Une nouvelle réunion en guise de trait d'union entre les deux Régions

ven 05/06/2015 - 18:51 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:34

Actée définitivement par un vote de l’Assemblée nationale le 17 décembre 2014, la loi entrera en vigueur le 1er janvier 2016. Les élections, prévues initialement en mars 2015, ont été repoussées à décembre.
Mais pas question d'attendre cette échéance pour mettre en place la fusion des deux régions et les deux exécutifs ont déjà mené quelques chantiers en commun, et projettent d'en mener d'autres à terme dans une perspective de construction de la future grande Région. "Notre union est souvent citée en exemple au niveau national", se félicitent les deux élus.

Le climat au coeur des préoccupations
Transports, développement économique et emploi, formation professionnelle, apprentissage, recherche, coopération, environnement, vivre-ensemble, sport, continuité du service public sont autant de thématiques qui ont été travaillées ces douze derniers mois. Parmi ces projets, certains ont été mis en exergue par les deux Présidents PS sortants.
D'abord la création d'une agence régionale de la Biodiversité et d'un GIEC régional (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Ces deux structures devraient être effectives le lundi 29 juin : elles permettront de réaliser un inventaire des initiatives existantes et proposeront des orientations pour l’approfondissement des recherches sur l’observation scientifique du climat à l’échelle de la future grande région.

----En terme de transport, la liaison ferro­viaire directe entre Clermont-­Ferrand et Lyon verra le jour en dé­cembre prochain, à raison d'un aller-retour par jour. Dès 2017, le service devrait être doublé avec deux trains directs reliant les deux métropoles en 2h11.-----Le sport comme moteur
Enfin, les deux Présidents souhaitent "porter l’ambition d’un leadership sportif à l’échelle européenne", en s’ap­puyant notamment sur les Creps (centre régional d'éducation physique et sportive), dont celui de Vichy qui serait transféré de l’État à la future Région. La future Région Auvergne Rhône-Alpes sera en effet l’une des premières Régions sportives européenne, avec 186 ligues et comités régionaux, plus de 21 000 clubs, deux millions de licenciés, plus de 2 000 sportifs de haut niveau, 100 000 emplois directs et indirects et un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros.
L'idée sera de s'appuyer sur les atouts des territoires déjà reconnus pour leur expertise (en particulier les activités de pleine nature) et améliorer l’offre de formation professionnalisante, l’accueil des pôles sportifs de haut niveau, l’expertise scientifique, l’emploi et le développement économique de la filière sport. Il s’agit également de donner une place particulière à l’agglomération clermontoise et à la métropole lyonnaise, où nombre de fédérations françaises souhaitent installer ou développer leur pôle France ou espoir.
L’enseignement supérieur (filières STAPS en particulier) trouvera une place importante dans le dispositif, le taux de professionnalisation pour des emplois pérennes et non délocalisables restant une particularité de l’offre de formation (management, entrainement, encadrement) de notre région.

Une union à tous les niveaux
Depuis un an, de nombreux chantiers préparant l’union ont été lancés : une méthodologie de travail privilégiant information et concertation, des dispositifs internes aux 2 collectivités pour assurer une continuité du service public au 1er janvier 2016 et des mesures communes ont été prises dans une perspective de construction de la future grande Région. "Information et concertation sont les deux maîtres-mots qui ont prévalu dans la préparation de l’Union, à tous les niveaux : politiques, administratifs, économiques, institutionnels etc", ont souligné les deux Présidents en préambule de cette réunion.
Pour appuyer leur propos, on peut citer le comité de pilotage commun aux deux Régions actuelles comprenant les deux présidents, les deux Directeurs généraux des services (DGS) et les deux Directeurs de cabinet, un comité technique sous l’autorité des 2 DGS ou encore un comité de suivi Auvergne (également instauré en Rhône-Alpes) comprenant des représentants de l’ensemble des groupes politiques du Conseil régional pour permettre d’assurer le suivi de l’avancée des travaux (élus répartis à la proportionnelle des groupes).

Garantir la continuité de service public au 1er janvier 2016
Depuis un an, l’exigence de continuité a procédé à un travail administratif commun aux deux Régions pour aborder au mieux l’échéance du 1er janvier 2016. Il a consisté notamment en l’analyse qualitative des politiques publiques Auvergne et Rhône-Alpes. Ces travaux font suite à l’état des lieux quantitatif des politiques et fonctions supports, réalisé entre juillet et novembre 2014.
Il a également fallu ouvrir les chantiers sur les fonctions supports, principalement les directions des moyens généraux, ressources humaines, système d’information, finances, juridiques et la direction en charge du circuit délibératif. Assurant que "la transition sera assurée", René Souchon a ajouté : "il n'y aura pas de hiatus le 1er janvier prochain, les personnels seront payés et les contrats respectés".

Quel sort réservé aux 8 000 agents ?
Reste à savoir quel sort sera réservé aux 8 000 agents de la future grande région. "Il y aura très peu de mutation de personnel et presque tout sera décentralisé", assure René Souchon. Les deux exécutifs ont lancé cette année un travail de mise à plat des politiques publi­ques dans les deux collec­tivités et ouvert le chantier des fonctions supports. Un intranet a été créé pour que les agents puissent pos­tuler dès à présent sur un poste dans l’une ou l’autre des deux régions.
Un groupement de comman­des commun pour les marchés publics a également été institué afin de réaliser des économies d'échelle. Mais bien des questions restent en suspens, de la convergence des politiques publiques à l’harmonisa­tion des régimes indemni­taires des agents. Ce sera au futur exécutif de trancher et il faudra au mieux trois à cinq ans pour y ar­river.

Que va devenir l'Hôtel de Région à Clermont-Ferrand ?
Régulièrement décrié par l'opposition, on peut également s'interroger quel sera l'avenir du nouvel Hôtel de Région auvergnat, inauguré fin juin 2014 et dont la facture s'élève à 80 millions d'euros (65,8 millions après récupération de la TVA). "Il est régulièrement sollicité pour diverses manifestations", répond le Président auvergnat.
Son homologue rhônalpin se montre solidaire : "notre Hôtel de Région Rhône-Alpes, à Lyon, n'est utilisé qu'à 10 % pour des événements concernant le Conseil régional, le reste du temps, il est loué pour d'autres types d'événements". On y recense environ 250 manifestations par an.

Des présences communes aux manifestations d'envergure
La future grande région Rhône-Alpes Auvergne sera la première région de montagne d'Europe et il a été décidé d'organiser au Mont Gerbier de Jonc, symbole du rapprochement entre les deux régions, le troisième Conseil Montagne 2040 le samedi 27 juin. Deux jours après, les 204 élus, réunis en session dans leurs assemblées respectives, seront reliés par visioconférence afin de faire le point sur le processus de rapprochement.
Les deux régions vont donc continuer la mutualisation des services en ayant notamment une présence commune à plusieurs manifestations d’envergure, comme ce fut la cas à l'exposition universelle de Milan 2015. Ce sera de nouveau le cas au salon de l'aéronautique et de l'espace (le Bourget, du 15 au 21 juin), "on sera ainsi la deuxième grande région dans ce secteur (ndlr : après Midi Pyrénnés)", se félicite Jean-Jack Queyranne. Dans le même registre, l'antenne régionale de l'Auvergne déménagera, fin 2015, dans les locaux de la délégation rhônalpine à Bruxelles.

Maxime Pitavy

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