Seulement une semaine après le résultat des votes des élections municipales du 15 mars dernier, un recours a été déposé contre le scrutin du 21 mars ayant conduit à l’élection de Claude Faucher comme maire de Saint-Paul-de-Tartas.
Des élections bousculées
Selon Marie-Laure Mugnier, maire sortante, la contestation vise principalement des irrégularités lors de l’élection du maire, notamment une atteinte au secret du vote : des soutiens du maire auraient publiquement annoncé leur vote au micro sur la place du village. Elle dénonce également un climat de forte tension lors de la séance d'installation.
« Je n'étais pas responsable de l'organisation matérielle de cette élection. » Claude Faucher
« Il y avait moyen de s'installer dans ces fonctions sans vouloir absolument déménager le conseil municipal à la polyvalente en brusquant des portes, il y avait moyen de prendre des délibérations sans forcément vouloir absolument les inscrire au premier conseil municipal sans que ce soit inscrit à l'ordre du jour », explique Marie-Laure qui considère ces « pratiques brutales ».
Claude Faucher se défend « je n'étais pas responsable de l'organisation matérielle de cette élection » et dénonce des manquements au cours de la séance, reprochant à la maire sortante de ne pas avoir mis en place les conditions nécessaires au bon déroulement « l'élection du maire est sous la responsabilité du doyen d'âge et de ma prédécesseure qui est elle-même candidate, il est apparu que les conditions dans lesquelles s'est déroulée l'élection n'étaient pas à même de garantir la sincérité du scrutin ».
Il explique également que toutes les personnes qui ont souhaité assister à la séance ne pouvaient pas être présentes au vu de la capacité de la salle du conseil et qu'il n'y avait « pas d'enveloppe uniforme proposée pour l'exercice du scrutin et pas d'isoloir. »
Nouvelle loi, nouvelles conditions
« On est au coude à coude, ça s'est joué dans un mouchoir de poche. » Marie-Laure Mugnier
Dans le cadre de la nouvelle réglementation applicable aux communes de moins de 1 000 habitants, le conseil municipal de Saint-Paul-de-Tartas compte désormais 11 élus. À l’issue du scrutin, la liste « Saint-Paul-de-Tartas, ensemble ! » menée par Claude Faucher a obtenu 9 sièges, contre seulement 2 pour la liste conduite par l’ancienne maire, Marie-Laure Mugnier.
Un résultat que cette dernière juge disproportionné au regard de l’écart des 11 voix qui séparent les deux camps. « On est au coude à coude, ça s'est joué dans un mouchoir de poche », souligne-t-elle, regrettant « une loi qui n’est pas représentative des votes ».
Un verdict apprécié
« Je laisserai aux personnes de ma liste le soin d'apprécier qui elles voudront voir élu maire, moi-même ou quelqu'un d'autre. » Claude Faucher
Claude Faucher accepte la décision de justice « je suis très heureux de voir que le tribunal m'a donné raison sur tout ce qui était de ma responsabilité ». Il reste confiant quant au résultat du prochain vote et se dit bien accompagné « on est une équipe très solidaire. » Il dit qu’il se pliera à la décision « je laisserai aux personnes de ma liste le soin d'apprécier qui elles voudront voir élu maire, moi-même ou quelqu'un d'autre. »
Du côté de Marie-Laure Mugnier, cette décision révèle un dysfonctionnement. Elle estime en effet que « c'est la reconnaissance de l'administration et de la justice, de dire qu'il y a quand même de graves manquements et on ne peut pas passer, juste fermer les yeux. » Elle est cependant consciente de la finalité « ça ne changera pas grand-chose puisqu'il y aura une réélection mais c'est montrer qu’il y a une opposition et qu’elle reste vigilante. »
Entre inquiétudes et démentis
Encore aujourd'hui, Marie-Laure Mugnier évoque une tension palpable dans le village, elle indique des incendies et des serrures bouchées, propos contestés par Claude Faucher, « se sont des faits qui n'ont absolument rien à voir avec les élections » explique-t-il.
Pour lui, « On ne note pas d'évolution défavorable de la sûreté dans la commune de Saint-Paul-de-Tartas », il annonce une démarche de diagnostic dans la perspective d'installer des caméras de vidéosurveillance sur certains points sensibles de circulation au sein de la commune.
Vers une réélection : un coup d’épée dans l’eau
La réélection du maire devrait se tenir après la mi-juin. Le maire actuel explique « la préfecture nous a demandé de reporter l'élection puisque le délai de recours étant d'un mois, elle ne voulait pas se trouver avec le risque d'avoir, le cas échéant, deux maires élus » avant d’ajouter « un nouveau conseil municipal sera réuni dans les deux semaines qui suivront et procédera à l'élection du maire. »
Reste désormais à savoir si cette nouvelle élection permettra d’apaiser les tensions dans la commune. Malgré une décision de justice qui clarifie le cadre légal de l’élection du maire, les fractures semblent toujours présentes entre les deux camps. Marie-Laure Maugnier considère que « le rôle d'un élu de la République, c'est au contraire de rassembler, c'est de ramener la paix. »