Tudip : de quoi faire avancer le schmilblick

lun 19/09/2016 - 17:16 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:43

Ils sont restés plus d'une heure dans les bureaux de la boutique Tudip. Ce vendredi 16 septembre 2016, une délégation de parents d'élèves de la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves des Ecoles Publiques de la Haute-Loire) a profité de l'ouverture de la permanence hebdomadaire, les vendredis matins de 10 heures à 12 heures, pour égréner leurs doléances depuis la refonte du réseau de bus urbains de l'agglomération du Puy-en-Velay cet été.
Pendant qu'un usager est reçu avant eux, un parent d'élève non adhérent qui les accompagne confie son étonnement de ne pas voir plus de personnes pour cette initiative. Sur le mode "les gens se plaignent mais ne font rien", il hausse les épaule. Il faut dire que la permanence est placée pendant les heures de bureaux.
Arrive le tour de la délégation. Dans une pièce derrière les guichets, les parents d'élèves sont accueillis par Jean-Paul Bringer, vice-président de la Communauté d'agglomération du Puy-en-Velay en charge des transports, Dominique Malaval, chef de service et M. Monnier des services techniques.
Après un appel aux parents d'élèves à signaler leurs doléances via les réseaux sociaux, la délégation est venue avec un courrier à la main, adressée à Jean-Paul Bringer (voir ci-dessous*).
Outre les retards qui engendrent des problèmes d'organisation et de sécurisation des établissements en période Vigipirate, Véronique Noura, la secrétaire départementale de la FCPE, s'inquiète pour la sécurité des élèves.

Mais Véronique Noura ne jette pas le bébé avec l'eau du bain.

A la sortie de l'entretien, plus d'une heure plus tard, la délégation est satisfaite. "On peut se féliciter de l'accueil qui nous a été réservé, confie Véronique Noura. Nos doléances ont été entendues. Des améliorations seront faites dans les mois à venir." Parmi ces aménagements prochains, quelques lignes sont en cours de réflexion comme celles reliant le centre-ville à l'Ermitage ou à Guitard.
De son côté, Jean-Paul Bringer se dit satisfait, lui aussi, d'un dialogue "très constructif", sans oublier de préciser qu'il était "très content de les rencontrer car jusqu'ici ils s'étaient exprimés publiquement mais n'avaient pas sollicité de rendez-vous". Le vice-président de l'agglo les a invités à diffuser cette adresse e-mail (marie.france.simon@lepuyenvelay.fr) pour que tout un chacun puisse envoyer les éléments concrets des problèmes qu'ils rencontrent sur le réseau urbain "car l'association n'avait pas forcément les éléments précis".

La navette PEI - Michelet désormais active
Reconnaissant que la nouvelle organisation des Tudip est encore en phase expérimentale, il rappelle que "chaque année en septembre, le regain de circulation entraîne des perturbations en termes de timing, même si, cette année, elles sont amplifiées". Et d'inviter les usagers à "revoir leurs habitudes" pour avoir une réflexion d'ensemble, exemple à l'appui : "Avant, une personne partant de Blavozy pour rejoindre le lycée Jean Monnet passait par la place Michelet. Aujourd'hui, c'est le Pôle d'échange intermodal. Mais en fait, elle peut prendre le bus de Taulhac qui la ramène à Jean Monnet."
----"Avant, tous les bus s'arrêtaient place Michelet. Beaucoup de personnes croient que ce n'est plus le cas, mais beaucoup de lignes s'y arrêtent encore." Jean-Paul Bringer-----Pour répondre au reproche des timings engendrant des retards pour les scolaires, l'élu estime que les timings ont très peu changé si ce n'est le déplacement supplémentaire entre le Pôle d'échange intermodal (PEI) et la place Michelet. La navette annoncée le 5 septembre par voie de presse doit résoudre ce problème. Elle n'a pas pu être mise en place jusqu'à maintenant. Elle est active depuis ce lundi 19 septembre.

"On ne pourra pas faire du sur-mesure"
Parallèlement, depuis la semaine dernière, Jean-Paul Bringer et son équipe a commencé à prendre contact avec tous les chefs d'établissements du secondaire. "La difficulté c'est qu'ils n'ont pas tous les mêmes horaires, souligne-t-il, et on ne pourra pas faire du sur-mesure". Au passage, il précise avoir eu le proviseur du lycée Simone Weil au téléphone qui lui a affirmé que les nouveaux horaires étaient plus avantageux pour son établissement.

Améliorer le cheminement piéton autour du PEI
Quant à la sécurité autour du PEI, pointée du doigt par la FCPE, le vice-président de l'agglo estime qu'il est bien plus sécurisé que la place Michelet où l'on voyait "un foisonnement d'enfants qui traversaient partout". En revanche, il dit travailler avec le maire Michel Chapuis et Caroline Barre, l'adjointe aux travaux, pour améliorer la piétonisation et éviter que les piétons ne prennent le mauvais cheminement vers le centre-ville. "Aujourd'hui, ils prennent le bon chemin mais ne traversent pas forcément au bon endroit à la Poste". Une piste cyclable doit également être créée sur ce trajet.
Concernant les abris au PEI, également dénoncés par la FCPE, Jean-Paul Bringer rappelle que tous les quais du PEI sont équipés d'abris alors que la place Michelet ne dispose que de deux abri-bus.

"Nous ne minimisons pas"
Enfin, malgré ce "dialogue très construtif" salué par les deux parties, la FCPE  émet un bémol : "Nous avons été un peu surpris de certaines réponses qui avaient parfois tendance à minorer les problèmes rencontrés par les élèves, que ce soit concernant les horaires ou les circuits", déplore Véronique Noura après l'entretien. Un sentiment partagé par de nombreux usagers à en juger par les nombreux commentaires négatifs postés sur les différents articles à ce sujet. "Nous ne minimisons pas", répond Jean-Paul Bringer qui reconnaît : "J'ai eu aussi des personnes qui m'ont interpellé. Je leur demande de venir me voir, à ma permamence les vendredis de 10 heures à 12 heures à la boutique Tudip, ou à un autre moment pour les personnes qui travaillent à ces horaires; je me rendrai disponible." Et de renvoyer à l'adresse e-mail de contact (marie.france.simon@lepuyenvelay.fr).
Les parents d'élèves, eux, se veulent confiants : "Bien évidemment, la FCPE restera vigilante et suivra ce dossier de près."

Annabel Walker

* Voir le courrier de la FCPE adressée à Jean-Paul Bringer, ce vendredi matin, et envoyé en copie à la préfecture et au Conseil départemental :

"Nous avons été alertés par nos adhérents suite aux multiples problèmes de transports causés par la création du Pôle d’échange intermodal et le déménagement du terminus des bus. Voici les points principaux :

Les élèves se trouvent confrontés à une incompatibilité d’horaires entre les transports et le début de leurs cours, de ce fait les établissements scolaires se sont vus contraints de modifier ceux-ci, ce qui à nos yeux est inadmissible. En effet, ne serait-il pas plutôt logique que ce soit la communauté d’agglomération qui adapte l’horaire des transports en fonction des établissements scolaires et non l’inverse ? Nous avons eu des remontées des enseignants comme quoi bon nombre d’élèves arrivent en retard (10 minutes) car les horaires ne sont absolument pas adaptés aux rentrées des cours. Certains internes se trouvent même contraints de traverser la ville avec leurs bagages n’ayant pas la possibilité de prendre une navette dans les temps. Ces retards posent également la question de la mise en place effective des mesures de sécurité applicables aux établissements scolaires (Vigipirate).

----Concernant l'école de Taulhac qui ne pouvait pas se rendre aux Fêtes Renaissance à cause des horaires des bus, Jean-Paul Bringer affirme qu'une solution a été trouvée avec l'école, les organisateurs du Roi de l'Oiseau et la régie des Tudip (RTCA). Ainsi toutes les écoles qui avaient prévu un déplacement à cette occasion ont pu l'effectuer, insiste l'élu.-----Le deuxième point est nettement plus grave puisqu’il touche à la sécurité des enfants. Les horaires de bus étant modifiés et réduits, les élèves de peur de ne pas être à l’heure pour prendre leurs bus mettent leur vie en danger en courant sur la voie publique et surtout en traversant à proximité des arrêts de bus (en dehors des passages piétons), sans faire attention !!!! Cela ne mérite-t-il pas un examen approfondi dans le but de modifier les horaires dans l’intérêt de la sécurité des enfants ?
L’attente étant assez longue pour certaines correspondances, comment cela va-t-il se passer cet hiver dans le froid ? Où les enfants pourront-ils s’abriter en attendant leur correspondance ?

Suite à l’annulation de la participation d’une école Ponote a des ateliers pédagogiques en raison des problèmes d’horaires de bus, nous craignons que ce type de problème ne se répète au cours de l’année scolaire. Si tel était le cas, nous nous verrions contraint d’en saisir l’Inspection Académique."

Pour prendre contact avec la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves des Ecoles Publiques de la Haute-Loire : 04-43-07-25-26 – fcpe43@9business.fr

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