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En Haute-Loire, les dispositifs favorisant le maintien à domicile illustrent la volonté de permettre aux personnes âgées de vieillir chez elles. Mais lorsque les fragilités s’installent, la question du lieu de vie se heurte à la réalité au grand âge. À travers trois prise en charge, Zoomdici explore les choix qui jalonnent cette étape inévitable du parcours de vie.
En Haute-Loire, la maison demeure le premier refuge de toute une vie, empreint de souvenirs et d'histoire. Pourtant, à mesure que l'âge avance et que s'installent les fragilités, la question du lieu de vie se pose immanquablement. Une réflexion grandissante avec près de 10 millions de personnes âgées de plus de 70 ans sur tout le pays. Et un chiffre qui impose un choix personnel, nécessité médicale et réalité sociale.
Tendance au maintien à domicile
En Haute-Loire, la majorité des aides sociales pour les personnes âgées sont attribuées pour rester chez soi. Un rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), en date de 2021, indique que sur les aides aux personnes âgées de 60 ans et plus :
– 6 530 bénéficiaires de l'allocation personnalisée d’autonomie (APA), qui aide à financer le maintien à domicile ou en établissement ;
– 542 aides sociales à l’hébergement en établissement, dont 479 en EHPAD.
Heureusement, la Haute-Loire dispose d’un panel étendu de structures qui proposent des services d’aide et de soins à domicile comme l'ADMR, Amaëlles UNA, 3S Sérénité... Des prestations à domicile qui permettent des soins infirmiers à domicile, ainsi que de l’aide pour les tâches quotidiennes : ménage, repas, course…
Des prestations à domicile privilégiées
Installée depuis plus de 70 ans, L'ADMR fait partie des associations qui participent au maintien à domicile, et cela même quand les personnes se trouvent en zone rurale, souvent isolées.
Un secteur d'activité qui a longtemps souffert d'un manque d’effectifs, dû aux conditions de travail. Aujourd'hui l'heure est à l'amélioration avec le déploiement du travail en équipes, de mise en disposition de véhicules de services et de fonction ainsi qu'un accompagnement des nouveaux salariés par les référents.
« La situation au niveau national s’améliore et que nous recrutons plus facilement depuis la rentrée 2024 », explique Renaud Bufferne, responsable communication et animation du réseau au sein de la Fédération ADMR Haute-Loire. L'ADMR de Haute-Loire compte 59 associations locales avec près de 1 200 salariés qui travaillent majoritairement dans l’accompagnement des personnes âgées mais pas seulement.
« Ils se rendent pas forcément compte des difficultés qu'ils rencontrent » explique une cadre de santé
Quand l'autonomie s'altère
L’EHPAD se compose principalement de personnes âgées dépendantes, nécessitant une présence et un accompagnement trop importants pour être assurées à domicile. Les résidents ne sont pas tous « malades » mais souffrent de perte d’autonomie, ce qui rend le maintien à domicile difficile, voire impossible.
Implanté en milieu rural, l’établissement interrogé est situé sur la commune de Laussonne. Il accueille 57 résidents. « C'est quand même essentiellement des personnes qui ont besoin d'être suivi », explique la cadre de santé à l’EHPAD de Laussonne.
L'accueil en maison de retraite est le plus souvent décidé par les familles, en particulier lorsque la personne âgée présente des troubles cognitifs (mémoire, orientation dans le temps et l’espace). Les futurs résidents n’ont pas toujours conscience de leurs difficultés et se pensent capables de gérer seuls leur quotidien, « Ils se rendent pas forcément compte des difficultés qu'ils rencontrent », explique une cadre de santé.
Souvent mal estimé, l’EHPAD se relève être un lieu de vie avant d’être un lieu de soin, « Ça rompt aussi un peu l'isolement que les personnes peuvent avoir quand elles sont à domicile », explique la cadre de santé. Les résidents retrouvent un lien social, à travers les échanges avec les autres résidents, le personnel et les différentes activités proposées, ce qui permet parfois un véritable regain de motivation.
L’entrée en EHPAD reste néanmoins une étape difficile, car elle symbolise la perte d’autonomie et pose aussi la question du prix « les proches y réfléchissent à deux fois avant de rentrer en Ehpad au vu du coût que cela représente », souligne une cadre de santé.
« On est vraiment un dispositif intermédiaire entre le domicile et l'EHPAD. » Tessa Quinkal
Recréer un foyer adapté
De nouvelles initiatives fleurissent ça et là, pour proposer une offre entre le maintien à domicile et des suivis professionnels semblables à ceux proposer en l’EHPAD.
Destiné à des personnes en perte d’autonomie légère à modérée, y compris atteintes de maladies dégénératives, ce modèle favorise la participation et la préservation de l’autonomie. « Nous travaillons essentiellement avec des professionnels expérimentés qui prennent soin des anciennes aides-soignantes, auxiliaires de vie ou infirmières qui ont décidé de donner une nouvelle dimension à leur vocation », explique Tessa Quinkal, responsable communication de Monsenior.
La création des hameaux devrait se concrétiser au cours de l’année 2026 de leur installation. A Costaros une maison est déjà opérationnelle, viendront ensuite Coubon, Le Pertuis, Saint-Julien-du-Pinet, Rosières, Brioude ou encore Sainte-Florine.
Attachée à un lieu, à une histoire ou encore à des souvernirs , la maison reste le repère rassurant. Elle est aussi le symbole d’une autonomie patiemment construite au fil des années. Pourtant, au grand âge, ce refuge peut devenir plus fragile, où le maintien à domicile n’est plus toujours synonyme de liberté.
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