Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées place du Plot, au Puy-en-Velay, à l’appel d'Alliance Vita. L’association, opposée au texte de loi sur la fin de vie, participait à une mobilisation nationale organisée simultanément en France.
Avec cette action, les participants ont souhaité interpeller l’opinion publique. Une mobilisation qui intervient alors que le gouvernement espère une adoption définitive du texte au cours de l’été.
« Il n’y a clairement pas de consensus »
Sur la place du Plot, l'association avait mis en place une scénographie. Des personnes âgées, immobiles, posent au milieu de poubelles remplies et de cartons. Autour d'elles, des pancartes avec des messages forts, notamment le slogan de la campagne : « Nos mourants ne sont pas des encombrants ».
Au micro, les organisateurs interrogent : « Des soignants devraient administrer la mort tout en devant prendre soin de leurs patients ? ».
Déléguée départementale d’Alliance Vita, Raphaëlle de Rorthays sent le vent tourner par rapport à l'adoption de cette loi : « On sent un désir du gouvernement de passer en force cette loi avant l'été, alors qu'il n'y a clairement pas de consensus. Le Sénat a rejeté la loi. »
« Quand on injecte un produit létal à une personne, c'est une euthanasie. [...] Il est très important de nommer les choses. » Raphaëlle de Rorthays, Alliance Vita.
Un manque de consensus qui s'étend aux mots. Si le texte de loi parle de « fin de vie » et d' « aide à mourir », Alliance Vita préfère parler d’ « euthanasie » et de « suicide assisté ». Raphaëlle de Rorthays justifie ce choix : « Quand on injecte un produit létal à une personne, c'est une euthanasie. [...] Il est très important de nommer les choses. »
Ils protestaient contre le texte de loi sur la fin de vie
Photo par Hugo Uliana
Les soins palliatifs comme priorité
Loi Claeys-Leonetti
La loi Claeys-Leonetti de 2016 encadre la fin de vie en France. Elle renforce notamment l'accès aux soins palliatifs, rend les directives anticipées contraignantes pour les médecins et autorise, dans certains cas, une sédation profonde et continue jusqu'au décès.
Au cœur des revendications de l'association : « Des soins palliatifs pour tous », résume la déléguée départementale.
« La loi Claeys-Leonetti n'est pas appliquée alors qu’elle garantit normalement des soins palliatifs pour tous », affirme-t-elle. Selon elle, à l’échelle nationale, « il y a 50 % des personnes qui en auraient besoin en France, qui n'en bénéficient pas, parce que pas de lit, pas d'unité ».
Concernant la Haute-Loire, aucun chiffre précis n’a été avancé, mais la porte-parole évoque une situation qu’elle considère fragile : « Il y a une volonté, mais c’est extrêmement fragile. On a des ouvertures de lit, puis ça ferme, ça revient... »
« Dès que les personnes sont prises en charge, sont écoutées, ce désir d'en finir disparaît »
Quid de la liberté individuelle et de l'envie de mourir ? Raphaëlle de Rorthays défend une autre approche. « Il est important d’écouter ce désir de mort, c’est déjà un lien qui se tisse avec la personne », estime-t-elle.
La réponse devrait selon elle passer par l’accompagnement : « Je suis là, je t’accompagnerai jusqu’au bout dans ta souffrance. Elle est là la réponse. » À ce sujet, elle termine : « Dès que les personnes sont prises en charge, sont écoutées, ce désir d'en finir disparaît ».
750 000 personnes âgées en état de mort sociale
S’appuyant sur des données de l’association Petits Frères des Pauvres, elle rappelle que 750 000 personnes âgées seraient aujourd’hui en situation de mort sociale en France, un chiffre qui aurait progressé de 42 % en quatre ans. « Qu’est-ce qu’on leur envoie comme message à ces personnes si on leur donne le choix du suicide ou de l'euthanasie ? », interroge-t-elle.
Alors que le gouvernement vise un vote définitif du texte courant juillet, Alliance Vita assure vouloir poursuivre sa mobilisation dans les prochaines semaines.