Incendie d'une poubelle : "J'étais alcoolisé, je n'ai pas réfléchi"

Par Laura Badiou ven 06/05/2022 - 18:00 , Mise à jour le 06/05/2022 à 18:00

Au mois de mai 2022, le jeune homme incendie une poubelle, qui enflammera un massif et des panneaux publicitaires aux abords du stade de foot monistrolien. Interpellé et interrogé par la suite, il sera placé en détention provisoire, dans l’attente d’une comparution immédiate.

Défavorablement connu des services de police, notamment pour des faits d’outrages envers des personnes dépositaires de l’autorité publique et dégradations de biens matériels. Le garçon a déjà été condamné par le tribunal pour enfants.

Un parcours difficile et une addiction avérée

Placé sous la protection de l’enfance et accompagné en ITEP (institut thérapeutique éducatif et pédagogique) puis en IME (institut Médico Educatif), le jeune majeur a aussi été suivi par la PJJ (Protection Judiciaire de La Jeunesse) pendant plusieurs années.
Réputé pour errer dans les rues de la ville avec une bouteille de « Cristaline » remplie de Vodka, le prévenu déclare : « J’étais alcoolisé, j’ai mis le feu à une poubelle mais je ne pensais pas que ça allait faire ça. Je m’ennuyais, je n’ai pas réfléchi ».  

L'homme en uniforme militaire clame : « Est-ce que vous m’avez compris ? » la voix autoritaire et le regard insistant, tourné vers le garçon.

« Monsieur a mobilisé une brigade pendant toute la soirée, ils l’ont même raccompagné chez sa grand-mère, à qui il a très mal parlé, il a fallu à nouveau intervenir plus tard », explique le représentant des forces de l’ordre de Monistrol/Loire. Les équipes de fonctionnaires ne « peuvent plus supporter le comportement du jeune homme, il se fout de nous, se montre opposant, insultant et agressif envers les officiers, qui essaient pourtant d’être compréhensifs et patients ».
L'homme en uniforme militaire clame : « Est-ce que vous m’avez compris ? » la voix autoritaire et le regard insistant, tourné vers le garçon. Le président recadre le débat en demandant à la partie civile de s’adresser à la cour et non directement au prévenu.
Jugé en plus pour la dégradation du véhicule d’une particulière, le jeune homme répondra, lors de son interrogatoire « elle n'est pas dans la misère si elle a une voiture ». Le président l’interpelle quant à cette phrase, qui restera sans réponse.

Le rapport évoque une dangerosité criminologique très élevée et une facilité à la transgression.

Les expertises psychiatriques révèlent des carences éducatives liées au manque de figure d’attachement ainsi que des traits de personnalité psychopathiques et antisociales. Les actions entreprises par le prévenu sont représentatives d’un mépris des règles et une incapacité à s’adapter aux normes. Le rapport évoque une dangerosité criminologique très élevée et une facilité à la transgression. Aucune altération du discernement n’est relevée. Cependant, le niveau intellectuel modeste du garçon interroge sur le sens et l’efficacité d’une peine d’emprisonnement à son encontre. La défense mettra en avant une capacité à comprendre la punition mais un risque de ne pas avoir le cheminement réflexif nécessaire pour tirer des leçons d’une peine d’enfermement.
Le jeune prévenu présentera timidement des excuses pour les dommages qu’il a causé et promet de ne pas recommencer, sans pouvoir expliquer ou solutionner son comportement. Il assume son addiction et souhaite en sortir puisqu’elle parasite son évolution personnelle et professionnelle.

 

« Retenu coupable des faits qui lui sont reprochés. » C’est à l’annonce du délibéré que le prévenu semble prendre conscience de ses actes, il accuse le coup, les larmes aux yeux, son corps s’agite.

Il écope de 18 mois d’emprisonnement dont 12 avec sursis probatoire pendant 2 ans. Son comportement n’ayant pas été jugé « des plus rassurants » explique le président de la cour.
A la suite de sa peine, son sursis sera conditionné par l’obligation d’exercer une activité, de se soigner notamment en termes d’addictions ainsi que psychologiques. Il aura à sa charge les frais de procédures et l’indemnisation des parties civiles : 3 866 € pour les réparations au club de Foot ;1 144 € pour la communauté de commune ; 106 € pour le véhicule du particulier. Le mandat de dépôt, demandé par la procureur, sera validé par la cour. Le jeune homme quitte le tribunal, menottes aux mains, et face aux larmes de sa famille. 

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