Face à la prolifération de l'ambroisie, un plan de lutte en Auvergne

lun 22/06/2015 - 17:07 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:35

L’ambroisie à feuille d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.) est une plante envahissante originaire d’Amérique du nord, supposée introduite pour la première fois en France en 1863. Aujourd’hui, l’ambroisie est majoritairement présente dans la vallée du Rhône mais son aire de répartition s’élargit d’année en année sur le territoire national.
Des plants d’ambroisie sont désormais observés dans la plupart des régions métropolitaines : Aquitaine, Midi-Pyrénées, Ile-de-France, Poitou-Charentes, Pays-de-la-Loire, Auvergne…

Une plante hautement allergisante
Le pollen de l’ambroisie est très allergisant et responsable de diverses pathologies notamment de l’appareil respiratoire. Il suffit de quelques grains de pollen par mètre cube d’air pour que des symptômes apparaissent chez les sujets sensibles : rhinite survenant en août-septembre et pouvant s’associer d’écoulement nasal, de toux, de conjonctivite, voire de symptômes respiratoires tels que trachéite, et parfois d’urticaire ou d’eczéma.
Dans 50% des cas, l’allergie à l’ambroisie peut entraîner l’apparition de l’asthme ou provoquer son aggravation. La fréquence de l’allergie à l’ambroisie est importante : selon la zone, 6 à 21% de la population exposée est allergique.

La consommation de médicaments antiallergiques à l'ambroisie a augmenté de 60%
Son impact économique sur les coûts de santé ne cesse de progresser, comme le révèle une étude de l'Agence régionale de santé Rhône-Alpes, publiée au mois de mars 2012.
Le nombre total de consommateurs de médicaments antiallergiques à l'ambroisie a fortement augmenté (+60%) entre 2008 et 2011, passant de 161 200 à 258 700 personnes. Une tendance à la hausse des coûts par bénéficiaire se dessine en trois ans, de 53,1€ à 77,4€.

En Auvergne, un plan est mis en oeuvre pour lutter contre l’ambroisie
Face à l’enjeu de santé publique mais également face à la menace que représente cette espèce pour la biodiversité et les cultures, la lutte contre l’ambroisie a été inscrite dans le Plan national santé environnement. De nombreuses actions sont ainsi menées au niveau local en 2015.
Il s'agit principalement d'actions de sensibilisation à destination des collectivités, des agriculteurs, des professionnels de santé, et du grand public ; la mise en place d’un réseau de référents communaux et intercommunaux : 603 référents désignés par les collectivités ont été formés à la reconnaissance et la gestion de la plante ; ou encore le développement d’outils spécifiques à destination des agriculteurs et des carriers. Enfin, un comité technique régional et des groupes de travail thématiques, pilotés par l’ARS et regroupant les services de l’Etat, associations et représentants des usagers du système de santé, des professionnels de santé, du monde agricole et des collectivités et les gestionnaires de grands linéaires, se réunissent régulièrement. Ils visent à promouvoir et à coordonner les actions de sensibilisation et de lutte contre l’ambroisie.

Réglementation
Il n’existe au niveau national et européen aucun texte législatif ou réglementaire spécifique sur la lutte contre l’ambroisie. Le statut de cette plante sauvage non cultivée et non protégée relève de textes généraux issus des Codes de la santé publique (CSP), des collectivités territoriales (CGCT) et de l’environnement (CDE).
Les quatre départements auvergnats disposent cependant d’un arrêté préfectoral imposant la destruction obligatoire de l’ambroisie et définissant le cadre réglementaire pour organiser les mesures de lutte.

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