« L'éducation nationale c'est un outil de l'Etat pour contrôler la jeunesse et non dans l'intérêt des élèves » exprime Arsène, élève de première au Lycée Murat, alors que le blocus est toujours bien présent devant l'établissement, ce 29 septembre, début d'après-midi.
Ce jour de grève nationale a suscité un élan de mobilisation chez ces lycéens qui savent exactement pourquoi ils sont devant leur lycée, pancartes en main. Ils dénoncent les « incohérences » de l'éducation nationale, notamment comme on peut lire sur une affiche :
« 35°, 35 élèves par classe, mais c'est le TELEPHONE le problème !!! »
Ils sont nombreux à trouver l'interdiction du téléphone dans l'établissement injuste et c'est selon eux « loin d'une priorité. » Arsène pointe l'aspect coûteux des phone box - pour stocker les téléphones - et préférerait que le budget soit dédié à équiper les établissements de systèmes de climatisation.
Les lycéens ne manquent pas d'imagination...
Photo par ZoomDici
Le manque de moyens humains pointé par les élèves
Lyne, élève de première elle aussi, aborde une autre problématique. « On a une infirmière que deux ou trois jours par semaine ». Clara et son groupe de manifestantes de première et terminale (photo de Une) ajoutent que les professeurs absents ne sont pas remplacés, et que cela dure parfois de longues semaines.
« On est des élèves épuisés »
Les filles sont unanimes sur un autre problème majeur selon elles, les emplois du temps beaucoup trop chargés. Une idée confirmée par Emma, en terminale : « On ne peut même pas faire d'activités à côté, on ne vit que pour les cours. Des semaines chargées, des tonnes de devoirs les soirs et les week-ends, on voit à peine nos parents quand on rentre. On est des élèves épuisés »
« Fatigue, pression, exigence, incohérences... » voilà des mots qui reviennent de bouches en bouches sur cette manifestation lycéenne.
La tête à abattre : Parcoursup
Et à tout cela s'ajoute celui dont il ne fallait pas prononcer le nom, celui que tous dénoncent et veulent guillotiner : Parcoursup ! « Ce serait bien déjà que ce soit des humains qui gèrent Parcoursup et pas des robots, au moins ça ferait de l'emploi. » commente Valentin.
Tous les élèves interrogés parlent d'un système d'orientation complexe, stressant, voir décourageant. « ça met beaucoup de pression, et ça peut casser le moral quand on voit qu'on est millième sur une liste d'attente » explique Evan.
Pancartes, banderoles, mégaphones... et élèves déterminés à Issoire
Photo par ZoomDici
La fougue de la jeunesse n'enlève en rien les revendications et les motivations de ces futurs étudiants et actifs, qui se demandent bien à quelle sauce ils vont être mangés et qui ne comptent pas rester les bras croisés en attendant de le découvrir.