Sincérité et émotion à la rencontre mensuelle « Solidarité anorexie boulimie »

dim 24/12/2017 - 12:25 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:50

----Les visages de l'association
Cette association « Solidarité anorexie boulimie » a tenu sa première rencontre en septembre 2016. Initialement, elle a été créée par Bruno De Beaurepaire quelques années après la mort de sa fille. Aujourd’hui, c’est Shane Shonavel qui préside cette association et anime les rencontres, accompagné d’Edith Souveton. S'ils sont les visages de l’association en Haute-Loire c’est que ces maladies les ont touchés tous les deux.
Aujourd’hui malades et proches sont conviés à cette rencontre mensuelle, pas de critères d’âge ou de sexe.-----« Pourquoi tu manges si peu ? Tu n’as pas faim ? Tu n’as pas mal à la tête ou le ventre qui gargouille ou te brûle quand tu ne manges pas ?! »  - « Je n’ai plus faim… et je n’ai plus mal, j’ai la gorge serrée… je ne peux pas manger.»

Les familles, les amis, souvent démunis ou ne connaissant pas bien cette maladie se contentent parfois d’un « mange ! » certes bien intentionné, mais inutile, pour penser secourir et aider leur enfant ou leur ami. Telle n’est pas la marche à suivre… Forcer une personne à manger, l’emmener dans un bon restaurant, lui faire ses plats préférés : en clair utiliser tous les subterfuges pour faire manger la personne ne pourra qu’un peu plus l’éloigner de vous ou la braquer.
Facile à dire mais il faudrait essayer d’imaginer un temps que la sensation de faim n’existe plus, que la douleur liée à la faim est absente, que ce malaise des jours de jeûne s’est estompé, seule la gorge serre et les aliments écœurent.

L'anorexie est un symptome et non la source
« Quand je marche dans la rue, je marche très vite, je suis dans ma bulle. Je marche simplement pour arriver à destination et je prie pour ne croiser personne que je connaisse.»

L’anorexie, comme la boulimie, ne se résument pas au fait de se faire vomir après avoir mangé ou de très peu manger. L’anorexie est un symptôme parmi d’autres et non la source des maux.
Ces troubles alimentaires s’accompagnent parfois d’un mal être avec les siens, être entouré de sa famille, faire semblant que tout va bien, sourire quand le corps crie est le quotidien de certaines personne. De nombreux anorexiques vivent encore dans le secret et parfois même dans le déni.
Alors que noël apparait comme un moment de bonheur en famille, pour eux, c’est plutôt une étape à passer, et un effort monstrueux.
----Pour illustrer les réunions Shane propose des livres ou des films, et aujourd'hui c'est Sacha, court métrage de Emilie Belina Richard, inspiré d'une amie qui souffre d'anorexie qu'il nous propose de découvrir. -----
«Les débuts de l’anorexie sont insidieux»
« Je fais du sport 15 heures par semaine » - « Un mi-temps de sport tu réalises ? Mais pourquoi en fais-tu autant ? » .«Si j’en fais autant c’est pour m’occuper, ne pas penser à ma maladie, ne pas penser à mon corps que je déteste, car oui, je me trouve grosse. Je vais à la piscine et le moment le plus dur c’est de quitter la cabine pour aller au bassin.»
« Ça a commencé par la viande, les œufs, les laitages » , pouvant s’apparenter à un régime, les débuts de l’anorexie sont insidieux. Personne de ne pose de question « Pas même moi ».

Et puis, de plus en plus d’aliments sont supprimés de l’alimentation, comme les féculents, et les fruits … Pour laisser place à une assiette vide.
Si en ces témoignages vous vous reconnaissez ou vous pensez à un proche, n'hésitez pas à venir en parler les samedis au Centre Pierre Cardinal à la rencontre mensuelle "Solidarité Anorexie Boulimie".
Et si en parler est trop dur venez simplement écouter ou contactez l'association par mail sur solidarite.anorexie-43@laposte.net

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire