La végétation joue un rôle de plus en plus important face aux épisodes de fortes chaleurs, notamment en ville. Pour mesurer son impact, la règle du 3/30/300, proposée par le chercheur Cecil Konijnendijk, recommande 30 % de canopée, l'étage supérieur des forêts formé par la cime des arbres.
Les deux autres chiffres fixent les repères : pouvoir voir au moins trois arbres depuis chez soi et trouver un parc ou un espace vert à moins de 300 mètres. Le « 30 % » correspond au seuil à partir duquel le rafraîchissement devient significatif. Argile, agent IA dédié au bâtiment, a cartographié le couvert arboré des départements auvergnats à partir de la technologie de cartographie LiDAR HD de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN).
Reste à voir comment l'Auvergne-Rhône-Alpes, et plus particulièrement la Haute-Loire, se situent face à ces objectifs.
Auvergne-Rhône-Alpes : la Haute-Loire bonne élève
L'Auvergne-Rhône-Alpes touche du doigt la moyenne de 30 % de couverture arborée, et 59 % de ses communes dépassent cet objectif. Cependant, zoomer sur la carte permet de révéler de grandes inégalités.
En tête de liste, l'Ardèche atteint les 45 % de couverture arborée. L'Allier est le dernier des douze départements avec une moyenne de 16 %. De son côté, la Haute-Loire s'affiche avec un indice de 33,6 % et 71 % de ses communes atteignent ou dépassent l'objectif demandé.
À l'échelle régionale, la Haute-Loire serait donc une bonne élève, avec une couverture arborée qui dépasse l'objectif des 30 %. Mais derrière cette moyenne départementale se cachent d'importantes disparités entre les différents territoires.
La cité ponote en retrait avec 23 %
Cependant, un contraste reste commun à tous les départements (à des niveaux variables), celui des espaces ruraux mieux arborés que les zones urbaines ou agricoles.
En Haute-Loire, cette différence apparaît particulièrement nettement. Tandis qu'autour du Val-d'Allier, du Forez, ou encore du nord-est du département, la canopée s'étend sur plus de 30 % de chacun de ces espaces, la cité ponote est en retrait avec 23 %. D'autres territoires altiligériens, comme le brivadois, tombent en dessous des 20 %.
Ces chiffres mettent en lumière une situation contrastée pour le département : si la Haute-Loire dépasse globalement l'objectif fixé à 30 % de couverture, les espaces les plus urbanisés, disposent d'une couverture arborée nettement plus faible.
La Haute-Loire face aux enjeux de demain
Avec donc 33,6 % de couverture arborée et 71 % de ses communes qui atteignent ou dépassent l'objectif des 30 %, la Haute-Loire dispose d'un indice de canopée supérieur à la moyenne régionale. Mais la situation du Puy-en-Velay, entre autres, rappelle que la présence des arbres n'est pas répartie uniformément sur le territoire.
L'opposition entre espaces ruraux et zones urbaines ou agricoles pose ainsi la question de la place de la végétation dans les secteurs les plus exposés aux fortes chaleurs.
Il y a un paradoxe : les arbres, si importants pour lutter contre les fortes chaleurs, craignent énormément cette même hausse des températures. Platane, érable, ou encore chêne, des espèces très présentes en villes, sont particulièrement touchées par cela. Elles doivent composer avec les fréquents épisodes caniculaires.