Saint-Front : en montgolfière, quatre personnes frôlent le drame

mar 07/10/2014 - 20:18 , Mise à jour le 27/11/2020 à 05:53

Un vol qui a failli tourner au drame. Ce mardi 7 octobre 2014, un homme de 64 ans était entendu au tribunal correctionnel du Puy-en-Velay : le 31 juillet 2013, il était aux commandes d'une montgolfière qui a fait une chute libre de 40 mètres avant d'atterrir en fracas à vingt mètres d'une habitation, sur la commune de Saint-Front. Dans la nacelle, l'homme transportait trois personnes.

Un atterrissage brutal
Quand ces trois touristes grimpent à bord pour profiter du Velay vu du ciel, ils ne savent pas qu'ils vont avoir la peur de leur vie. Une fois haut dans les airs, le pilote de la montgolfière remarque que la veilleuse indiquant l'état de la flamme qui fait voler le ballon (en chauffant l'air contenu dans une enveloppe) est éteinte. Pas de panique : croyant qu'il n'y a plus de gaz, l'homme de 64 ans utilise l'une des bouteilles de réserve et réenclenche le brûleur. Mais l'incident se reproduit alors que le ballon est à 40 mètres du sol : le sexagénaire ne comprend pas et n'a pas le temps de relancer la machine qui prend de la vitesse. L’atterrissage se fait en urgence, à vingt mètres d'une habitation, à une vitesse de 2,2 mètres par seconde (8 km/h). Normalement, la nacelle se pose à une vitesse de 0,7 mètres par seconde.

Une première en 17 ans de vol
L'arrivée est brutale : les trois amateurs à bord, deux femmes et un homme, sont choqués. Secoués, apeurés, mais heureusement pas blessés. Ils s'en prennent au pilote et lui reprochent de ne pas avoir suffisamment vérifié l'état du matériel avant de s'être envolé. Ce dernier, également sous le choc, s'en défend sans vraiment comprendre. Il est pilote depuis 1997 et n'a jamais vu ça : « La première fois, je n'ai pas compris. Ce n'était pas logique. » C'est en vérifiant son matériel qu'il réalise que le robinet de sortie de gaz est à puissance maximale ; normalement, il le place au deuxième cran de puissance (sur 10). L'intensité du jet de gaz était donc responsable de l’extinction du feu, et non le manque de gaz. « Vous ne vous en êtes pas rendu compte ? », lui demande le président du tribunal, André-Frédéric Delay. « Quand on est en vol, on n'entend rien », rétorque le pilote. Son explication : le robinet, qui se trouve dans la nacelle, a été touché en vol. Mais les passagers plaignants ne sont pas à l'audience pour infirmer ou confirmer cette hypothèse.

« Empêcher les victimes de toucher au matériel »
Les magistrats donnent raison à l'expérience du sexagénaire et à ses 17 années de vol. « Dans mon dossier, les bouteilles étaient pleines, la montgolfière sortait d'une révision. Les circonstances de l'accident sont incompréhensibles », ajoute Me Christian Bellut, avocat de la défense. Pour le Ministère Public, représenté ce mardi par Tristan Boffard, « on ne peut pas reprocher à cette personne, au nom du droit, de ne pas avoir pu empêcher les victimes de toucher au matériel ». Au final, l'homme est relaxé.

A.L.

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