Combien coûte la vie étudiante à Lyon, à Sainté, au Puy ou à Clermont ?

mar 18/08/2015 - 12:55 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:36

D'abord une bonne nouvelle pour commencer, même s'il faut la nuancer : en septembre les élèves de l’enseignement supérieur devraient grappiller plusieurs dizaines d’euros dans leur budget de rentrée, selon l’indicateur du coût de la rentrée étudiante diffusé lundi 17 août par la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE).
Le coût de la rentrée, évalué à 2 335 euros par la Fage est en baisse de 7%. Un coût qui se répartit en deux : les frais de rentrée payés annuellement (santé, pédagogie, assurances...) atteignent 1 227 euros. Chaque mois, il faudra encore débourser 1 107 euros pour les loyers et charges, l'alimentation, les transports et les loisirs. Des dépenses qui obligent la moitié des étudiants à travailler pour boucler leur budget.

Une économie à la rentrée mais le coût de la vie ne cesse d'augmenter
Pourtant, l'achat du matériel pédagogique va faire un bond de 3,38 %, plus de 15 fois l’inflation, tout comme l'assurance logement, la sécurité sociale ou la mutuelle. Mais les deux principaux postes de dépense des étudiants sont en recul : le logement et le transport. L’encadrement des frais d’agence, désormais réglementés par la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) représente, selon la FAGE, "une économie de 42,25 %, passant d’un coût moyen de 447,85 euros en 2014 à un coût moyen de 258,63 euros en 2015". Quant aux coûts des transports, ils baissent de plus de 2 % en province.
Mais cette économie substantielle de début d'année scolaire est à nuancer car au final, le coût de la vie courante augmente. L’Union nationale des étudiants de France (UNEF), syndicat étudiant proche du PS, a publié vendredi sa propre enquête sur le coût de la vie des étudiants. Elle en évalue la hausse à 1,1 %, soit environ quatre fois l’inflation.

Les inégalités se creusent
Autre constat qui fait l'unanimité : les inégalités continuent de s’accroître, avec l’augmentation parfois exponentielle des frais d’inscription dans certaines formations privées comme les grandes écoles et écoles d’ingénieurs : ainsi la prestigieuse Ecole des hautes études commerciales (Edhec) a augmenté de 46 % ses frais d’inscription depuis 2011, passant de 30 850 euros à 45 000 euros, et l’EM Lyon, qui réclamait 31 100 euros en 2011 à ses étudiants, demande désormais 39 500 euros.
Surtout, les jeunes issus d’une catégorie socioprofessionnelle populaire ont davantage tendance à exercer une activité rémunérée "sans lien avec leur domaine de formation, et dépassant souvent le mi-temps". Les deux syndicats dénoncent ainsi une précarité et des inégalités qui grandissent. Cette année encore, la moitié des non-boursiers seront salariés, dont un quart pour plus de 12 heures par semaine. On estime que 20 % des étudiants travaillent à temps plein et que 200 000 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté. Le gouvernement a réagi à ces chiffres, rappelant que depuis 2012, 400 millions d’euros ont été investis dans les bourses. Mais cette année, la revalorisation ne sera que de 0,1 % à 0,2 %.

La méthode
Ainsi, les étudiants parisiens doivent débourser 1 124,33 euros en moyenne chaque mois, logement, transports et dépenses courantes confondues, selon le classement de l'UNEF qui complète l’enquête sur le coût de la rentrée publié vendredi part la FAGE. Ce classement repose sur la formule suivante : coût du loyer + coût du transport + 330 € (socle fixe, comprenant l’alimentation, les charges, les livres, le téléphone et les loisirs, d’après les données de l’Observatoire de la vie étudiante). Il faut ensuite soustraire à cette somme les aides (chèques vacances, loisirs, santé, etc.) pour obtenir le coût moyen de la vie étudiante ville par ville.

842,67 € à Lyon, 709,97 € à Clermont-Fd, 683,89 € au Puy et 681,16 € à Saint-Etienne
Si Paris est "hors compétition", Lyon se distingue comme étant la ville de province la plus chère pour les étudiants, soit 842,67 € par mois alors que Clermont-Ferrand (709,97 €) est la deuxième ville la moins chère de ce classement des 20 principales villes universitaires de l'hexagone. Zoomdici a repris la méthode de l'UNEF pour deux autres villes : Saint-Etienne (681,16 €) et Le Puy-en-Velay (683,89 €), sachant que pour cette deuxième commune, le loyer moyen des logements étudiants n'a pas pu être mesuré par Locservice.fr, qui est la référence pour toutes les autres villes de ce classement.
Nous avons donc établi une moyenne approximative de 350 € à partir des résidences étudiantes du CROUS de la commune, pourtant sensées être davantage accessibles que les résidences privées étudiantes et le parc privé (c'est sur ces dernières que se base Locservice.fr dans ce classement). Rappelons que le logement est le premier poste de dépense des étudiants puisque ceux qui sont décohabitants déboursent en moyenne 55% de leur budget pour le loyer et les charges.

Maxime Pitavy

  • Retrouvez ci-dessous une infographie des loyers étudiants des principales villes de la future grande région, auquelles sont ajoutées Le Mans (loyer le moins élevé du classement de l'UNEF) et Paris, ainsi que la moyenne hors Île-de-France. Le tout étant bien évidement à mettre en perspective avec le nombre d'étudiants que la ville accueille.

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