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Doublement de la déviation d'Yssingeaux : le bémol de l'autorité environnementale

mar 29/10/2019 - 19:21 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:59

C'était l'un des axes forts du Président de la Région Auvergne Rhône-Alpes Laurent Wauquiez lorsqu'il était en campagne pour les Régionales et le nouvel exécutif a décidé d’en faire une priorité notamment dans le cadre de la révision du CPER (contrat plan état région) où les RN 88 et 102 ont été inscrites. La Région a inscrit 154,4 M€ de crédits nouveaux pour des opérations routières sur des réseaux nationaux ou départementaux. Elle va même plus loin en assurant aussi la maîtrise d’ouvrage de certaines opérations.
C'est le cas pour cet axe structurant de la Haute-Loire depuis la signature d'une délégation de maitrise d'ouvrage, opération réalisée lors de l'inauguration du contournement du Puy en présence de la ministre Elizabeth Borne en juillet 2018. "En gros, elle me demande de faire à sa place ce que l'État ne fait plus", raillait le Président de Région Laurent Wauquiez car sur les 150 millions d'euros que nécessitent ces travaux, l'État n'en subventionne "que" 17.

"On intervient en amont de l'enquête publique pour permettre au maître d'ouvrage d'amender son projet"
L’Autorité environnementale n'est que consultative. Elle a émis un avis le 23 octobre 2019 sur le projet de doublement de la RN88 au droit de la déviation d’Yssingeaux. L'avis de cette autorité indépendante porte sur la qualité de l’étude d’impact et sur la prise en compte de l’environnement. "On intervient en amont de l'enquête publique pour permettre au maître d'ouvrage d'amender son projet", nous explique une responsable de la communication de l'Autorité Environnementale. Mais le maître d'ouvrage peut passer outre et simplement répondre dans un dossier qui est intégré à l'enquête publique, qui aura lieu du 4 novembre au 4 décembre.
Le préfet statuera dans les deux mois à compter du jour de la réception par la préfecture du rapport et des conclusions transmis par le commissaire enquêteur. La décision susceptible d’intervenir à l’issue de la procédure sera une autorisation assortie du respect de prescriptions ou un refus.

> Consulter l'avis de l’Autorité environnemental edu 23 octobre 2019 sur le projet de doublement de la RN88 au droit de la déviation d’Yssingeaux

Les réserves de l'Autorité Environnementale
Elles sont relativement nombreuses sur ce projet car "le dossier ne démontre pas que le choix technique retenu pour cette opération est le résultat d’une analyse multicritères prenant en compte l’environnement, y compris l’objectif national d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050". Autre bémol exprimé par cette autorité indépendante : si l'amélioration de la sécurité est mise en avant pour justifier le projet par le maître d'ouvrage, il n'y a dans le dossier aucun élément "d'analyse précise de cet enjeu".
L’Autorité environnementale recommande aussi de "préciser les dispositions mises en œuvre pour préserver la qualité des eaux pendant la phase travaux, d’analyser les incidences du projet sur les fonctionnalités des zones humides présentes au sein de l’aire d’étude, de préciser les compensations apportées par chacun des sites qui seront retenus et sécurisés et de s’engager plus précisément sur les surfaces de compensation à mettre en œuvre".
Elle s'interroge enfin sur les projections de trafic sur la RN 88 et sur l'étude acoustique et conclut son intervention par une question : comment le projet s’inscrit-il dans l’objectif « zéro artificialisation nette » ?

"La Région pourra engager le début des travaux dès le mois de février 2020"
Contactés, les services de la Région se sont voulus tout aussi rassurants qu'évasifs : "cet avis reconnaît la qualité des études menées et comprend plusieurs recommandations pour améliorer l’information du public. Celles-ci ne remettent pas en cause le contenu des études, ni le calendrier de l’opération. Les services de la Région sont en train de répondre point par point à ces recommandations. Ces réponses seront intégrées dans le dossier d’enquête publique". 
Le calendrier de l’enquête publique a "même pu être avancé de 10 jours", se félicitent-ils avant de prophétiser : "à l’issue de cette procédure, un arrêté d’autorisation environnementale sera pris par le préfet de Haute-Loire. Il reprendra les prescriptions proposées dans le dossier d’enquête et permettra ainsi à la Région d’engager le début des travaux dès le mois de février 2020".

Maxime Pitavy

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