Soupe solidaire : une recette pour lutter contre le gaspillage alimentaire

dim 27/01/2019 - 16:06 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:55

Ouvrir sa poubelle n'est, désormais, plus un geste anodin. D'abord parce qu'on prête plus attention -- et ce même s'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir dans ce domaine-là -- à ce que le contenu soit placé dans le bon contenant, mais aussi parce que le gaspillage et notamment alimentaire revient régulièrement sur la table. Ce thème alimente les conversations, mais fait également l'objet d'études, de directives européennes et d'une loi française. Cette loi française nommée Garot et entrée en vigueur en février 2016, oblige la grande distribution à réduire et gérer les invendus en les donnant à des associations dans le respect de la date limite de consommation. En cas de refus, les supermarchés sont passibles d'une amende de 3 750 euros par infractions.

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Une loi qui, bien qu'elle ait le mérite d'exister, n'a pas lancé une initiative novatrice. Car la Banque alimentaire de la Haute-Loire, entre autres associations, la pratique depuis des années. Tous les lundis et mercredis matins, les équipes de Jean-Marie Guérault, président de l'association, récupèrent des invendus dans six points de vente sur le département, à Monistrol-sur-Loire (Intermarché et Carrefour), Vals-près-le Puy (Géant Casino), Chadrac (PromoCash) et Brives-Charensac (Leclerc Drive, Leader Price et Grand Frais). Le tout pour un résultat annuel de 50 tonnes de produits alimentaires redistribués à une vingtaine d'associations et une trentaine de CCAS. "Ce sont des produits -- fromages, yaourts, charcuterie, fruits et légumes -- en fin de vie mais tout à fait corrects et bons à la consommation. Ces 50 tonnes réprésentent 1/3 de nos besoins", précise Jean-Marie Guérault.   

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----Soupe Solidaire sur inscription
Par mail sabine.acm@gmail.com ou directement par téléphone à la MPT de Brives-Charensac au 04 71 02 45 69.-----De jeunes initiateurs de projets à l'instar d'Amandine Arsac, 19 ans, étudiante en 2e année de BTS Economie sociale et familiale au lycée Anne-Marie Martel au Puy-en-Velay, veulent également attirer l'attention sur le gaspillage alimentaire. En stage depuis quelques semaines à la Maison pour Tous de Brives-Charensac, elle a eu l'idée de créer un événement autour de ce sujet, sous la forme d'une Soupe solidaire. Et pour réaliser cette soupe, l'étudiante s'est rapprochée des enseignes Auchan, Super U et Le Grand Panier Bio afin de pouvoir récupérer quelques invendus. Nul besoin de dépenser un dénier pour partager cette soupe, mais il faut obligatoirement s'inscrire et notez qu'un petit coup de main pour éplucher les légumes est le bienvenu. Le rendez-vous est donné le mardi 29 janvier 2019 dès 15h30, à la Maison pour Tous de Brives-Charensac. Parce qu'Amandine a à coeur de sensibiliser les participants au gaspillage alimentaire, elle a sollicité l'intervention de l'association UFC Que Choisir qui dès 19h présentera les bons gestes anti-gaspi.

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L'éducation comme solution
Comme le souligne le Comité économique et social européen dans un avis publié en janvier 2015, "l'éducation a un rôle important à jouer en matière de réduction du gaspillage." Et pourquoi pas commencer dans les cantines des établissements scolaires, pour montrer l'exemple ? En 2017, tandis que le Département lançait la première édition de la Semaine Manger Bio et Local en Haute-Loire, neuf collèges altiligériens ont obtenu le label "manger bio et local au collège".

Basés autour de l’éducation du bien manger, les critères de ce label mettent en avant le respect des apports nutritionnels, l'action de sensibilisation menée auprès des collégiens pour développer chez eux le goût de manger ainsi que les efforts qui peuvent être faits pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Grâce à des actions d'accompagnement et de sensibilisation, le poids des déchets consommables peut être réduit considérablement. Sur un menu, le poids moyen des déchets dans les établissements labellisés s'élève à 28g, soit une baisse de 41% par rapport aux pesées de 2017, d'après une enquête réalisée par le CPIE (Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement) du Velay en juillet 2018. L'action se poursuit en Haute-Loire assure Marie-Laure Mugnier, conseillère départementale du canton Velay Volcanique, en charge du projet restauration collective Manger local et Bio en Haute-Loire ; avec la labellisation de quatre nouveaux établissements publics et privés : le collège des Fontanilles à Besles, les collèges Jules-Vallès et Saint-Régis-Saint-Marcel au Puy et le collège Saint-Julien à Brioude.
Avant-goût : le conseil d'UFC Que Choisir 43
Entre autres conseils qu'ils vous donneront, les intervenants d'UFC Que Choisir 43, mardi soir, juste avant la dégustation de la soupe solidaire, vous apprendront à ranger vos courses. Parce que la lutte contre le gaspillage alimentaire est en partie une question d'organisation jusque dans le frigo.

  • Partie haute - zone froide entre 0 et 3°C : laitages entamés, viandes, volailles, fruits de mer, charcuterie, produits en décongélation...
  • Partie centrale - zone fraîche entre 4 et 6°C : viandes et poissons cuits, fromages durs, yaourts, crème fraîche, légumes et fruits cuits...
  • Bac à légumes entre 8 et 10°C : fruits et légumes frais.
  • La porte entre 6 et 8°C : beurre, oeufs, condiments, sauces, boissons...

Stéphanie Marin

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