas encore marcher. »

L’équitation reste un loisir, tandis qu’Océane emprunte d’autres chemins professionnels. Après un CAP cuisine, elle travaille dans la restauration puis en maison de retraite. Mais son envie d'être auprès des chevaux demeure.

Le déclic survient après plusieurs années à chercher sa voie. « On m’a toujours dit : ne fais pas de ton loisir ton métier. J’ai écouté, j’ai essayé plein de corps de métier, mais j’étais pas à ma place. » Elle finit par se rendre à l’évidence : « Ça me tenait depuis gamine, j’ai toujours voulu faire ça. »

Océane se forme alors pour devenir monitrice d’équitation et s’installe en septembre 2025 sur l'ancienne exploitation de moutons de ses parents. Le nom de son centre, Les chevaux des Sperios, prolonge lui aussi l’histoire familiale : « Le pré où je suis, c’était le pré des Sperios. Quand mes parents avaient des moutons, c’était la ferme des Sperios. J’ai voulu garder le nom. »

Elle alterne entre coaching, stages et concours
Elle alterne entre coaching, stages et concours Photo par Les chevaux des Sperios

Des semaines entre concours, stages et plaisirs personnels

Son quotidien est désormais bien rempli. Une cinquantaine de cavaliers fréquentent le centre, où se succèdent cours, stages, balades, baptêmes à poney et activités pendant les vacances. Équi-baignade, chasses au trésor pour les plus jeunes, perfectionnement en saut d’obstacles ou en dressage : les propositions s’adaptent aux âges et aux niveaux.

Et la compétition occupe une place importante. Plusieurs de ses cavaliers se sont qualifiés cette année pour Equita Lyon, le plus grand rassemblement équestre européen. Elle prend son rôle à cœur : « Ma priorité, c’est mes cavaliers. Je les emmène en compétition, je les coache sur le terrain. »

Elle garde toutefois une petite place pour ses propres ambitions. « Quand il y a un week-end où il n’y a pas de concours club, je pars seule de mon côté avec ma jument faire mon petit concours. »

Sa jument de concours se nomme Errigal du Rouet. Mais il y a aussi Ganalia, sa jument de cœur et tous les autres Paint Horses, Appaloosas et Shetlands. En tout, ce sont environ 35 chevaux qui vivent sur l'exploitation. Et pas question pour Océane de faire du favoritisme. « Je les aime tous autant qu’ils sont, ils ont tout ce qu’ils veulent. »

35 chevaux composent son centre
35 chevaux composent son centre Photo par Les chevaux des Sperios

« Depuis que je travaille là-dedans, je revis »

Ses valeurs : « La passion, le respect, le collectif et l’approche de l’animal. » Le respect du cheval reste une priorité. « C’est un animal qui peut comprendre le chagrin du cavalier. Il est très respectueux envers son cavalier, si le cavalier est respectueux. » Et, avec un sourire : « Ça peut être coquin parfois. » Elle pense notamment à ses Shetlands, capables de tirer les parents vers l’herbe pour brouter.

De passionnée, Océane est devenue gérante. Une responsabilité qui n’est pas toujours simple. « C’est pas simple tous les jours. Mais depuis que je travaille là-dedans, je revis. » Elle peut aussi compter sur ses parents, toujours présents pour l’aider.

Pour la suite, elle rêve de développer encore l’activité, d’accueillir davantage de licenciés et de participer à plus de concours. Mais surtout, elle aimerait construire un manège couvert. « Parce que l’hiver, ça caille là-haut », sourit-elle.

Et lorsqu’il faut résumer ce parcours, Océane pense d’abord à ceux qui l’ont accompagnée depuis le début : « Merci à mes parents, sans eux, je n’en serai pas là. »

Une partie de ses cavaliers
Une partie de ses cavaliers Photo par Les chevaux des Sperios

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