"Respecter la nature et l’humain" : plongée au cœur de la Foire bio de Saint-Germain

Par BRh , Mise à jour le 11/10/2026 à 18:00

Temps de lecture : 5 minutes

Senteurs de sous-bois, effluves de fromage frais et gourmandises chocolatées : la Foire bio de Saint-Germain-Laprade a réuni près de 80 exposants et des centaines de visiteurs. Entre un parrain chef étoilé, des agriculteurs sans filtre sur les contraintes du bio et des enfants au cœur des ateliers gourmands, retour sur un événement fort en saveurs et en prises de conscience.

 

Sous le soleil de Saint-Germain-Laprade, l'ambiance est chaleureuse. Allées animées, étals colorés et échanges : la Foire bio a une nouvelle fois tenu toutes ses promesses. 

La parole aux producteurs et au parrain

"Respecter la nature et l'humain"

Parmi les figures marquantes de cette édition, le chef étoilé Jacques Marcon a endossé le rôle de parrain avec conviction et enthousiasme. Venu à la rencontre des agriculteurs et des visiteurs, il rappelle le sens profond de sa démarche : "Pour moi, la première des choses, c’est d’aller à la rencontre des producteurs. La bio pour moi, c’est respecter la nature et respecter l’humain. C’est la cuisine des bons produits qui m’a fait aimer mon métier."

Sur le marché, si la passion demeure intacte, les producteurs n'hésitent pas à évoquer en toute franchise le niveau d'exigence élevé, les contrôles stricts et le défi quotidien d'exercer en agriculture biologique :

Par exemple à la Chèvrerie de la Madeleine (au village du Pédible), Véronique élève ses chèvres en bio et sous la mention Nature & Progrès, encore plus stricte que le label AB. "Pour le label AB classique, il n'y a aucune difficulté, mais le cahier des charges Nature & Progrès est bien plus exigeant." Il faut sortir les animaux tout le temps, doubler le délai d'attente quand on utilise un traitement antibiotique par an… Sans oublier la saisonnalité imposée : pas de lait en hiver lorsque les chèvres sont au repos ou en gestation.

La chévrerie labelisée Nature et Progrès
La chévrerie labelisée Nature et Progrès Photo par BR

À Rosières, Aymeric Duclaux cultive des fruits rouges en auto-cueillette. Mais entre la sécheresse et les canicules, l'adaptation est permanente : "C'est très compliqué, ça manque d'eau et les chaleurs sont excessives pour les fruits rouges. On s'adapte, par exemple en posant des voiles d'ombrage sur les tunnels. En bio, on doit faire plus avec la nature."

Des clients devant le stand des fruits rouges
Des clients devant le stand des fruits rouges Photo par BR

Pour Virginie Rosier, maraîchère à Vorey depuis 2021, le poids des démarches est parfois lourd "Le bio, c'est énormément de contrôles, deux fois par an. Pour un maraîcher, il y a beaucoup de calculs pour savoir précisément quels sont nos rendements. Heureusement qu'entres nous il y a beaucoup d'entraide"

Un peu plus loin, Fred Dunis de Champclause, fabrique un apéritif artisanal par fermentation de fleurs de pissenlit cueillies sur ses propres parcelles certifiées. "Comme on ramasse le pissenlit, on a l'obligation de récolter exclusivement sur nos terres contrôlées par Écocert."

Et au détour d'un stand, Fred, artisan chocolatier du Beaujolais, rappelle quant à lui la complexité de l'importation du cacao bio : "Il faut toute une chaîne de certification documentaire mondiale lourde pour que le cacao puisse conserver son label bio à son arrivée en Europe."

La parole aux enfants : au cœur de l'atelier des "4V"

L'un des ateliers proposés sur les 4V
L'un des ateliers proposés sur les 4V Photo par BR

L'un des temps forts de la journée a été l'atelier "parents-enfants" animé autour de la règle des "4V" (Vivant, Vrai, Varié, Végétal) pour apprendre à débusquer les produits ultra-transformés et redécouvrir le goût des vrais aliments.

"Moi, j'évite ce qui fait vomir comme les trucs hyper sucrés. Je préfère les bonnes choses et éviter de les gaspiller."

Les enfants se sont prêtés au jeu des interviews avec une spontanéité réjouissante :

Eli, enthousiaste et déjà sensibilisé nous explique : "Hier avec mon frère, on a fait un gâteau avec tout ce qu'on avait dans les placards : des céréales, des pépites de chocolat, de la banane, de la poire et du caramel ! Même s'il n'y avait pas de sucre ajouté, c'était super bon ! Moi, j'évite ce qui fait vomir comme les trucs hyper sucrés. Je préfère les bonnes choses et éviter de les gaspiller."

Un de ces camarades d'atelier, jeune gourmand lucide sur ses goûts est intervenu pour donner son avis  "Moi à l'école, parler d'alimentation, j'aime pas trop. Je n'aime pas trop les fruits et légumes. Ma mère me dit que j'aime rien, mais c'est pas vrai : j'aime la viande, les carottes, les courgettes, le melon..." Avant de réaliser sous les rires de ses copains : "En fait, j'aime presque tout !"

Dans l'ensemble, les enfants sont réalistes "Nous, on aime bien faire des gâteaux et choisir ce qu'on met dedans. C'est important de savoir ce qu'on mange et d'apprendre à cuisiner nous-mêmes à la maison."

Un moment d'échange rafraîchissant qui prouve que l'éducation au bien-manger passe avant tout par la pratique et le plaisir.

Saint-Germain-Laprade, capitale d'un jour du bien-manger

Entre dégustations de produits fermiers, explications passionnées des producteurs sur leurs méthodes de travail, ateliers créatifs ou éducatifs et animations musicales, la Foire bio a démontré que la gastronomie saine, locale et responsable a de beaux jours devant elle. Un rendez-vous inspirant qui donne déjà envie de cocher la date de l'édition prochaine.

Organisé en partenariat avec Haute-Loire Biologique, l'événement a rassemblé cette année près de 80 exposants venus partager leur savoir-faire. Pour Adélaïde Albouy-Kissi, adjointe au maire en charge de l'environnement et de la sûreté, l'ambiance et l'enjeu vont de pair : "La Foire bio, c'est évidemment promouvoir les producteurs et l'alimentation bio, mais c'est aussi l'étendre sur la question de la santé."

La commune, seule collectivité de Haute-Loire labellisée « Territoire Bio Engagé » de niveau 2, affiche d'ailleurs avec fierté 46 % de produits bio dans sa cantine scolaire et 45 % de sa surface agricole utile dédiée à l'agriculture biologique.

 

 

 

 

Vous aimerez aussi

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire

Je renseigne ma commune de préférence :

  • Accès prioritaire à du contenu en lien avec cette commune
  • Peut être différente de votre lieu de travail
Valider