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« Être isolée, c'est pas facile » : quand la solidarité change les trajectoires

Par . . , Mise à jour le 14/09/2026 à 17:00

Pendant quatre mois, une quinzaine de familles vulnérables de Haute-Loire ont bénéficié d’un accompagnement autour de l'isolement. Vendredi 11 septembre, les acteurs du projet ont dressé le bilan d’un dispositif qui, au-delà des ateliers, a surtout permis de dessiner des parcours de vie.

Dans les locaux du Foyer du Consulat, l’heure était au bilan ce vendredi 11 septembre. Mais derrière les chiffres, ce sont surtout des histoires de femmes qui se racontent.

Kadidjatou, 30 ans, arrivée de Côte d’Ivoire il y a un an avec ses six enfants, et Binta, 29 ans, venue de Guinée avec ses quatre enfants, ont accepté de témoigner. Deux parcours marqués par l’isolement, mais aussi par une confiance retrouvée.

« Ça m'a permis d'être bien dans ma peau »

Arrivée en France il y a un an, Kadidjatou, 30 ans, a dû prendre ses repères dans un nouveau pays avec ses six enfants. Elle a connu les doutes. « Je me posais beaucoup de questions, j’avais peur de m’approcher des gens », raconte-t-elle.

Le dispositif est né précisément de ce constat. « L’idée était de pouvoir proposer des temps à des parents qui sont touchés par l’isolement et leur permettre de développer leur pouvoir d’agir », explique Marie Defay, chargée de projet bénévole.

Une aide concrète qui, pour Kadidjatou, a aussi eu des effets plus personnels. « Ça m’a permis d’être bien dans ma peau, parce qu’être isolée, c’est pas facile », confie-t-elle.

Le public visé était principalement composé de familles monoparentales. Mais pour permettre aux parents de participer sereinement, des modes de garde et de mobilité ont été intégrés au projet, grâce notamment au P’tit Café et à la Maison de la Mobilité Solidaire 43. Au total, 33 enfants ont pu être gardés et une quinzaine de familles ont été accompagnées.

Kadidjatou et Binta
Kadidjatou et Binta Photo par HU

Rompre l'isolement et avancer

Au cœur du dispositif, deux actions : Inter'souffle et Action Yapp, pour Y'A Personne de Parfait. Inter’souffle proposait des séances de répit et de relaxation avec une sophrologue, pour apprendre à mieux gérer son stress, dans le cadre d’une démarche d’insertion professionnelle. L’action Yapp offrait, elle, un espace de parole entre parents.

« Ce projet nous a permis de savoir prendre soin de nous et de se donner du temps à nous-mêmes, témoigne Binta. Ça nous a fait comprendre qu’on doit être ensemble avec les autres, discuter de nos problèmes […] pour s’exprimer et avoir confiance en soi. »

Pour Marie Defay, les résultats sont là : « Il y a un vrai impact sur leur prise de parole. » Et surtout, « on a pu accéder à l’objectif de rompre l’isolement ».

De bénéficiaires à futures aidantes ?

La confiance gagnée ne s’arrête pas aux ateliers. Si Binta souhaite se former dans l’aide à la personne, Kadidjatou, elle, rêve de devenir assistante sociale. « J’ai été accueillie. Je veux aider, car les gens m’ont aidé », lance-t-elle avec reconnaissance.

Toutes deux saluent le travail de Marie Defay et des partenaires. Leur message tient en quelques mots : « Ils nous ont dit de ne pas avoir peur. Ils nous ont mis en confiance. On les remercie pour ça. »

Le projet pourrait désormais connaître une suite. Un appel à projet a été déposé au nom de l’Udaf 43 pour le reconduire. Porté par Familles Rurales, avec le soutien du Département, de la MSA, de la CAF et d'Emmaüs 43, le dispositif pourrait ainsi transformer quatre mois d’essai en véritable élan durable.

Le projet a de fortes chances d'être reconduit
Le projet a de fortes chances d'être reconduit Photo par HU

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