Entreprise Cheynet : aucun repreneur ne s'est manifesté

mer 20/03/2019 - 19:21 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:56

Ce mercredi 19 mars 2019, date limite de clôture pour une éventuelle offre de reprise, aucun projet n’a été déposé au tribunal de commerce de Lyon pour l’entreprise Cheynet et fils de Saint-Just-Malmont. Le risque immédiat c'est de voir "180 salariés sur le carreau", déplore Thomas Vacheron, salarié CGT 43, alors que certains des employés étaient dans l'entreprise depuis plus de 35 ans.
Il reste bien une porte ouverte puisque la liquidation judiciaire ne sera prononcée que le 2 avril. Si un repreneur se manifeste entretemps, l'entreprise peut encore être sauvée du naufrage. "On veut y croire, mais objectivement, c'est bien mal engagé", commente le Cégétiste.

Une situation critique depuis plusieurs années
Le délibéré avait déjà été repoussé une première fois en janvier, puis une deuxième fois début février par le tribunal de commerce, alors que l'entreprise Cheynet & Fils est placée en liquidation judicaire depuis le 5 décembre dernier.
La situation, critique, n'est pas nouvelle : en juillet 2014, déjà, Zoomdici tirait la sonnette d'alarme suite à un plan social. 

"Les 189 salariés et leurs familles sont jetés comme des Kleenex"
"Qu’ont fait les pouvoirs publics, l’État, la Région, le Département et la communauté de communes, qui ont distribué il y a un an, près de 2 millions d’Euros d’argent public à cette entreprise privée et qui depuis n’ont pas aidé les représentants des salariés dans notre démarche pour sauver les emplois ?", interroge Fabrice Souveton, de la CGT Textile Habillement Cuir Haute-Loire.
Une interrogation en référence à la distribution du CICE, mais aussi du rachat des locaux de l'entreprise, "sans aucune contrepartie sur l'emploi, alors qu'à la CGT, on avait déjà des réserves à l'époque". Révolté, ce dernier ajoute : "pendant que l’ancien patron n’aura pas de problèmes de fin de mois, les 189 salariés et leurs familles sont jetés comme des Kleenex, avec des conséquences sociales désastreuses".

Prêt à accepter une offre ne reprenant pas la totalité des emplois
Si le moral est en berne, le syndicat invite à garder un peu d'espoir car jusqu'au 2 avril, tout est encore possible."Si une offre est déposée et qu'elle ne reprend pas la totalité des salariés, on prendra bien sûr le temps de l'étudier et il serait possible de l'accepter car notre combat, c'est avant tout l'emploi", conclut Thomas Vacheron.

Près de 400 emplois directs perdus... presque trois fois plus en tout
L'emploi industriel fait grise mine en Haute-Loire. Après l'annonce de la fermeture de Copirel à Langeac (82 salariés), la cessation d'activité de Nov'Mode à Brioude (une cinquantaine de salariés licenciés) ou encore la fermeture annoncée de l'Afpa de Haute-Loire (une trentaine d'emplois menacés), ce sont à la louche environ 400 emplois perdus au cours de ces derniers mois. "Les conséquences sont désastreuses", tempête Fabrice Souveton, "avec les emplois induits, c'est deux à trois fois plus".

Maxime Pitavy

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