Haute-Loire: le Baby-Boom du premier confinement aura-t-il lieu ?

Par T.Ch mer 17/02/2021 - 06:00 , Mise à jour le 17/02/2021 à 06:00

Dix mois après le premier confinement assiste-t-on à une hausse des naissances ou  non ? Les statistiques de Haute-Loire révèlent que le baby-boom attendu n’est pas venu.

Beaucoup avaient prédit que comme lors des grands événements que furent la victoire en coupe du monde en 1998 ou les grandes pannes d'électricité Washington en 2013 de New York en 1965, ou de Maasdriel aux  Pays-Bas en 2007, le confinement de Mars 2020 allait provoquer  une explosion des naissances en France. 

Pas de baby-boom à la maternité du Puy

Nous avons obtenu les chiffres de l'état civil du Puy qui comptabilise le nombre de naissances de la maternité de l'hôpital Émile Roux. Les listings qu'on nous a envoyés de l'année 2019 et de celle de 2020 sont assez proches. Comme le confinement date de mars et d'avril 2020, c'est en janvier février 2021 que devraient arriver à terme les grossesses initiées pendant le premier confinement.

Les naissances de Janvier à la maternité du Puy

Mme Verot indique “il y a eu 64 naissances en janvier 2021”. 

Il y en avait 83 en janvier 2019 et 86 en janvier 2020. C’est donc un déficit de 25 %.

Au Puy, les courbes en 2019 et 2020 sont très similaires Photo par Th Chabanon

Les naissances de février: 13 seulement le 12 février soit une par jour en moyenne

Chez les ponots, la courbe des naissances s'effondre depuis décembre 2020 Photo par Th Chabanon

Il y en avait 86 naissances en févrer 2020 qui  était bissextile. Difficile à rattraper en 15 jours à peine.

On peut donc l'affirmer. Il n’y aura pas de baby-boom en 2021 au Puy et même, qu'on va vers un krach. 

Et parmi les seuls ponots , c’est encore pire.

Quelles raisons pour pronostiquer un baby-krach en 2021 ?

Une étude récente publiée par la revue Demographic Research et consacrée à l'impact du Covid-19 sur les projets d'avoir un enfant montre qu'en France, 50,7 % des personnes ont ainsi déclaré avoir remis à plus tard leur projet de conception tandis que 17,3 % des personnes interrogées ont admis l’avoir complètement abandonné.

Il faut dire qu’il n’est pas facile de se rapprocher avec la hausse du travail et de la fatigue à la maison du fait du télétravail et c’est encore plus vrai s’il y a déjà d’autres enfants à s’occuper. Les couples se sont déclarés plus fatigués à la sortie du confinement qu’à son début.

Quant aux célibataires, il le sont restés. On comprend aisément que le confinement n’a pas favorisé la création de nouveaux couples.

On peut aussi relier cette baisse de natalité à la diminution des mariages constatés l’année passée.

Les spécialistes en natalité pensent qu’il pourrait y avoir au contraire dans les années à venir une sorte de baby-boom de rattrapage.

Ailleurs en Haute-Loire, la situation semble identique

A Brioude Les statistiques des naissances sur la ville de Brioude le confirment. Selon la personne chargée de l'état civil. Il y a eu 52 naissances hors communes en 2019 et 43 seulement en 2020. Mais surtout depuis le 1er janvier 2021, il n’a été répertorié qu' une seule naissance qui, fait curieux a eu lieu sur la commune. Elle est donc soit le fait d’un bébé trop pressé, soit d’un accouchement à la maison car il n’y a plus de maternité.

A Monistrol les statistiques font état d’une stabilité selon l’opératrice de l’état civil qu’il faut croire sur parole car elle ne veut pas faire d’extraction de sa base.

A la maternité du Puy, on ne confirme ni n’infirme la tendance. En effet, les agents ne souhaitent pas parler, il faut se tourner vers le service communication. Autant dire ne pas avoir de réponses.

C’est à se demander en quoi ce type d’information est aussi sensible.

Une exception notable à Dunières qui communique par la voix de son maire sur l’incroyable baby boom que connaît la commune et qui permet de garder des classes ouvertes.

Malheureusement, la raison n’est pas celle d’une atmosphère ou de la présence de phéromones différentes de celles d' autres parties de la Haute-Loire mais plus prosaïquement  une augmentation de la population venue s’installer au village.

Une tendance à la baisse du nombre de jeunes depuis 1975 en Haute-Loire

Quatre-vingt-deuxième sur quatre-vingt-seize en terme de population, la Haute-Loire connait une baisse démographique non démentie depuis le milieu des années soixante-dix comme la montre cette courbe que nous avons tracé à partir des données de classes d'âge publiées par l'Institut français de la statistique.

Beaucoup plus nombreux à la fin des trente glorieuses, la proportion des moins de 20 ans n'a cessé de perdre du poids face à la population des retraités

La courbe des < 20 ans et des >60 ans se rapprochent et ce n'est pas une bonne nouvelle Photo par Th Chabanon

Comme on le constate sur cette courbe réalisée sur près d'un demi-siècle, le nombre de jeunes de moins de 19 ans est bientôt identique à celui des plus de 60 ans (nés avant 1960).

Ce n'est pas une très bonne nouvelle, car, si la courbe des anciens va augmenter de façon irrémédiable vers le quatrième âge pendant que la base de la pyramide diminue.

Il ne faut pas avoir fait d'études en génie civil pour comprendre que sans sa base, la pyramide va s'effondrer.

Il faut en conclure qu'à terme il faudra faire appel à des ressources humaines externes au département pour s'occuper de tous nos vieillards et dynamiser le territoire. Ce seront vraisemblablement des gens venus des grandes villes. Ils seront aussi issu de l'immigration. C'est mathématique.

 

Pyramide des âges Haute-Loire 2020 Photo par Insee

En 1975, les moins de 19 ans étaient 62 000, les plus de 60 ans étaient deux fois moins nombreux (35 000).

Aujourd'hui les deux groupes sont à égalité (un peu moins de 50 000). Il y a, en plus, beaucoup moins de filles que de garçons dans ces classes de jeunes. Pas de quoi compter sur un redémarrage de la natalité dans les prochaines années.

On constate aussi que, dans cette pyramide, il y a une dimuntion constante de la part des 20-45 ans, c'est à dire des classes d'âge en capacité d'assurer théoriquement le renouvellement de la population. Dans vingt ans, ils atteindrons à leur tour, le 3ème âge et ceux de plus de 60 ans le 4ème âge. On aura alors une sorte de pyramide en forme d'olive ou de flûte à champagne.

Le pire, c'est que la tendance ne peut pas s'inverser naturellement. Il va falloir trouver de nouvelles forces vives ou accepter de devenir un département de résidences secondaires ou un parc touristique comme le Lot et la Creuse qui détiennent la palme des départements les plus âgés.

T.C.

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