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Rare, insolite et rescapée...

Par nicolas@zoomdici.com mar 02/08/2022 - 16:00 , Mise à jour le 02/08/2022 à 16:00

Elle a été retrouvée en plein centre-ville du Puy-en-Velay, le 30 juin dernier, dans un état déplorable. Ce lundi 1er août, soignée et en pleine forme, elle a été relâchée au lac du Péchay à Costaros par la LPO. Elle ? C'est madame Tadorne de Belon, une espèce de canard dont la présence en Haute-Loire s'avère exceptionnelle.

Le moment a été aussi émouvant que grisant. Marie Brossier, bénévole à la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), a une dernière serré tendrement l'animal dans ses bras avant de le confier aux eaux et à l'espace du Maar du Péchay, sur les hauteurs de Costaros. Au début hésitante, cette belle dame de Tadorne de Belon a commencé par sortir sa tête sombre du carton. Son cou blanc a suivi. Puis l'ensemble de son corps recouvert de plumes neiges et noisettes s'est élancé enfin dans l'immensité du lieu, posant quelques instants ses pattes dans la fraicheur de l'eau pour repartir majestueuse entre l'azur clair du ciel et le bleu foncé du lac. Liberté.

À la différence des autres espèces de canards majoritairement chassables, le Tadorne de Belon est une espèce protégée en France.

"Elle était véritablement très affaiblie !"

Un mois. Un mois que l'anatidé n'avait pas battu des ailes sans rien d'autre que la nature et sa richesse. Un mois que cette femelle n'avait vu que des hommes et des femmes, ces soigneurs inspectant chaque recoin de son corps depuis le 30 juin pour la remettre enfin sur pied. "Cette femelle adulte a été trouvée, aussi incroyable que cela puisse paraitre, à la place du Breuil au Puy-en-Velay !, partage Francis Magnard, Chargé de missions Agriculture et biodiversité à la LPO 43. Vu son état, elle a été aussitôt confiée aux équipes du centre de sauvegarde de Clermont-Ferrand. Elle était véritablement très affaiblie !"

Le Tadorne de Belon peut atteindre jusqu'à 1,20 mètres d'envergure. Photo par Yoann Lombard

"Elle devrait quitter rapidement la Haute-Loire pour rejoindre ses congénères"

D'après Francis Magnard, le relâcher du Tadorne de Belon a été choisi ce lundi 1er août car l'oiseau apparaissait désormais en très bonne forme. "Nous avons opté pour le lac du Péchay puisqu’il s’agit de l’un des seuls sites actuellement en eau en Haute-Loire et correspondant bien au milieu fréquenté par l’espèce dans les périodes « normales » de présence, ajoute l'expert sur le sujet. À priori, elle devrait quitter rapidement la Haute-Loire pour rejoindre ses congénères".

D'après Francis Magnard, l’espèce n’a jamais été signalée dans le département entre les mois de juillet à septembre. Cette découverte déjà rare ajoute un caractère tout à fait insolite quant à sa présence durant les mois d'été.

Terres du Velay, terres d'étape

Le Tadorne de Belon n’est pas un canard nichant dans le département altiligérien. "On retrouve cette espèce le long des côtes en période de reproduction. Notre territoire accueille quelque fois des oiseaux en passage migratoire durant le printemps et l'automne ou en hivernage essentiellement de novembre à avril", précise Francis Magnard. "Son statut de conservation est plutôt favorable en France mais l’espèce est très peu abondante en Haute-Loire".

Un réseau de bénévoles répartis dans toute l’Auvergne assure le rapatriement des animaux découverts blessés en direction du centre de soins, puis leur retour pour être relâchés à proximité du lieu de découverte.

Devenir un "rapatrieur"

La LPO recherche des personnes effectuant des trajets réguliers en direction de Clermont-Ferrand, Brioude, Paulhaguet...Edith Destouet, vétérinaire à Paulhaguet, coordonne ces rapatriements.
Pour rejoindre le réseau de rapatrieurs altiligériens, la contacter au 07 61 71 15 63.

"Un succès dans la prise en charge et le rétablissement de la faune sauvage blessée"

Si miss Belon regoûte maintenant à l'ivresse de l'infini, voguant à nouveau sous les (rares) nuages du monde, les acteurs de ce sauvetage flottent sur un petit nuage, fiers d'avoir contribué à cette renaissance.

"Au-delà de l’anecdote, l’histoire de cet oiseau nous semble être une opportunité de valoriser un succès dans la prise en charge et le rétablissement de la faune sauvage blessée, se réjouit Francis Magnard. Avec cette action et comme bien d'autres, nous valorisons l’investissement de nos bénévoles et suscitons peut-être des vocations pour rejoindre le réseau".