Sur l'agglo du Puy, les caméras poussent comme des champignons

ven 04/07/2014 - 17:51 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:23

Les zones d'activité de Taulhac et Laprade ont été identifiées par les élus de l'agglo comme prioritaires, en adéquation avec les services de police et de gendarmerie. Il s’agit en effet de zones importantes en nombre d’entreprises (71 à Laprade et 49 à Taulhac) et proches de voies de circulation rapides (RN 88 et future voie de contournement).
De nombreux actes délictueux y ont été commis et plusieurs entrepreneurs de ces zones d'activité ont sollicité la mise en place d'un tel équipement, jugé dissuasif et permettant de limiter les vols et les dégradations. Installés en mai dernier, ces équipements permettent l'identification des plaques d'immatriculation, de jour comme de nuit. Les images enregistrées par les caméras de vidéo-protection sont visionnées seulement sur demande de la police ou sur décision de justice.

Toujours pas de caméras sur la RN 88 et un coût qui augmente pour l'agglo
Dans un premier temps, le dispositif mis en place par l'agglo en mai dernier (onze caméras sur les deux zones d'activités, principalement aux entrées et sorties des zones), devait être complété par quatre caméras sur la RN 88, à la charge des services de l'Etat. Mais "au dernier moment, l'Etat n'a pas eu les financements pour payer cette installation, alors qu'il s'agit de sa compétence puisque c'est une route nationale, ce qui a ajourné le dossier", constate le Président de la communauté d'agglomération du Puy Michel Joubert.
Un coup d'arrêt pour le projet défendu par les élus car "c'est un dispositif complémentaire", même si "on ne les exclut pas, on va essayer de patienter en attendant qu'il trouve le financement", ajoute-t-il. L'idée est en effet de sécuriser les abords de la zone et ainsi assurer une meilleure protection. Autre point noir dans ce projet, le coût de l'installation, qui coûtera finalement à la collectivité 81 341 € HT au lieu des 71 000 € prévus initialement. Après résultat de l'appel d'offre, le coût de l'opération a diminué, mais le pourcentage de subventions également (de 50 % à 40 %).

----L'agglo pourra-t-elle assumée seule le financement d'un tel dispositif ? "Si on doit vraiment les multiplier, on pourra peut être envisager de solliciter une contribution des entreprises protégées, mais pour le moment, les entreprises paient leurs taxes et impôts donc c'est à nous d'utiliser à bon escient cet argent pour les sécuriser".-----Un dispositif voué à s'étendre à toutes les zones d'activités... même sans subventions ?
Lors du dernier conseil communautaire, il a été décidé de lancer une étude et de demander des financements pour les zones de Chaspuzac, de Polignac, de Corsac et des Fangeas. Le but est "d'aller le plus vite possible" pour développer le dispositif mais on procède étape par étape, et un nouvel appel d'offre sera lancé pour les prochaines caméras. Problème : les élus craignent de ne plus avoir la moindre subvention pour la suite du programme.
Suffisant pour l'interrompre ? "Non, non", répond aussitôt le Président de l'agglo, "on va quand même les mettre, c'est indispensable mais on réfléchira peut être à en mettre un peu moins que prévu, ou à les étaler davantage dans le temps mais l'objectif c'est de les mettre partout". Autrement dit, quoi qu'il arrive, le dispositif est appellé à s'étendre "avec l'objectf de couvrir toutes les zones d'activités de l'agglomération du Puy".

----Longtemps assimilée aux métropoles, la vidéo protection s'avère en réalité plus efficace dans les collectivités de moyenne importance et dans les zones rurales, où l'on ne retrouve pas l'anonymat des grandes agglomérations qui facilite certaines déviances.-----Pour les professionnels, "plus il y en aura et mieux ce sera"
Pour l'élu, c'est un système de protection indispensable : "c'est un moyen de repérage, je sais bien que ça ne garantit pas à 100 %, mais on sait qu'il y a des résultats et plusieurs entrepreneurs l'ont déjà mis en place en interne chez eux". Nous avons justement contacté David Cros, co-gérant de la jardinerie Delbard à Blavozy. Victime d'un cambriolage en 2009, il a installé un système d'alarme depuis. Pour lui, le système mis en place par l'agglo "semble efficace, mais il faudra voir au premier problème qui se présente".
Sur cette zone d'activités, ils ne sont que deux magasins (sur 71 entreprises). La demande de vidéo-protection émane donc principalement des industriels mais David Cros considère tout de même que "c'est une bonne initiative", avant de conclure : "c'est un outil de prévention qui doit dissuader. Plus il y en aura et mieux ce sera".

Maxime Pitavy

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