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Quand le street art rencontre la haute couture

, Mise à jour le 07/03/2026 à 06:00

D'un atelier intime et épuré à la façade d'un mur brut et démesuré, est née la confection d'une robe porteuse d'un message pour toute les femmes en ce 7 mars. Elle illustre aussi la magie des arts, comme l'ont prouvé Fannie et Camille, deux passionnés que tout semblait opposer, mais qui ont su, grâce à leur rigueur et leur enthousiasme, transformer cette rencontre en une aventure profondément humaine.

 

Au départ, rien ne prédestinait ces deux univers à se croiser. D’un côté, la couture, précise et délicate. De l’autre, le graff, spontané et libre. Pourtant, la rencontre va donner naissance à un projet inattendu.

« Ce sont deux mondes opposés, mais finalement ça fonctionne bien ensemble. » Camille

Une collaboration artistique

Dans le monde sophistiqué et minutieux de la couture, la rigueur de Fannie Pommier en fait une personnalité connue. Dans sa boutique nommée "Alteravita Couture", les robes trônent fièrement tandis que les costumes trois pièces leur font face.

Adhérente à un collectif de femmes entrepreneuses qui ont souhaité célébrer les femmes et affirmer leurs droits, Fannie se lance un challenge. Celui de créer une robe d’exception pour l'occasion. Ces premières idées, elle les couche sur le papier avant de les mettre en forme, mais elle souhaite y apporter une touche d'originalité, c’est ce qui la pousse à contacter Camille Alberni, artiste graffeur local.

Plus connu sous le nom de Dege, Camille a plus l'habitude de s'exercer sur des façades et du béton plutôt que de la dentelle. « Moi, je suis à l’aise devant mes murs, je suis un peu sauvage.» explique-t-il. Quand il reçoit le message de Fannie, intrigué, il y répond quelques jours après.

La collaboration ne naît pas d’un hasard mais d’une démarche volontaire de Fannie. Quand Camille découvre l’atelier, le travail de la robe a déjà débuté, le projet prend un nouveau tournant en se construisant à deux.

Une conception à quatre mains

La robe devient un terrain d’expérimentation. Faites d'une première robe courte, elle se poursuit d'un jupon qui marque la taille et se prolonge au sol avec une traîne. Le haut de la robe est la pièce maîtresse et illustre une fleur. Il est composé de pétales sculptés dans la mousse et décorés de peinture à la bombe et de chaux pour apporter de la texture, tout cela illuminé par des LED.

« Il faisait des dessins et puis moi je l'ai fabriqué. » Fannie

Fannie apporte ses inspirations, sa technique des tissus rendant le projet réalisable. Camille, lui, y pose son regard de graphiste jouant avec les volumes et les proportions. « Les robes ont des points de fuite… graphiquement c’était super intéressant » explique Camille.

« Pour les pétales, il s'est installé sur la table où il s'est complètement isolé, il a commencé à faire son dessin.  Et moi j'ai taillé les pétales directement », explique Fannie. Le projet a demandé de longues heures de création qui se sont prolongées jusqu'à la nuit tombée.

Camille et Fannie ajoutent les pétales pour prolonger la traîne
Camille et Fannie ajoutent les pétales pour prolonger la traîne Photo par Fanny Gimenez

Une robe de gala unique

De cette rencontre naît une robe en trois pièces : une robe courte, une sur jupe dotée d’une longue traîne, et un buste sculptural posé sur les épaules. La robe est aussi un défi physique pour ces concepteurs qui ont jonglé pour limiter son poids. L’ensemble avoisine 15 kg, dont 9 kg seulement pour la fleur disposée sur les épaules du modèle. 

La création intègre peinture, motifs de dentelle reproduits, feuille d’or, LED intégrées dans les pétales, mousse expansive, enduit à la chaux, perles, galons… Un véritable laboratoire des textures et des techniques.

Jusque dans les moindres détails
Jusque dans les moindres détails Photo par Fanny Gimenez

Une rencontre improbable

Inconnus il y a quelques mois, ils ont tous deux trouvé, à travers leur passion et leur art, une forme de symbiose. « C'est pas juste une robe, c'est un projet »,dont lequel chacun a été l'apprenti de l'autre. « On a beaucoup appris aussi sur nous-mêmes », explique Fannie.

Fannie a découvert la peinture et la matière. Camille, lui, a observé le travail minutieux de la couture : « j'ai appris comment tailler le tissu. » ainsi que le souci du détail qui sublime la robe. 

Une soirée au féminin

La robe sera dévoilée ce samedi 7 mars au cours de la soirée "Entre Elles" organisée au Babylone. Cet événement créé par des femmes et pour des femmes, promet des performances artistiques et du spectacle dans une ambiance musicale.

Ce n’est pas simplement la fabrication d’une robe pour un événement : c’est la démonstration qu’une collaboration peut devenir une œuvre destinée à vivre au-delà de la soirée. « L’idée, c’est de la faire vivre après, de l’exposer, de trouver un lieu… un musée peut-être. » confie Camille. Ce projet incarne la rencontre du street art brut et de la haute couture, l’alliance des textures, du volume et du graphisme. Il porte aussi une dimension humaine « c'est vraiment un symbole de partage et de connaissances artistiques et humaines » conclut Fannie.

 

Modèle de travail de texture et de couleurs pour une pétale
Modèle de travail de texture et de couleurs pour une pétale Photo par Fanny Gimenez
La robe sera mise en lumière avec des LED
La robe sera mise en lumière avec des LED Photo par Fanny Gimenez

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