Tireur d'Espaly : 15 mois de prison avec sursis et interdiction de port d'arme

, Mise à jour le 18/08/2026 à 11:30

Temps de lecture : 4 minutes

On se souvient que l'affaire avait fait grand bruit en avril lorsqu'un sexagénaire avait visé avec sa carabine des enfants du quartier de l'Arbousset à Espaly. Le tribunal s'est penché ce lundi 17 août sur ces événements et l'homme devait répondre des faits d’injures raciales et violence avec usage et menace d’une arme.


Dimanche 19 avril, le retraité était sorti de chez lui, armé de sa carabine et excédé par le bruit, avait tiré près d’un groupe d’enfants qui jouaient au ballon. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place par Zoomdici, l'individu, résident du quartier, n’en était pas à son premier incident, mais « C'est la première fois qu'il passait à l'acte avec une arme. » Les images montraient clairement l'homme en possession d'une arme en bas de l'immeuble.

Suite aux événement l’individu avait été interpellé, son arme saisi et son appartement perquisitionné.

Des menaces aux actes 

Depuis plusieurs mois, les habitants dénonçaient une dégradation du climat de vie et des tensions palpables. Une réelle peur face à cet homme qui faisait sa loi : il démontait un banc en bas de chez lui car les jeunes y passaient de long moments jusqu'à tard dans la nuit, un enfant qui faisait du vélo s’est vu retirer ce dernier par le prévenu qui l'a jeté plus loin. Une voisine indique avoir déménagé car elle avait peur pour ses enfants en bas âge. D’autres témoignages viendront dire que le passage à l’acte était prévisible au vu des menaces explicites qu’il criait dans son appartement « je vais leur tirer dessus »

Ce que révèle l’enquête

Ce jour-là, des enfants jouent devant l’immeuble de l’individu, le ballon part plus loin que prévu et un jeune garçon en visite dans sa famille court pour le récupérer. A ce moment-là, il se retrouve nez à nez avec l’homme armé d’une carabine qu’il porte au bras gauche. L’enfant retourne vers ses amis et les voit en panique, il sent à ce moment-là un sifflement tout près de lui. On vient de lui tirer dessus.

L’enquête de voisinage ainsi que l’écoute d’enregistrement et de visionnage de vidéos mettront en évidence que le prévenu avait acheté une carabine à air comprimée la semaine avant les faits. Des insultes racistes envers les enfants et les femmes du quartier ont été mis en évidence.

Les insultes racistes ont été clairement établies a confirmé le procureur. La présidente du tribunal, Emma Toucas, a martelé : « Les insultes racistes ne sont pas entendables en 2026 »

« Si on avait écouté au départ, on en serait jamais arrivé là »

Pour sa défense, le sexagénaire se défend tout d’abord en expliquant qu’il subit depuis plusieurs années le harcèlement du voisinage et particulièrement des enfants. Il parle de jet d’eau et de coups sur ses fenêtres, d’une boite aux lettres détériorée, un véhicule dégradé et des insultes qui fusent d’un côté comme de l’autre. Puis il accuse ouvertement l’OPAC de ne pas lui avoir proposé de le reloger, la mairie qui était prévenu des agissements envers sa personne ainsi que la police qui n’a jamais pris ses plaintes en considération.

Le prévenu rétorquera que « Si on ‘avait écouté au départ, on en serait jamais arrivé là ». Il parle également de la santé fragile de sa femme, du besoin de repos dont elle a besoin. Puis vient le tour des parents qui sont mis en cause sur l’éducation donnée à leurs enfants qui l’insultent. « C’est mon droit d’avoir une arme et si on m’embête je peux tirer » a déclaré le sexagénaire.

L’avocate du prévenu, Me Frédérique Grasset, a décrit un homme « fragile psychologiquement et physiquement », victime selon elle de « harcèlement » dans son quartier. « Il était une cible facile », a-t-elle plaidé.

Le jeune garçon visé âgé de dix ans souffre encore aujourd’hui du traumatisme d’avoir été confronté au réel de la mort, il a perdu le sommeil, fait des cauchemars, et a peur de sortir du domicile.

 Le verdict 

Le parquet avait requis 15 mois de prison avec trois ans de sursis probatoire, un réquisitoire qui n'a pas été suivi intégralement puisque l'homme a été finalement condamné à 15 mois de prison avec deux ans de sursis probatoire. La peine a été accompagnée d'une obligation de soins et d'une interdiction de port ou de détention d'arme pendant dix ans.

 

Vous aimerez aussi

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire

Je renseigne ma commune de préférence :

  • Accès prioritaire à du contenu en lien avec cette commune
  • Peut être différente de votre lieu de travail
Valider