Haute-Loire : les dépenses de chauffage supérieures de 44 % à la moyenne nationale

lun 28/09/2015 - 18:08 , Mise à jour le 28/09/2015 à 18:08

Se chauffer, s’éclairer, se déplacer : les énergies sont au cœur de nos modes de vie. Elles sont aussi à la croisée de multiples enjeux : réduction des émissions de gaz à effet de serre, réduction de la consommation face à des ressources limitées, diminution de la dépendance énergétique...
En 2012, la facture énergétique française représente ainsi plus de 3 % du Produit intérieur brut contre seulement 1 % vingt ans plus tôt. Dans ce contexte, une part importante des ménages a des difficultés à honorer ses factures énergétiques.

Principes de l'étude
Cette étude vise à identifier les ménages consacrant plus de 8 % de leur revenu à leurs dépenses énergétiques. Ils sont alors considérés comme vulnérables. Seules sont retenues les dépenses engagées pour chauffer le logement et l’eau.
Avec la multiplication des équipements électroménagers, hi-fi et bureautiques dans les foyers, la consommation moyenne d’énergie hors chauffage par m² dans les résidences principales a plus que doublé entre 1973 et 2011. Cependant, chauffage et eau chaude sanitaire représentent toujours en moyenne plus de 70 % des consommations d’énergie dans l’habitat en 2012.

L'Auvergne est la 2ème région la plus exposée à la vulnérabilité énergétique, la Haute-Loire le 3ème département
En Auvergne, 27 % des ménages (163 000 ménages) sont vulnérables en 2008 contre 15 % en France métropolitaine. Il s’agit de la deuxième région la plus exposée au risque de vulnérabilité énergétique. La Lorraine et la Franche-Comté sont les deux seules autres régions où la vulnérabilité touche plus d’un quart des ménages.
Le plus fort risque de vulnérabilité se situe dans les zones de montagne isolées et celle des territoires ruraux est liée à un habitat plus énergivore. Mais les territoires les plus ruraux concentrent également des populations plus pauvres que la moyenne régionale, ce qui amplifie d’autant leur risque d’être en situation de fragilité énergétique. Le Cantal est ainsi le premier département métropolitain le plus exposé ( 36 % des ménages) et la Haute-Loire le troisième (34 % des Altiligériens).

----En Auvergne, 60 % des ménages se chauffant au fioul sont vulnérables
Avec cette surreprésentation des chauffages au fioul, près d’un quart des logement auvergnat consomme plus de 450 kWh/m²/an, soit la tranche de consommation la plus défavorable identifiée lors des diagnostics de performance énergétique. En France métropolitaine, seulement 16 % des logements atteindraient cette tranche de consommation.-----Un parc de logements énergivore en Haute-Loire
La situation auvergnate s’explique en grande partie par un climat plus rigoureux et un parc de logements plus énergivore. En effet, l’Auvergne est la région où l’altitude moyenne de résidence est la plus élevée ce qui induit des températures plus basses tout au long de l’année et majore les dépenses énergétiques. En effet, les Altiligériens résident en moyenne à 720 mètres et les Cantaliens à 700 mètres. On note aussi qu'en Auvergne, 62 % des résidences principales ont été construites avant la première réglementation thermique de 1974 imposant une isolation des parois des bâtiments neufs. C’est quatre points de plus qu'en France métropolitaine.
Outre le climat rigoureux de montagne, c'est donc le parc de logements énergivore qui est également pointé du doigt : 32 % des logements altiligériens sont chauffés au fioul (contre 22 % en Auvergne et seulement 16 % en France métropolitaine) et les trois quarts des logements altiligériens dépassent une surface de 70 m² (contre moins de 65 % en France métropolitaine).  La facture de chauffage dépasserait 1 800 euros par an dans le Cantal et en Haute-Loire, départements auvergnats les plus montagneux, alors que la moyenne nationale est de 1250 € (1 600 € en Auvergne). La Haute-Loire présente donc des dépenses de chauffage supérieures de 44 % à la moyenne nationale.

----Chez les agriculteurs, près d'un ménage sur deux vulnérable
Chez les agriculteurs, près d’un ménage sur deux se trouve en situation de vulnérabilité vis-à-vis de ses dépenses de chauffage. En effet, ils habitent plus fréquemment des maisons anciennes et énergivores. Ainsi, 30 % d’entre eux sont chauffés au fioul (contre seulement 22 % des foyers auvergnats) et près de 60 % habitent des maisons individuelles construites avant 1949 contre 40 % des ménages auvergnats. Par ailleurs, au-delà des caractéristiques énergivores de leurs logements, de nombreux agriculteurs auvergnats disposent de faibles ressources, ce qui accentue leur risque de vulnérabilité.-----Les publics les plus exposés
Parmi les 30 % de ménages auvergnats les plus modestes, plus de la moitié est vulnérable « logement ». Cette part dépasse 65 % chez les 10 % les plus pauvres. Les jeunes ménages, en général pénalisés par de plus faibles ressources, sont largement exposés : 40 % d’entre eux sont vulnérables. C’est aussi le cas des logements habités par les plus de 75 ans : leur taux de vulnérabilité atteint 41 %. Si ces ménages âgés disposent aussi de revenus plus faibles, leur surexposition résulte toutefois davantage d’un habitat plus énergivore.
Parmi les chômeurs et les inactifs, près d’un ménage auvergnat sur deux est vulnérable pour ses dépenses de chauffage. Enfin, les locataires (hors HLM) sont plus vulnérables que les propriétaires (près de 40 % de ménages vulnérables contre 25 %). A contrario, le fait d’habiter en HLM protège relativement de la vulnérabilité énergétique (seulement 11 % de vulnérables). En effet, le parc HLM est moins consommateur d’énergie, car il est plus récent et bénéficie de rénovations plus fréquentes.

Objectif : diminuer de 38 % la consommation énergétique du parc de logements à l’horizon 2020
Depuis une dizaine d’années, les prix des énergies à usage domestique sont plutôt en augmentation. Malgré des fluctuations autour de cette tendance, les hausses les plus sensibles concernent le gaz et surtout le fioul. Une hausse annuelle de 4 % sur cinq ans des prix des différents combustibles de chauffage ferait grimper à 31 % le taux de ménages vulnérables en Auvergne. Réduire les consommations d’énergie dans le secteur résidentiel est donc un des principaux enjeux de la lutte contre la vulnérabilité énergétique et les travaux d’isolation des logements en constituent un levier important.
Le Schéma régional climat air énergie vise une diminution de 38 % de la consommation énergétique de l’ensemble du parc de logements à l’horizon 2020. Si chaque logement du parc auvergnat avait une consommation énergétique 38 % plus faible que celle estimée dans cette étude, le nombre de ménages vulnérables serait plus que divisé par deux, avec un taux de vulnérabilité énergétique s’établissant sous la barre des 13 %.

L'Auvergne, cinquième région la plus exposée à la vulnérabilité carburant
La dépendance des ménages vis-à-vis des énergies ne résulte pas seulement du chauffage du logement et de l’eau. Les déplacements en voiture sont également très consommateurs d’énergie. En Auvergne, 85 % des ménages possèdent une voiture. De plus, les distances quotidiennes parcourues sont en constante augmentation depuis plusieurs décennies.
Ainsi, un ménage sera dit « vulnérable carburant » si les achats de carburants pour couvrir ses déplacements contraints (en opposition aux loisirs) représentent plus de 4,5 % de son revenu disponible. Ainsi, 16 % des ménages auvergnats (soit 96 600 ménages) sont vulnérables « carburant », contre 10 % en France métropolitaine. L’Auvergne est ainsi la cinquième région la plus exposée.

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