Deux artistes aux multiples talents
Entre danse, théâtre, pantomime, Annette Labry et Romuald Leclerc ont réussi le pari de nous divertir et de nous faire rire avec "Rien", leur dernier spectacle.
Si l'on pouvait être sceptique sur la thématique, car comme le dit Romuald en début de spectacle "Ça va pas décoiffer", ses mimiques et grimaces ont très vite déclenché les rires des plus petits.
Puis les enchaînements parfaitement dansés d'Annette et de son compagnon de scène sur des musiques envoûtantes ont laissé en admiration les plus grands.
Lorsqu'enfin les deux artistes ont réussi à confondre, par un jeu de posture et de costume, leurs bras et leurs jambes, la salle était subjuguée.
L'apologie de ne rien faire
Mais au-delà des prouesses de scène, le spectacle "Rien" fait allusion à des pensées plus profondes. Romuald convoque à tour de rôle Heidegger : "l’ennui nous révèle le temps qui s’écoule justement parce qu’il ne passe pas" . Raymond Devos est aussi mis en lumière : "Rien ce n'est pas rien, la preuve, on peut le soustraire."
En somme, Rien offre une vision en contrepied de la surconsommation de loisirs et d'occupation. "L'ennui, c'est le coffre-fort de l'imagination" conclut ainsi Romuald.
Un choix personnel lié à l'enfance
Romuald : "Comme je me suis beaucoup ennuyé enfant, peut être que ça a contribué à développer mon imaginaire."
Lorsqu'on interroge la compagnie sur son choix de faire un spectacle autour de rien. Romuald répond : "J'ai des souvenirs de ce à quoi je pensais quand je m'ennuyais. C'était des rêveries. Comme je me suis beaucoup ennuyé enfant, peut-être que ça a contribué à développer mon imaginaire. Dès qu'il n'y a plus d'écran, c'est assez merveilleux."
Le prochain spectacle de la compagnie sera sur un thème tout aussi philosophique : l'échec.