Cette famille kurde composée de deux parents et de trois enfants de 7, 9 et 12 ans vit depuis plusieurs jours dans l’angoisse de perdre son logement. Les trois enfants sont scolarisés dans la commune, où ils ont effectué une grande partie de leur parcours scolaire.
Comme de nombreux demandeurs d’asile, la famille a vu sa première demande de protection rejetée. Un recours a ensuite été examiné, sans davantage de succès. Pour autant, la procédure ne s’est pas arrêtée là.
Une nouvelle demande d’asile en cours d’examen
Selon les documents présentés à Zoomdici, une nouvelle demande a été déposée à la suite de la transmission d’éléments complémentaires destinés à étayer leur situation. Les soutiens de la famille expliquent notamment que le père craint des poursuites en cas de retour en Turquie en raison de son engagement au sein de l’opposition politique. C’est notamment sur ce point que repose la nouvelle demande actuellement examinée par les autorités compétentes.
« On peut toujours rouvrir une demande d’asile avec de nouveaux documents, par exemple des choses qui se sont passées dernièrement et qui prouvent qu’ils sont en danger s’ils retournent dans leur pays », indique une membre du réseau.
Une situation de vulnérabilité médicale intégrée au dossier
Par ailleurs, plusieurs documents médicaux présentés à Zoomdici attestent d’un suivi médical régulier concernant la mère, à la suite de problèmes de santé survenus après la perte de deux grossesses, fin 2025. Deux des enfants sont également suivis. Ces éléments ont été intégrés au dossier transmis aux autorités dans le cadre de l’évaluation de leur situation de vulnérabilité.
« Cette famille a été déclarée vulnérable par les médecins de l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) », précise une mobilisée.
Un désaccord autour des conditions d’hébergement
La famille dispose depuis le 1er juin d’une attestation de demandeur d’asile valable six mois, délivrée dans le cadre de la procédure, le temps de l’instruction de sa nouvelle demande. Cette attestation confirme que la famille est de nouveau placée sous statut de demandeurs d’asile le temps de l’instruction.
Pour les associations, cette situation devrait permettre à la famille de conserver son hébergement le temps de la décision. C’est précisément sur ce point que porte le désaccord : la procédure de fin d’hébergement engagée après le rejet initial de la demande suit son cours, tandis qu’une nouvelle instruction est en cours.
« C’est inadmissible de mettre des gens à la rue. En comptant sur quoi ? Sur la bonne volonté populaire pour les héberger ? », déplore une représentante de la Ligue des Droits de l’Homme.
Une mobilisation de soutien sur place
Jeudi 4 juin, une trentaine de personnes – voisins, membres d’associations et sympathisants – se sont rassemblées devant l’immeuble et dans l’appartement, pour soutenir la famille. Selon plusieurs personnes présentes, une intervention visant à mettre fin à l’occupation du logement était redoutée dans l’après-midi.
« Ils sont déjà venus il y a trois jours. Ils nous ont dit qu’ils reviendraient aujourd’hui avec la police », indique une militante.
Sollicités par Zoomdici, ni le bailleur ni la préfecture n’étaient joignables au moment de la publication.
Les soutiens de la famille et la famille redoutent les conséquences d’une rupture d’hébergement pour les trois enfants, à quelques semaines de la fin de l’année scolaire. Le père de famille affirme souhaiter pouvoir rester hébergé jusqu’à la décision sur la nouvelle demande.
Des incertitudes sur la suite immédiate
À 19h, aucune intervention n’avait eu lieu pour déloger.
Selon nos sources la famille aurait été informée de la nécessité de se présenter à la préfecture vendredi 5 juin avant midi, ainsi que de quitter son logement « au risque que cela porte préjudice à leur demande de régularisation ». Ces éléments n’ont toutefois pas pu être confirmés.
Toujours selon cette source, une sortie du logement serait en cours ce jeudi 4 juin. Dans ce contexte d’incertitude, plusieurs solutions d’hébergement temporaire ont été évoquées par les soutiens présents. Une voisine indique s’être proposée pour accueillir les trois enfants jusqu’à la fin de l’année scolaire. Les parents seraient hébergés provisoirement par des proches.