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Chaudière/Incinérateur à Polignac : le fondateur d'Altriom répond aux opposants

Par nicolas@zoomdici.com mer 03/08/2022 - 16:00 , Mise à jour le 03/08/2022 à 16:00

Depuis bientôt un mois, tensions et frictions ont investi les ruelles de ce "plus beau village de France". Chaudière environnementale au chevet de la nature pour les porteurs du projet, incinérateur générateur d'une grave pollution aérienne pour les opposants..."la future unité de production de granulés de bois de chauffage" souhaitée par la société Altriom déchaîne les passions.

À la tête du centre de tri et de recyclage polignacois, Fabien Charreyre défend son "bébé", une structure qui devrait voir le jour en 2024.

Quel est ce projet ?

Fabien Charreyre : "Notre projet consiste en la construction d’une unité de production de granulés de bois de chauffage à partir de bois de forêt. L’unité de production de granulés utilisera pour l’étape de séchage du bois, la chaleur produite par la chaudière environnementale, évitant ainsi le recours aux énergies fossiles. Nous produirons notre propre électricité et l’excédent produit sera injecté sur le réseau public. La chaudière de co-génération vapeur/électricité sera alimentée en combustible fabriqué par Altriom".

"Un magasin d’usine ouvert au public sera implanté sur la Zone d’activité de Polignac pour la vente des granulés bois. Nous y vendrons aussi notre compost car des centaines de personnes nous en achète chaque année". Fabien Charreyre

Les opposants sont inquiets d'une éventuelle pollution causée notamment par le rejet des CSR (combustible solide de recyclage). Que pouvez-vous dire à ce propos ?

Fabien Charreyre : "Notre centre de tri résulte de la volonté d’une population et de ses élus de refuser les solutions d’enfouissement et d’incinération et de trier entièrement les poubelles pour fabriquer un compost naturel, des matières recyclées, fabriquer des combustibles et ne rejeter que le déchet ultime. Dans notre cas, il s’agit d’une chaudière moderne similaire à celle de Mons, mais adaptée au combustible qu’Altriom produit. Une telle chaudière n’amène ni pollution ni odeur".

"L’incinération est une solution du passé que j’ai toujours combattue". Fabien Charreyre

"Je comprends toutefois les inquiétudes lorsque des personnes mal informées annoncent la construction d’un incinérateur. Quand les personnes inquiètes sauront qu’il s’agit bel et bien d’une chaudière, elles se rendront compte de l’erreur. Là, il s’agit d’une chaudière dont le corps de chauffe rentrerait dans mon garage au Puy. Quelle filière existe pour les plastiques et matières non recyclables qui constituent la majorité des emballages ? aucune. La situation écologique générale est alarmante et j’ai la conviction qu’en plus des solutions de réduction et de modération, il faut transformer ces plastiques non-recyclables, dérivés d’hydrocarbures comme le pétrole ou le gaz, en combustible".

Les opposants se lèvent pour empêcher le projet d'Altriom.
Les opposants sont inquiets pour l'avenir des générations futures. Photo par DR

La municipalité déplore un manque de communication de votre part sur le sujet.

Fabien Charreyre : "C’est l’histoire du pompier pyromane ! Je suis ici obligé de rétablir quelques faits. En 2020, nous avons d’abord rencontré l’équipe de Jean-Paul Vigouroux avant de déposer notre porté à connaissance pour les informer du projet et recueillir leur « feu vert ». Ils nous ont assuré de leur soutien ! Ils nous ont demandé de leur produire une synthèse de questions réponses, chose que nous avons faite. Nous n’imaginions pas qu’ils se retourneraient de la sorte. Cette situation est regrettable".

"Je sais que nos élus ont du mérite. Car il est certain qu'il se retrouvent sous la pression de quelques-uns". Fabien Charreyre

Où en est actuellement l'avancée du projet ?

Fabien Charreyre : "Notre dossier d’étude est maintenant déposé. Il va être étudié par l’ensemble des administrations concernées. Dès que le dossier sera réputé complet, il sera présenté au public, sans doute en 2023. Une fois que la Dréal (Directions régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement, Ndlr) jugera le dossier terminé, nous organiserons des rencontres auprès des habitants de chaque village sur la commune et alentours. Nous espérons démarrer les travaux à fin 2023"

"Nous serons à l’écoute des remarques constructives. En démocratie, on a le droit d’être pour ou contre. Mais avant, il faut s’informer correctement". Fabien Charreyre

Photo par DR

Avez-vous pensé, comme le souhaitent certains opposants, à un autre lieu pour l'implantation de votre chaudière ?

Fabien Charreyre : "Nous sommes une entreprise familiale et locale. Nos équipes travaillent au service de tous sur le territoire. Nous sommes nombreux à habiter ou travailler sur la commune de Polignac. Certains veulent toujours que ce soit chez les autres. Mais chez les autres, ça veut dire augmentation du nombre de camions, alourdissement du bilan carbone et perte d’opportunité pour les habitants de la commune et du bassin du Puy".

"Avec le choc énergétique qui démarre, on s’apercevra vite que le projet va dans le sens de la réduction de la facture énergétique des ménages mais aussi des communes". Fabien Charreyre

"Arrêter d’enfouir ces combustibles et les consommer localement, c'est faire en sorte de baisser la facture des contribuables sur le territoire. C’est ce qu’on bien compris les élus qui viennent de se regrouper autour du Sympttom dans une solution départementale. Notre département sera sous trois ans parmi les moins chers de France pour le traitement de ses déchets !"

"Ca fait 31 ans que nous sommes installés à Polignac. Que ce soit chez Vacher ou Altriom, des hommes et des femmes travaillent chaque jour au service des habitants de ce département. Ils méritent bien mieux que certains propos étalés sur les réseaux sociaux ou ailleurs". Fabien Charreyre

"Et à propos du label de "plus beaux villages de France", je soulignerai qu’il a été obtenu avec la déchetterie et Altriom présents sur la commune. Nous continuerons de recevoir de nombreuses écoles et des visiteurs du monde entier. Nous portons un projet innovant, qui se veut exemplaire en termes d’économie circulaire et qui représente l’écologie positive pour l’avenir de nos territoires".