Je signale une erreur

Précisez éventuellement la nature de l'erreur
Saisir les caractères affichés dans l'image.

« On se met tous aux normes » : après Crans-Montana, les bars du Puy sous pression

Par nadia , Mise à jour le 09/05/2026 à 07:00

Les contrôles de sécurité incendie se multiplient dans les bars et établissements de nuit du Puy-en-Velay. Entre travaux parfois coûteux, mises aux normes accélérées et inquiétudes sur la méthode employée, les commerçants tentent de s’adapter.

En France, les vérifications se multiplient et la Haute-Loire n’y échappe pas. La plupart des établissements altiligériens contactés ont accepté de témoigner, mais anonymement. Seul le bistrot le Bobar situé au centre-ville du Puy-en-Velay a accepté de témoigner de façon transparente sur sa situation. La plupart des commerçants interrogés affirment comprendre et se disent enclins à se mettre en conformité, si ce n’est déjà le cas. Toutefois, le sujet semble sensible.

« Quand c’est plein un samedi soir, on n’a pas envie qu’il arrive ici la même chose qu’en Suisse. »

Une mise en conformité accélérée

Le gérant du Bobar, Dylan, explique avoir pris connaissance de contrôles inopinés de sécurité incendie menés dans plusieurs établissements après les incendies survenus en Suisse. Il dit avoir vu passer une information de la préfecture via des commerçants et par son entourage, il a préféré anticiper ces inspections en engageant des travaux de mise en conformité avant même une éventuelle visite des autorités.

« Dès qu’il y a eu l’incendie, l'information a commencé à circuler : ils allaient contrôler en France. », raconte Dylan, gérant du Bobar au Puy-en-Velay.

Il indique que son établissement n’était pas conforme, notamment concernant les issues de secours à l’étage, où une quarantaine de personnes peuvent être accueillies les soirs d’affluence. Les travaux portent sur le remplacement de portes auparavant condamnées, l’installation d’issues de secours, d’extincteurs, d’alarmes sonores et visuelles, ainsi que de dispositifs de déclenchement et systèmes coupant la musique afin de rendre les alertes audibles.

Lors d’une inspection, un état des lieux est fait et si les normes de sécurité ne sont pas entièrement respectées, il est notifié sur place un délai laissé à l’établissement pour engager la mise en conformité, malgré des investissements parfois lourds et des délais de réalisation contraints.

Le coût et la pression économique

Le coût et la pression économique restent également au cœur des préoccupations. Les commerçants témoignent d’investissements lourds avec des délais courts. Échangeant régulièrement avec d’autres commerçants du centre-ville, le gérant du Bobar témoigne : « On se met tous aux normes. »

Il précise qu’un rapport de sécurité avait déjà identifié les manques de son établissement lors du rachat du bar début 2025, mais que d’autres dépenses avaient été priorisées au lancement de l’activité. Le coût total de ses aménagements est estimé entre 5 000 et 6 000 euros.

Le gérant indique également pouvoir bénéficier d’un dispositif d’aide destiné aux TPE avec point de vente, mobilisable via l’agglomération du Puy-en-Velay, la CCI ou la CMA. Celui-ci permet une prise en charge pouvant atteindre 30 % des dépenses éligibles, pour des travaux de rénovation, de sécurisation ou d’investissement matériel.

Des contrôles vécus différemment selon les établissements

Plusieurs gérants évoquent des inspections menées par des équipes associant pompiers et forces de l’ordre, via des visites inopinées, parfois un samedi soir, en plein service.

« Le problème, c’est la manière. », témoigne l’un des concernés, avant de rajouter : « Au lieu de faire de la prévention, ils font de la répression. » Puis de conclure : « Ils font leur boulot, on en est conscients. On est juste déçus de la façon. »

Un d’entre eux pensait être aux normes : « On pensait qu’on était bons, mais on ne l’était pas. »

Certains commerçants sont sereins car déjà aux normes, d’autres reconnaissent des manquements et se disent prêts à s’aligner. Quelques-uns soulignent la question de la méthode, tout en rappelant que « c’est pour la sécurité » et que « personne ne peut être contre la sécurité. »

Une mise aux normes largement acceptée

Dylan insiste sur la nécessité de réaliser ces travaux pour garantir la sécurité du public, particulièrement les samedis soirs lorsque l’établissement est plein.

« C’est bien pour les clients aussi. Ça apporte l’esprit tranquille. », insiste-t-il.

Le Bobar, qui n’a pas encore fait l’objet d’un contrôle, précise : « J’avais déjà commencé à faire les démarches. » Il indique avoir conservé les devis afin de pouvoir prouver que les travaux sont en cours. Il ne lui manque que la finalisation avec le système d’alarme qui devrait être relié aux portes, permettant leur ouverture automatique en cas de besoin.

« Quand c’est plein un samedi soir, on n’a pas envie qu’il arrive ici la même chose qu’en Suisse. », résume le gérant du Bobar.

Je renseigne ma commune de préférence :

  • Accès prioritaire à du contenu en lien avec cette commune
  • Peut être différente de votre lieu de travail
Valider