Aides à domicile : une prime c’est bien, une hausse des salaires c’est mieux

mer 28/10/2020 - 14:59 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:08

----Le financement de la prime Covid de la part du Conseil départemental au total est de 992 387€ avec un remboursement de 238 175 € de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) soit 754 212€.-----La prime Covid aux aides à domicile, Maisons d'enfants à caractère social (MECS) et foyers pour personnes handicapées va être versée dans les prochains jours en Haute-Loire. Contrairement à la prime pour les soignants et personnels d’EHPAD qui dépend de l’État, celle-ci est au bon vouloir de chaque Conseil départemental. En Haute-Loire, 1 000 euros seront versés à chaque salarié, encore en exercice, au pro rata du temps passé au travail pendant le confinement. La prime concernera également les personnels mobilisés en télétravail, comme les administratifs, ce qui n’est pas le cas de la prime de l’État aux soignants et personnels d’EHPAD (qui doivent avoir été au contact du public). Contactée pour sa réaction, la directrice de l’association UNA43 Sainte-Elisabeth, Jocelyne Labouré, se dit heureuse que cette prime mette en évidence le travail fourni pendant le confinement. Qui plus est, « nous sommes heureux d’être dans un département où le Conseil départemental reconnaît ce travail car ce n’est pas le cas de tous », souligne-t-elle.

> Lire aussi : 'J’étais parfois la seule personne qu’ils ont vue de tout le mois' (03/05/2020) - portrait de Lucie Langlet, auxiliaire de vie au Puy.

Pour dépasser le SMIC dans ce métier, il faut 12 ans d’ancienneté
Les primes c’est bien, mais ce sont de véritables augmentations de salaires que veulent ces personnels. Aujourd’hui, pour dépasser le SMIC dans ce métier, il faut 12 ans d’ancienneté. Pas très attirant pour une profession en forte demande puisque toutes les études montrent que la majorité des Français souhaite vieillir à domicile.
Un observateur extérieur pourrait se demander pourquoi les employeurs n’augmentent tout simplement pas leurs salariés. Eh bien parce que ceux-ci ne fixent pas eux-mêmes leurs tarifs. C’est tout d’abord au ministère de réévaluer la valeur du point, qui n’a pas bougé depuis une dizaine d’années. « Pourtant, en dix ans, nos métiers ont énormément changé, témoigne Jocelyne Labouré, sans dévaloriser ce qui se faisait avant, il ne s’agit plus simplement de l’entretien du cadre de vie avec le ménage, le repassage, les courses… Aujourd’hui, les aides à domicile sont des véritables sentinelles de la prévention qui vont repérer les signes de la perte d’autonomie, c’est un métier technique qui doit être reconnu. » Ces négociations, dans le cadre de la loi Grand Âge et Autonomie, devaient être validées avant le 31 décembre 2020. L’épidémie de Covid-19 a décalé le calendrier. « Nous les espérons pour le premier trimestre 2021, vraiment », insiste Jocelyne Labouré qui milite pour une requalification des postes de travail dans la convention collective.

Le taux horaire sera augmenté
Ensuite, ce sera au Conseil départemental de valider ou pas le prix de revient de chaque structure (il peut donc être différent selon qu’il s’agit de l’UNA43 ou de l’ADMR par exemple). Dans le cas de l’UNA43, les coûts ont augmenté d’environ 15 % depuis la dernière fixation de tarif. Une hausse d’autant serait donc souhaitée. « Nous allons augmenter la participation du Département sur le taux horaire en 2021 », nous a confirmé le président du Conseil départemental de la Haute-Loire Jean-Pierre Marcon. Mais pour savoir de combien, il faudra attendre le vote. « C’est vrai que nous étions un peu retard par rapport à d’autres départements qui l’avaient déjà augmenté », reconnaît-il.

Mais alors, si les tarifs augmentent, l’usager devra-t-il payer plus ? « Forcément, répond Jocelyne Labouré, mais en fonction de ses revenus. » Car la loi Adaptation de la Société au Vieillissement (ASV) fixe le pourcentage du reste à charge de l’usager selon ses revenus. Certaines personnes ne paient rien ou peu, d’autres paient 80 % des prestations reçues.

Reste la question des frais kilométriques. « Nous avons augmenté deux fois les indemnités kilométriques cette année », répond Jean-Pierre Marcon. C’est bien le cas à l’ADMR mais l’UNA43, de son côté, a préféré ne pas demander cette augmentation car elle estime que c’est dans le cadre de la convention collective que cela doit être réglé afin d’éviter un effet de yoyo. Actuellement, le remboursement est fixé à 0,35€ / km. L’UNA43 aimerait qu’il passe à 0,45€ / km.

Annabel Walker

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