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La recette de Régis Marcon pour épicer la formation professionnelle

lun 26/02/2018 - 12:20 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:51

Comme l'avait annoncé Zoomdici en novembre dernier, le chef étoile Régis Marcon a été mandaté par le gouvernement pour revaloriser la formation professionnelle. 
C'est en binôme avec la députée Céline Calvez (LREM) que Régis Marcon a mené ces travaux "pour transformer la voie professionnelle, la rendre plus attractive et plus efficace, avec des diplômes rénovés", nous confiait-il à l'automne dernier.
Des travaux qui ont été menés en lien avec la concertation sur l’apprentissage conduite par le ministère du Travail et l’évolution du baccalauréat. 

"C'est maintenant que ça commence"
"On est à un moment où l'on voit que l'on va pouvoir y arriver et que chacun a envie d'y arriver", déclare Régis Marcon, le cuisinier restaurateur 3 étoiles Michelin, qui a ouvert sa propre école en 1982 et qui, depuis quarante ans, a formé de nombreux apprentis et stagiaires. "On sent qu'il y a un mouvement", poursuit-il, "quand on rencontre les enseignants, les proviseurs, les professionnels, ils sont en attente. Notre rapport ne va pas tout changer mais c'est maintenant que ça commence".
De 2011 à 2013, Régis Marcon a été désigné pour une mission visant à développer l’apprentissage dans le domaine de l’hôtellerie-restauration. Sa devise pour la formation de jeunes : donner envie, donner confiance, donner l’exemple.

  • Découvrez ci-dessous la vidéo de la remise du rapport par Cécile Calvez et Régis Marcon : 

----Alors que près de 20 % des 15-24 ans sont demandeurs d’emploi, il y aurait 300 000 postes non pourvus sur le marché du travail. "On ne peut se satisfaire de ce constat", reprennent en choeur les différents acteurs.
-----"Il faut en finir avec les orientations par l'échec"
On considère aujourd'hui qu'un tiers des lycéens (soit environ 700 000) s'oriente vers une voie professionnelle, selon les données du Ministère de l'Education nationale en février 2018. Si pour beaucoup il s'agit d'un choix, certaines familles le perçoivent encore comme une sorte d'échec et on constate d'ailleurs que les élèves ont souvent au moins une année de retard (75,1 % des élèves de première année de CAP et 45,8 % des élèves de seconde professionnelle).
"Il faut en finir avec les orientations par l'échec", estime le chef altiligérien, alors que le constat émanait déjà du Ministre Jean-Michel Blanquer : "l'orientation vers l'enseignement professionnel se fait par défaut. Le CAP n'a pas été rénové en profondeur depuis plusieurs décennies, alors qu'il concentre souvent les élèves les plus en difficulté. La voie professionnele concentre donc une bonne partie de la difficulté scolaire, touchant notamment les élèves issus de milieux modestes", pouvait-on lire dans la lettre de mission adressée  à Céline Calvez et Régis Marcon.

Des formations variées... et sexuées
Les formations, variées, comptent plus de 300 spécialités (200 de CAP et 100 de bac pro). Mais trois spécialités accueillent à elles seules deux tiers des élèves : gestion-administration, commerce et accompagnement, soins et services à la personne.
Souffrant encore de stéréotypes, les formations demeurent très sexuées : la production est réservée à 80 % aux garçons quand les services le sont, dans les mêmes proportions, pour les filles. 

Les principaux objectifs et leviers pour transformer la voie professionnelle
Pour viser l'excellence et rénover la voie professionnelle, le rapport s'appuie sur trois objectifs : une attractivité retrouvée, une efficacité accrue et une ouverture possible vers d'auters parcours. "L’enjeu de la représentation des métiers est crucial. C’est, par exemple, tout le travail mené autour du métier de chaudronnier. Derrière ce terme aux accents désuets, se cache pourtant un métier d’avenir dont les futurs professionnels participeront peut être à la construction d’un engin spatial. Il faut travailler sur ces représentations en informant mieux les élèves et leurs familles", est-il mentionné dans le rapport.
Concernant l'efficacité, il est préconisé de réinventer l’alternance : "il faut se demander quel est, pour chaque élève, le bon rythme d’alternance à adopter et quelles dimensions donner au triptyque élève - enseignant - tuteur". L’efficacité doit pouvoir se mesurer et la voie professionnelle vise aussi bien l’insertion professionnelle que la poursuite d’études. "Il faut mesurer son efficacité en tenant compte de ces deux objectifs", conseillent les deux rapporteurs. 
Enfin pour le troisième objectif et l'ouverture possible vers d’autres parcours, ce sont une mixité des parcours et des publics, une mobilité géographique et culturelle et une ouverture vers les défis et projets de société qui sont au coeur du rapport.

>> Le détail des 87 pages du rapport est consultable ici