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Pour faciliter les transports notamment en zones rurales, une jeune entreprise auvergnate propose une alternative simple, locale et accessible : l’autostop organisé ou encore appelé le covoiturage spontané. Avec son dispositif « Halt ô Stop », né à Billom, plusieurs territoires ont déjà adopté cette solution de mobilité solidaire.
On trouve des panneaux Halt ô Stop au coeur de Billom communauté, dans le Massif du Sancy, en Dordogne, et jusqu'en Haute-Savoie, au bord du Lac Léman. Et la jeune équipe travaille actuellement à installer son concept dans la communauté de communes Mond'Arverne, au sud de Clermont-Ferrand, un marché public qui permettra, selon Loan, fondateur d'Halt ô Stop, de faire le lien entre Clermont, Billom, et le Sancy.
À l’origine, tout commence avec ce Billomois en études de droit à Clermont-Ferrand, qui, dans le cadre d’un travail universitaire sur la responsabilité sociétale et environnementale, décide de proposer des projets pour améliorer le quotidien de vie à Billom. « J'avais vraiment zéro autre ambition que faire des projets pour ma ville. »
Il poursuit : « J'ai monté une association et je suis allé voir les élus de ma ville. Ils m'ont dit "C'est bien, c'est super." J'avais 19 ans, je pense que j'étais un peu trop fougueux à ce moment-là. Ils m'ont dit "Concentre-toi sur un seul projet." »
Et LE projet qu'il retient alors consiste à faciliter la pratique de l’autostop, via un panneau sur lequel les voyageurs pourraient inscrire leur destination, bien loin encore du concept actuel mais l'idée, elle, était née.
« C'est celui qui m'attirait le plus parce que je faisais pas mal de stop. Je le trouvais cool et rapide à mettre en place. »
Et après 8 à 9 mois de travail, une version améliorée des premiers panneaux est installée à Billom, à l’été 2021. « Et là on a eu des super retours, des médias, des habitants. Du coup, moi je me suis dit : bon, je sais pas trop ce que je peux faire de ma vie. J'ai un super projet et je pense qu'il peut vraiment exister un besoin dans le territoire. Donc je me suis lancé à fond, et j'ai créé une auto-entreprise.»
Puis deux ans de développement, et « pas mal d'erreurs » comme dit Loan, plus tard, c'est le Massif du Sancy qui ouvre ses portes au concept, proposant une collaboration expérimentale. « En 2023 on a installé nos premiers panneaux dans le Sancy et de là tout s'est enchainé, Billom communauté, et on est passé d'un collectif de micro-entrepreneurs à ôHIKA, société de l'économie sociale et solidaire (ESS). »
Une ESS c'est quoi ?
L'économie sociale et solidaire (ESS) est un mode d’entreprendre qui cherche à concilier activité économique et utilité sociale. Les structures qui optent pour ce modèle économique (associations, sociétés commerciales, mutuelles, coopératives, fondations…) se préoccupent en premier lieu de leur utilité sociale et/ou environnementale et placent l’humain avant le profit au cœur de leur fonctionnement.
Les trois principes fondateurs de l'ESS
Source : https://www.economie.gouv.fr/ess
Le principe est simple : des panneaux sont installés sur des points d’arrêt stratégiques et sécurisés dans les communes. Les voyageurs s’y rendent et affichent clairement leur destination grâce à un système de plaquettes amovibles.
Les automobilistes peuvent ainsi identifier rapidement la direction souhaitée par l’autostoppeur. Un cadre rassurant et des arrêts plus sécurisés, les autostoppeurs se positionnant parfois dans des zones dangereuses où les véhicules ne peuvent pas s’arrêter facilement.
Première communauté de communes à avoir expérimenté le concept en 2023, le Massif du Sancy a commandé en avril 2026 pas moins de 37 nouveaux panneaux pour compléter son offre. Il y a désormais 50 panneaux Halt ô Stop, répartis sur 16 communes de montagne.
« On souhaite faire les panneaux les plus responsables et durables possibles. Donc, on utilise du chêne, sur lequel on va mettre une huile de protection naturelle. Et pour ce bois on se fournit dans une coopérative à Saint-Quentin-sur-Sauxillanges, la Scie d'Ici » explique Loan.
La production s’appuie également sur un partenariat avec une association de réinsertion locale, la Régie de Territoire. « Nous sommes quatre personnes à temps plein dans la société, et nous accompagnons deux personnes en chantier d'insertion. Le but c'est de pérenniser ce chantier, et que les dernières étapes de la production, tout ce qui est ponçage, perçage, la peinture, l'huile, soient faites par des gens en insertion professionnelle.»
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