Ils tirent sur des homosexuels pour " s'amuser "

mer 11/02/2015 - 16:17 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:32

Ce mardi 10 février, trois jeunes hommes d’une vingtaine d’années ont été présentés devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay pour des faits de juillet 2011 et mars 2012.

Une balle de gros calibre dans un plafond
Pour les premiers faits du 14 juillet 2011, deux jeunes hommes de 21 et 22 ans ont débuté leur soirée au bal de Solignac-sur-Loire où ils ont une altercation avec trois autres jeunes hommes qu’ils « désarment » d’après eux. Après cela, ils vont chercher un fusil de chasse chez l’un d’eux puis vont chercher en voiture les trois individus en question dans le quartier du Val-Vert, au Puy. Ne les trouvant pas, ils s’arrêtent au rond-point de Géant à Vals où le plus jeune tire deux coups de feu en l’air. Une lumière s’allume dans un immeuble du Val-Vert, le plus âgé prend l’arme et tire en direction de la lumière. La balle perfore la vitre et va se planter dans le plafond d’une résidente.

« J'ai eu tellement peur que je suis partie à quatre pattes »
La victime avait allumé pour voir ce qui avait pu provoquer un tel bruit à 4h du matin. Elle décrit : « Je n’ai pas compris ce qu’il s’est passé. J’ai eu tellement peur que je suis partie à quatre pattes, j’ai tout éteint et j’ai été chez ma voisine du dessous. » Traumatisée par cette expérience, elle s’estime néanmoins heureuse : «  Je crois qu’on a eu de la chance, si ça avait été une personne dans la rue, ils l’auraient peur être tuée. » Le représentant du ministère public, Yves Dubuy dénonce : « C’est un tir au but ! » Les jeunes gens n’ont pas d’explication a donner. Un assesseur demande : « Si vous aviez croisé les trois personnes, vous leur auriez tiré dessus ? » Le plus âgé répond presque à voix basse : « Je ne sais pas. »

La victime était dans une période difficile
Le représentant de la partie civile, Maître Clauzier dénonce des « faits inadmissibles ». La victime était dans une période difficile au moment des faits, ce qui a augmenté d’autant la résonance de l’événement. L’avocate explique : « Ma cliente est caissière et là, elle s’est faite agresser par une arme. Elle sursaute à chaque fois que la porte du magasin s’ouvre. » Depuis les faits, la victime a déménagé. La partie civile demande donc le remboursement de frais engendrés par l’affaire (judiciaire, déménagement…) et 15 000 euros pour le préjudice subit.

Tirer sur une voiture pour « s'amuser »
Le 3 mars 2012, deux jeunes hommes dont le plus âgé impliqué dans l’affaire des coups de feu du Val-Vert ont été au cinéma avec des filles. En sortant, ils décident de « s’amuser » en partant à « la chasse aux PD ». Un fusil dans la voiture, ils partent chercher des cartouches puis vont tous ensemble en direction de l’aire de repos des « Gorges du Lion » au Puy. « Garé à côté d’une autre voiture, je discutais quand on a vu arriver une voiture arrivée à grande vitesse, feux éteints. On a entendu un gros bruit, j’ai allumé mes phares pour voir ce qu’il se passait. » raconte un des deux personnes s’étant constituées partie civile.  « C’était pour amuser la galerie  mais je ne suis pas homophobe » bredouille l’un des agresseurs présumés. Et cela a fonctionné auprès des filles puisque après « on s’est bécoté pendant plusieurs heures ». Le président, André-Frédéric Delay lâche : « C’est tellement idiot ce genre d’affaire. » Les trois jeunes hommes présentent leurs excuses à leurs victimes.

« Il a peur de bousiller leurs vies »
Les parties civiles demande des indemnités pour le préjudice. Une des victimes n’est pas venue puisqu’elle est dans « l’incapacité d’être là, face à eux ». Son avocat explique : « Il a même culpabilisé d’avoir porté plainte. Il a peur de bousiller leurs vies. » Le Ministère publique requière de 12 à 18 mois d’emprisonnement avec sursis sauf pour le plus âgé pour lequel il demande un mois ferme et une obligation de soins et de suivre une formation. A cela s’ajoute une interdiction de port d’armes pendant cinq ans pour les trois agresseurs présumés et une confiscation des scellés.

Essentiellement du sursis
Les avocats des trois jeunes expliquent qu’ils se sont rendus compte de l’ampleur de leurs actes. Le président du tribunal confirme : « Ils n’ont pas l’air bien en effet. » Le tribunal décide finalement de condamner les deux plus jeunes à 12 mois de prison avec sursis, 18 mois d’emprisonnement assorti de 17 mois de sursis et une mise à l’épreuve de deux ans pour l’aîné. ce dernier écope également d’une obligation de soins, de suivre une formation ou de travailler. Tous les trois se voient interdire le port d’une arme soumise à autorisation sur une durée de cinq ans.
Ils doivent verser un montant total d’indemnités de 4 500 euros aux automobilistes et plus de 6 500 euros à la victime qui a vu sa fenêtre et son plafond troués par une balle de gros calibre.

E.J.

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