Budget du Département : où sont les marges de manœuvre ?

mar 06/02/2018 - 16:41 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:51

Le Département va-t-il tenir tête au gouvernement ? Une hausse de 2 % des dépenses de fonctionnement est envisagée par la collectivité alors que l'État a demandé de plafonner ces dépenses à 1,2 %. Dans ce bras de fer, la majorité départementale peut compter sur le soutien de l'opposition.
L'État a en effet transféré des charges sociales au Département sans compenser à la hauteur et la collectivité locale parle de précipitations des aides sociales. "L'État est bien mal placé pour donner des leçons en la matière", selon un certain nombre d'élus du conseil départemental.
C'est dans ce contexte assez trouble que s'est ouverte la session du vote du budget primitif lundi matin alors qu'on devrait en savoir plus très rapidement quant au contrat qui sera élaboré avec le préfet de la Haute-Loire que Jean-Pierre Marcon doit rencontrer en cette fin de semaine.

Près de 90 % du budget de fonctionnement est figé
76,88 % du budget de fonctionnement du conseil départemental de la Haute-Loire est constitué de dépenses très contraintes par la réglementation et 11,36 % contraintes par ses conventions. C’est-à-dire que, de fait, 88,24 % du budget de fonctionnement est figé. 
"Où sont donc nos marges de manœuvre ?", s'interroge Jean-Pierre Marcon, "nous avons décidé de plafonner la hausse de nos dépenses à 2 %, ce qui revient à trouver 1 M€ d’économie par an sur d’autres postes de dépenses de fonctionnement". C’est un effort qui repose sur 21 M€… soit moins de 10 % du budget de la collectivité qui, pour 2018, s’élève à 271,5 M€.

Des économies indispensables ?
Cécile Gallien est conseillère départementale et en tant que référente territoriale de la République en Marche, le parti présidentiel, elle peut difficilement s'inscrire en faux avec les préconisations de l'État. Alors peut-on et doit-on encore faire des économies de fonctionnement ? 

Des économies au détriment du monde associatif ?
Jean-Pierre Marcon est le Président du Département. Quelles sont les marges de manoeuvre ? Ce sont les associations qui seront les premières victimes ? Le tourisme ? La culture ? Le sport ?

----Le dernier budget en autonomie de gestion ?
"Dans le contexte de la nouvelle organisation territoriale, ma conviction est que le Département doit perdurer, que son autonomie budgétaire doit être garantie. Hélas, je crains que nous votions ce qui est peut-être l’un des derniers budgets d’une collectivité locale en autonomie de gestion et encore apte à voter un taux !", a lancé le Président Marcon.-----Une progression du chiffre d’affaires des entreprises altiligériennes supérieure à la moyenne régionale
Sur les trois 1ers trimestres de l’année 2017, les entreprises altiligériennes ont vu leurs chiffres d’affaires augmenter, tout secteur confondu, de 6,4 % par rapport à la même période sur 2016. C’est une progression supérieure à la moyenne régionale. Du coup, elles ont investi plus qu’en 2016 et le marché de l'emploi a également su tirer son épingle du jeu.
"Nous pouvons nous féliciter d’accompagner de façon très volontaire ce dynamisme économique en Haute-Loire, par nos interventions pour l’immobilier d’entreprise aussi bien que par les aménagements importants de notre réseau routier et les améliorations apportées aux dessertes des zones d’activité", a déclaré le chef de file de l'exécutif départemental, "et c’est dans cette conjoncture, plus favorable que les années précédentes, que nous avons préparé le budget 2018".

Avec 20,35 % du budget consacré à l’investissement, la Haute-Loire fait figure d’exception
Pourtant, malgré cette impression de fin de décentralisation que les orientations du Gouvernement donnent à penser, "le Département de la Haute-Loire reste volontaire et conserve son goût de l’action". Avec 20,35 % du budget consacré à l’investissement, la Haute-Loire fait figure d’exception.
"Nous inscrivons même un niveau de dépenses d’investissement supérieur à celui de l’an dernier", se félicite Jean-pierre marcon avant de détailler : "43,46 M€, soit 20,35 % du budget prévisionnel 2018, contre 41,49 M€ prévus en 2017, ce qui représentait 19,95 % du budget prévisionnel 2017".

Les grands postes d'investissements
* Les Routes : + de 17,6 M€ : travaux routiers et bâtiments, matériels et outillages nécessaires ;
* L’Éducation : + de 3,5 M€ : travaux sur les bâtiments, digitalisation des collèges, subventions d’équipement. La remise à niveau de l’équipement informatique dans les 22 collèges publics de Haute-Loire coûte par exemple 8 M€.
* Le Développement des territoires : 7,8 M€ : notamment contractualisation avec les collectivités (+ de 3 M€), immobilier d’entreprise (0,95 M€) et Très Haut Débit (3 M€) ;
* Le Développement durable : 2,35 M€ ;
* Le Tourisme : 1,35 M€ dont 0,3 M€ pour le projet pavillon numérique ;
* Le SDIS : 0,92 M€ (0,72 M€ pour ANTARES et 0,2 M€ pour les travaux dans les casernes).

Aides et investissement pour les EHPAD
Alors que les EHPAD étaient en grève mardi dernier, avec une grogne à tous les étages, le Département a réaffirmé son total soutien à ces structures et 680 000 € d’aide sont inscrits pour les EHPAD 2018. Le Département va leur consacrer 1,1 M€ en investissement.
Une étude vient aussi d’être réalisée, qui a permis de recenser les besoins des établissements en rails de transfert, afin d’améliorer les conditions de travail des agents dans les EHPAD.

Maxime Pitavy

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