Je signale une erreur

Précisez éventuellement la nature de l'erreur
Saisir les caractères affichés dans l'image.

Dérèglement climatique : des vendanges au mois d'août en Haute-Loire

Par etamine.atelier , Mise à jour le 24/08/2026 à 17:00

Les vendanges sont sur le point de démarrer en Haute-Loire alors que certaines années, comme en 2024, il fallait attendre le mois d'octobre. Comment la filière viticole s'adapte au réchauffement climatique sur notre territoire ? Quel impact ce changement provoque-t-il sur les récoltes ? 

Le calendrier des vendanges s’accélère en Haute-Loire. En quelques années, les viticulteurs ont vu la date des récoltes se déplacer de plusieurs semaines, avec des raisins qui arrivent désormais à maturité dès la fin de l’été. Un changement qui témoigne des effets déjà concrets du réchauffement climatique.

Entre altitude, choix des cépages et adaptation des pratiques, les producteurs cherchent à tirer parti des particularités du territoire tout en faisant face à de nouveaux risques. Des transformations qui dépassent d’ailleurs le seul secteur viticole et concernent plus largement les cultures locales.

Un décalage à relativiser

Nous avons contacté des viticulteurs installés en Haute-Loire pour en savoir plus. Le raisin n’échappe pas au phénomène de maturation précoce. À Rosières, Vincent Vidil, qui entame sa deuxième année de production, prévoit les vendanges début septembre.

Il considère l’altitude comme un atout face au réchauffement climatique. Exposé au nord, à environ 600 mètres d’altitude, son vignoble bénéficie de nuits fraîches qui ralentissent la maturation.

Le viticulteur a également choisi une agriculture raisonnée et six cépages, dont certains mûrissent plus tôt que d’autres. Une stratégie qui permet d’étaler les récoltes et de limiter le stress lié aux vendanges.

Au Clos du Paradis, Jade Herail constate que les vendanges avancent chaque année : « Mi-octobre en 2024, mi-septembre en 2025 et désormais fin août pour 2026. »

« L’altitude nous sauve, nous avons des nuits fraîches, ce qui préserve nos vignes. » Jade Herail

En période de forte chaleur, la vigne peut pousser jusqu’à 10 cm par jour. Après les gelées tardives de cette année, le Clos du Paradis a donc rapidement démarré. Pour sa troisième année de production, la viticultrice voit plutôt d’un bon œil les effets de la chaleur sur ses vignes.

La Haute-Loire, futur refuge viticole ?

Après seulement deux années de production, Vincent Vidil estime manquer encore de recul. Il observe toutefois les changements chez ses amis viticulteurs de Camargue et du Vaucluse, où les effets du réchauffement sont, selon lui, plus marqués.

En Haute-Loire, l’altitude permet pour l’instant de temporiser la maturation grâce à des nuits plus fraîches. Le viticulteur imagine même l’arrivée de nouvelles cultures dans le département. « On a énormément d’arguments pour cultiver la vigne ici. » Avec le réchauffement, la pêche ou l’abricot pourraient ainsi progressivement remonter depuis la Drôme selon lui.

Un effet millésime accentué

Jade Herail constate également une évolution des arômes : les vins sont « plus fruités, plus expressifs » lors des périodes de chaleur. Le soleil augmente aussi leur taux d’alcool, un point de vigilance moins contraignant pour les vins sans appellation. « Nous n’avons pas la chance d’avoir une appellation mais dans un sens nous sommes plus libres. » Côté eau, la viticultrice reste relativement épargnée : seules les jeunes vignes ont dû être arrosées cette année.

Vincent Vidil refuse, lui, de considérer l’irrigation comme une solution durable :

« Pour moi, le jour où on aura besoin d’irriguer la vigne, j’arrêterai de faire du vin. » Vincent Vidil

À Rosières, le goût reste également au cœur des préoccupations. « Avec ces températures extrêmes, l’effet millésime sera d’autant plus marqué », estime-t-il, refusant notamment d’utiliser des levures de laboratoire.

La grêle, un autre fléau

Jade Herail reste toutefois prudente face aux orages et aux épisodes de grêle. Deux gros orages ont déjà touché les cultures du domaine. Le choix de cépages feuillus, qui protègent les fruits, s’est révélé efficace et permet de limiter les traitements.

« Quand certaines cultures vont jusqu’à douze traitements par an, nous n’en faisons ici que deux : le soufre et le cuivre », témoigne la viticultrice.

De son côté, Vincent Vidil aimerait investir dans des filets de protection contre la grêle, malgré le coût et la difficulté d’équiper des parcelles dispersées.

Les brasseries également impactées

À La Vertueuse, brasserie installée dans l’Yssingelais depuis dix ans, les fortes chaleurs se font également sentir. Les plantes cultivées, comme la verveine ou la menthe, restent plus petites et nécessitent davantage d’arrosage. L’entreprise dispose heureusement d’un bassin de rétention et adapte aussi les horaires de ses 15 salariés et saisonniers.

« C’est la première fois qu’on applique une peinture blanche sur les serres », explique Anthony Sahut.

Une longueur d’avance pour s’adapter

Si l’altitude offre encore un répit aux producteurs de Haute-Loire, les effets du changement climatique sont déjà visibles : vendanges plus précoces, besoins en eau, grêle ou évolution des cultures.

Pour l’instant, le département bénéficie de son relief et de ses nuits fraîches. Mais face à un climat qui continue d’évoluer, cet avantage pourrait surtout constituer une longueur d’avance pour apprendre à s’adapter.

 

Je renseigne ma commune de préférence :

  • Accès prioritaire à du contenu en lien avec cette commune
  • Peut être différente de votre lieu de travail
Valider