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Pass vaccinal : Valentin a voté contre, Vigier s'est abstenu

Par . . jeu 06/01/2022 - 11:01 , Mise à jour le 06/01/2022 à 11:01

Les traits tirés par trois jours et deux nuits de vifs débats, les deux députés de la Haute-Loire expliquent les motivations derrière leurs votes.

La transformation du pass sanitaire en pass vaccinal a été adoptée, tôt ce jeudi matin (5h25), à l’Assemblée nationale après trois jours de débats houleux et deux nuits mouvementées : 214 voix pour, 93 voix contre dont la député du Puy – Yssingeaux Isabelle Valentin et 27 abstentions dont Jean-Pierre Vigier pour Le Puy - Brioude.

> Voir le texte adopté en 1ère lecture

Dès 12 ans, un test négatif ne suffira donc plus dans les lieux où le pass sanitaire est demandé, à part pour entrer dans les établissements de santé.
Pour les sorties scolaires et périscolaires, le pass vaccinal sera obligatoire à partir de 16 ans et non 12 finalement.
Les contrôles pour les faux pass sanitaires sont renforcés (ils seraient au nombre de 200 000). Les députés LR comptent saisir le Conseil constitutionnel au sujet de ces contrôles. Le groupe était très divisé sur le vote d'ensemble du projet de loi : 28 pour, 24 contre et 22 abstentions.

Jean-Pierre Vigier explique son abstention : "Je suis résolument favorable à la vaccination qui protège des formes graves de la maladie. Cependant, les conditions de mise en place du pass vaccinal prévues dans le projet de loi ne sont pas satisfaisantes. Aussi, lors du vote cette nuit, j’ai voté contre l’article 1er qui instaure ce pass vaccinal". 
Même si l'opposition a fait reculer le Gouvernement sur l’instauration du pass vaccinal pour l’accès aux sorties scolaires et aux activités périscolaires et extrascolaires pour les 12 - 16 ans, "le Gouvernement aurait dû faire preuve de davantage d’écoute en prenant en compte les propositions de l’opposition", selon le député de la moitié Ouest de la Haute-Loire. 

Pour ou contre la vaccination, ce n'est pas la question

Celui-ci précise qu'il n'a pas voulu "rentrer dans le piège tendu par la majorité qui souhaitait que l’on se positionne pour ou contre la vaccination". Il s'est donc abstenu lors du vote général du projet de loi et promet d'être très attentif à son examen au Sénat "afin de rendre le texte plus cohérent et adapté".

Pour Jean-Pierre Vigier, l’impact sur les libertés publiques et le fonctionnement démocratique ne peut être négligé "alors que nous [les députés LR, Ndlr] avions demandé à l’automne dernier une clause de revoyure en janvier/février et que l’on ne peut prévoir la suite de la pandémie".

Quant aux propos tenus par le président de la République dans Le Parisien / Aujourd'hui en France, Isabelle Valentin se dit coquée que le chef de l'Etat s’immisce ainsi dans le débat parlementaire. "Nous avons assisté à une mascarade très bien initiée par la majorité et le gouvernement. J’appellerais ça de la manipulation et de la manigance politique. Les députés ne sont pas là pour « emmerder » les Francais, mais pour les représenter." Et d'appeler à trouver une cohésion sociale pour éviter une France fracturée. "Nous travaillons de concert avec Jean-Pierre Vigier pour tenter de trouver les meilleures solutions pour apaiser les tensions que pourrait provoquer ce texte, indique la députée. Nous avons une énorme responsabilité, et ne voulons surtout pas stigmatiser soit les uns soit les autres".

"Présents dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale tout au long des débats du projet de loi renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire, les députés de Haute-Loire Isabelle Valentin et Jean-Pierre Vigier ont exprimé leur regret quant à la méthode employée par le Gouvernement en vue de la mise en place du pass vaccinal.

Les deux parlementaires rappellent tout d’abord leur engagement constant et permanent en faveur de la vaccination. C’est un fait scientifiquement prouvé : la vaccination protège des formes graves de la maladie et permet ainsi de préserver sa propre santé et celle des autres. Aussi, Isabelle Valentin et Jean-Pierre Vigier encouragent tous les Français à se faire vacciner.

Pour autant, de la même façon que les députés avaient dénoncé les modalités d’introduction du pass sanitaire, la manière dont est mis en place le pass vaccinal ne peut être considérée comme satisfaisante. Pour eux il est essentiel de convaincre et de non de contraindre. 

En effet, compte tenu des modalités d’application prévues dans le projet de loi, ce pass vaccinal, qui ne sera valable qu’avec un schéma vaccinal complet, constitue une façon détournée d’obliger les Français à se vacciner. Ainsi, ils ont voté contre l’article 1er du projet de loi, qui instaure le pass vaccinal.

Par ailleurs, plus globalement, alors que cette crise a commencé depuis bientôt 2 ans, que les parlementaires avaient demandé à l’automne dernier une clause de revoyure en janvier/février – ce qui aurait été bien utile – et que nul ne peut prévoir la suite de la pandémie, l’impact sur nos libertés publiques et le fonctionnement de notre démocratie ne peut être négligé : on ne peut s’habituer à vivre dans un régime d’exception de façon perpétuelle. 

Les propos du président de la République ont également profondément choqué les Français et heurté un certain nombre de députés : comment un président de la République peut-il à ce point stigmatiser une partie de nos compatriotes ? En tant qu’élus nous avons le devoir et la volonté de protéger tous les Français sans fracturer notre société déjà bien fragile.  

Enfin, les députés de Haute-Loire dénoncent l’absence de prise en compte, de la part du Gouvernement, de la grande majorité des propositions de l’opposition.

Si les députés ont réussi à faire supprimer du projet de loi l’instauration du pass vaccinal pour l’accès aux sorties scolaires, et à l’ensemble des activités périscolaires et extrascolaires des moins de 16 ans, le sens des responsabilités du Gouvernement aurait dû le conduire à entendre de façon beaucoup plus apaisée les suggestions exprimées par les représentants de la Nation.

Même si les députés sont parfaitement conscients de la difficulté de gestion d’une telle crise, ce texte a manqué de concertation et d’anticipation. 

Compte tenu de ces éléments, alors qu’Isabelle Valentin a voté contre ce projet de loi et que Jean-Pierre Vigier s’est abstenu, les deux députés espèrent désormais que le Sénat modifiera ce texte en profondeur afin de le rendre plus cohérent."

Après examen par les sénateurs à majorité de droite (pour la Haute-Loire Laurent Duplomb y est opposé, Olivier Cigolotti ne s'est pas exprimé), le texte devrait entrer en vigueur peu après la mi-janvier.