Cheynet, Oxxa, Alprod, JR Création... la CGT43 fait le point sur les sociétés en péril

ven 19/09/2014 - 19:22 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:24

En période de crise, la réunion de rentrée de la CGT, ce jeudi 18 septembre 2014 à Blavozy, était l'occasion d'aborder la situation des entreprises de Haute-Loire en difficulté. Le point sur Oxxa, Cheynet, Alprod et JR Création, où de nombreux emplois sont en danger ou ont déjà été supprimés.

Pour Alprod et Oxxa, c'est mal engagé, voire terminé
« Dans la branche THC, on est pas épargné. » Fabrice Souveton, secrétaire du syndicat CGT THC (Textile – habillement – cuir) de Haute-Loire, reconnaît que la situation n'est pas facile pour certaines entreprises du département. Pour certaines, comme Alprod à Riotord, c'est déjà trop tard : « On a une entreprise de 56 salariés où il y a eu dix licenciements en mai. [...] C'est fini. On les a accompagnés, on les a aidés mais on a pas réussi à inverser le rapport de force », confie le secrétaire syndical.
Du côté d'Oxxa, entreprise yssingelaise spécialisée dans le recyclage de polyéthylène, la régénération et la fabrication de tubes, le syndicat continue de se battre : « Pour l'instant, un plan de licenciements qui va déboucher sur 13 suppressions d'emploi [sept départs volontaires et cinq licenciements, ndlr] a été mis en place. C'est quand même trop. »

Du côté de Cheynet, un PSE « injustifié »
Du côté de Cheynet & Fils à Saint-Just-Malmont, l'un des gros dossiers de l'été, la CGT ne baisse pas les bras. 113 suppressions d'emplois sont prévues dans le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) actuel, avec 42 départs volontaires, 13 longues maladies et, donc, 58 licenciements secs. La Confédération générale du travail lutte pour réduire au minimum ce nombre. « Le départ des lettres de licenciement est vendredi », explique Maurad Rahbi, secrétaire général de la Fédération textile, habillement, cuir, blanchisserie. Les responsables syndicaux doivent voir les dirigeants de l'entreprise ce même jour. « Les choses se sont faites à la va-vite, avec un directeur qui n'en est pas un, qui était uniquement là pour restructurer, une sorte de coach qui avait bien mesuré que les choses devaient se faire au mois de juillet-août pour que ça aille vite. » Le secrétaire général ajoute que selon une étude économique mandatée par le syndicat, « les chiffres montrent qu'il n'y avait aucune raison d'amener l'entreprise en redressement judiciaire, ni de faire un plan d'un aussi grand volume ».

« Une mesure pour annuler l'ensemble du plan social »
« La procédure a suivi son petit bonhomme de chemin, les lettres de licenciements, malheureusement, ont été annoncées. Il n'y a pas eu d'accord de négocié, c'est un accord unilatéral. » Bien que les lettres soient désormais envoyées, cela ne signifie pas forcément que tout est perdu pour les salariés de l'usine d'élastiques textiles : « On est en réflexion encore aujourd'hui pour contester le plan en lui-même au tribunal administratif. Aucune décision n'a été prise mais vu l'ampleur, vu la situation économique et vu l'état de la trésorerie, qui est loin d'être exsangue comme on nous l'a laissé croire, on réfléchit à une mesure pour annuler l'ensemble du PSE. » Les délégués syndicaux, qui ont deux mois pour agir, sont en pleine réflexion sur le sujet.

« Statu quo » à JR Création
Depuis quelques mois déjà, plusieurs employés (et ex-salariés) de JR Creation n'ont plus perçu de salaires. Problème : l'entreprise ponote n'existe pas vraiment, puisque son directeur avait été placé en liquidation judiciaire avant même la création de celle-ci. « On avait fait des demandes exceptionnelles aux AGS pour prendre en charge ces retards de salaires des salariés », explique Pierre Marsein, secrétaire général adjoint de la CGT 43. « Les AGS nous ont répondu que non, étant donné que la société n'était pas valable. On pouvait s'y attendre, si on prend la chose d'une manière purement juridique. » Le syndicat a essayé de faire jouer le côté exceptionnel de la chose, en espérant « une réponse exceptionnelle ». Statu quo. « Les salariés sont pris en charge par Pôle emploi, mais les retards de salaires ne sont pas réglés. » En tout, l'ancien directeur leur devrait plus de 37 000 euros.

Selon nos informations, une entreprise de tissage à Pont-Salomon serait également en difficultés. Des employés de la société ont rencontré des responsables syndicaux de la CGT ce jeudi 18 septembre, mais aucune précision sur leur situation n'a été communiquée.

A.L.

À découvrir

Contenus sponsorisés

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire