Une mobilisation au Puy pour la levée du confinement

jeu 05/11/2020 - 13:56 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:08

Le CL2R (Comité Local de Reconquête et de Résistance), composé de citoyens, Gilets jaunes et adhérents de syndicats, organise par le biais de leur « Comité des signataires pour le rétablissement des libertés individuelles et collectives » une manifestation exigeant la levée du confinement actuellement en place en Haute-Loire et partout en France.

Le mouvement, fort de 135 signataires où tous les corps de métiers et sensibilités sont représentés, a reçu, au préalable, l’accord de la préfecture pour déambuler dans les rues de la cité ponote. « Il faut simplement qu’ils respectent les gestes barrières notamment la distanciation physique d’un mètre entre chaque personne, souligne la communication de la préfecture. Les événements revendicatifs ne sont pas interdits. Mais si les consignes ne respectent pas le décret sur les mesures sanitaires, ou si il y a des débordements, alors la mobilisation devra être dissolue ».

Pour dénoncer la situation sociale dans les hôpitaux
Les signataires de l’appel pour le rétablissement des libertés et la levée de l’état d’exception accusent le fait que le Gouvernement, au nom de la situation sanitaire, remet en cause des libertés individuelles et collectives avec la remise en place du confinement. « Face à la pénurie dans les hôpitaux, le Gouvernement continue de refuser de répondre aux revendications des personnels qui veulent la création de postes et la réouverture des lits, peut-on lire sur le tract. Le mouvement s’indigne de la déclaration du 1er ministre indiquant que l’augmentation du nombre de lits en réanimation n’est pas la solution ». Or, d’après les acteurs de cette manifestation, plus il y a de lits dans ce service moins il y a de décès.

Pas assez de dépistages systématiques selon eux
Les participants déplorent aussi le fait que le Gouvernement se refuserait à mettre en place un dépistage organisé et méthodique, « permettant de traiter sans délai les porteurs du virus en leur apportant immédiatement les soins. » D’après eux, le ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer, se refuse à organiser le dépistage systématique des 800 000 enseignants et des millions d’élèves qui sont rentrés en classe le 2 novembre. Ils soulignent également la réalité des transports en commun où des milliers de voyageurs s’entassent « sans que cela ne gène le Gouvernement ».

« Une crise avant tout hospitalière et non une crise sanitaire »
« Il s’agit donc d’une crise avant tout hospitalière et non d’une crise sanitaire comme voudrait nous faire croire le Gouvernement », est-il mis en exergue dans le tract. Selon les manifestants, le Gouvernement veut culpabiliser la population pour masquer les responsabilités des décideurs politiques « notamment dans le démantèlement des hôpitaux avec 7 500 lits supprimés ».

Des décisions gouvernementales au profit de la Finance ?
« Le Gouvernement utilise la crise sanitaire pour distribuer sans contrôle des fonds publics, 100 milliards d’euros, au profit des grosses entreprises, des banques et de la finance sans aucune exigence de l’emploi », est-il encore mentionné dans le document. Les participants à cette mobilisation considèrent, toujours d’après leurs dires, que « les mesures liberticides prises par le Gouvernement n’ont rien à voir avec la lutte scientifique contre le virus mais beaucoup plus avec la défense des intérêts de la finance au détriment des salariés et de la population ».

Détruire la présence des syndicats et des représentants du personnel
Ils s’insurgent de la disparition des petits commerçants de centre-ville et l’énorme coup porté sur les artisans. « Le Gouvernement s’est arrogé le pouvoir de décider des dérogations au code du travail, en particulier pour permettre le rallongement de la durée hebdomadaire du temps de travail, en remettant en cause les instances de représentation des personnels ». Pour résumer la motivation des initiateurs, la crise sanitaire serait en fait un prétexte pour sabrer les libertés individuelles et collectives des citoyens et des secteurs d’activités très sensibles comme celui de la santé et des centres de soins.

Deux réactions face à cet appel à manifester
Jean-Williams Semeraro, écrivain et ancien Inspecteur de l’académie de la Haute-Loire :
« Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une situation où le civisme doit prendre le pas sur d’autres considérations. Plusieurs comportements peuvent se manifester, à nous de choisir celui qui est le plus proche de nos valeurs et convictions, en évitant les pièges dans lesquels nous plongent l’hyper-communication et une information folle à de nombreux points de vue.

Tout d’abord, les théories du complot. Essayons de réfléchir et de penser ensemble. Quel Gouvernement volontairement arrêterait l’activité d’un pays au prétexte d’asservir sa population et la rendre vulnérable ? Restons sérieux ! Quel homme politique, quel décideur dans cette situation serait prêt à prendre des décisions qui mettraient en péril notre modèle social et notre démocratie ? Restons réalistes ! 

Nous devons rester unis et solidaires, toute en essayant malgré nos doutes et nos craintes, de faire confiance à tous ceux qui déploient une énergie colossale pour nous soigner, nous préserver et nous gouverner. Une fois cette page tournée, nous pourrons alors dresser un bilan, en tirer des constats et renouveler ou pas notre confiance dans le cadre de notre démocratie.»

Azelma Sigaux, écrivaine et militante écologiste et justice sociale :
« J’ai peur que les Ponots ne retiennent seulement qu’il y a eu une manifestation contre le confinement, et donc contre la sécurité sanitaire des Altiligériens. Il n’en est rien, et c’est pourquoi je serai présente à cet événement : si je milite aujourd’hui, ce n’est pas contre le confinement en lui-même, qui d'ailleurs n'en est pas vraiment un et s’avérera certainement à la fois insuffisant et tardif, et donc inefficace, mais le fait qu'on aurait pu s'en passer, si seulement on n'avait pas détruit l’hôpital public.

Ce que je condamne, ce n'est pas les mesures sanitaires, c'est l'utilisation de la situation sanitaire pour faire passer des lois restrictives de liberté. Pour le Gouvernement, il est bon de trouver des ennemis communs (virus, terrorisme) pour imposer davantage de contrôle sur son peuple et enrichir les puissants de ce monde, au détriment des classes populaires et des petits commerçants.

Moi-même, en tant qu’écrivaine, je subis de plein fouet les conséquences du confinement. Sans événements littéraires, sans marchés, sans librairies, je suis vouée à attendre d’Amazon qu’il vende mes livres. Je le refuse et le déplore ».

Nicolas Defay

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