Regards croisés sur la réforme des collèges en Haute-Loire

mar 13/09/2016 - 13:28 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:42

La dernière réforme du collège date d'une quarantaine d'années et un de ses pères est une figure du département : il s'agit d'Adrien Gouteyron, maire de Rosières et ancien sénateur de Haute-Loire, qui a été inspecteur général de l'Education Nationale et qui a participé à plusieurs cabinets ministériels.
Et sous la présidence de Valrie Giscard d'Estaing, c'est lui qui a piloté la direction des collèges chargée de la mise en place de l'établissement tel que nous le connaissons aujourd'hui : la réforme du collège unique.
Aujourd'hui, une nouvelle réforme se met en place et son lot d'inquiétudes l'accompagne naturellement...

Dix options bilangues en Haute-Loire, sans espagnol ni italien
"On disait que le dispositif bilangue de continuité allait être supprimé, que le monde rural allait être lésé... mais ce n'est pas vrai", martèle l'inspecteur d'académie Jean-Williams Semeraro. L'option bilange (allemand ou anglais, voir ci-dessous) est proposée dans dix collèges publics du département : Ste-Florine, Saugues, Lafayette Brioude, Le Monteil, Retournac, Yssingeaux, le Chambon, le Monastier, Lafayette le Puy et Jules Vallès.
L'anglais est proposé car il s'agit de la langue internationale et du business. Quant à l'allemand, c'est pour répondre à des accords nationaux avec un pays qui représente 50 % de nos échanges économiques. Pour l'espagnol ou l'italien, tant pis...

Cette réforme permet-elle aux élèves d'avoir "une tête bien faite plutôt qu'une tête bien pleine" ?
Jean-Williams Semeraro, la réforme des collèges a suscité beaucoup de réactions, chez les enseignants et chez les parents d'élève. Comment se profile cette rentrée ? Doit-on s'attendre à un climat social tendu autour de cette réforme et de sa mise en application ?

Jean-Louis Neflot-Bissuel est le représentant du SNES de Haute-Loire. L'inspecteur d'académie explique que cette réforme est une mise en application de la sentence de Montaigne "il vaut mieux une tête bien faite qu'une tête bien pleine"... Vous ne partagez que modérément cette analyse de la réforme ?

Les changements vus par un chef d'établissement
Emmanuel Forestier est le principal du collège Lafayette au Puy-en-Velay. Un élément du patrimoine vellave puisque le collège existe sur le territoire depuis 430 ans ! Il ouvre "seulement" quatre classes de sixième cette année car l'établissement est astreint à ne pas dépasser un maximum de 26 élèves par classe car le collège accueille également des classes ULIS (unité locale pour l'inclusion scolaire, des dispositifs pour la scolarisation des élèves en situation de handicap). On note également la création d'une section Croix-Rouge, une première au niveau national.
Emmanuel Forestier, est-ce que la réforme a apporté des changements notables ? Des personnels supplémentaires ? Une nouvelle organisation ? Le latin et le grec sont toujours proposés ? 


Le risque d'une école à deux vitesses ?
Agnès Chichereau est la secrétaire départementale Force Ouvrière lycées et collèges de Haute-Loire. La mobilisation n'était pas très importante pour le premier mouvement de l'année scolaire, est-ce parce que les profs avaient la tête dans leur rentrée et n'étaient guère enclin à la mobilisation, ou sont-ils submergés par cette réforme ? Une des principales craintes, c'est aussi d'avoir une école à deux vitesses ? On pense à la concurrence du privé, qui est pourtant tenu d'appliquer la réforme au même titre que le public, même si ça ne semble pas le cas dans les faits...


Maxime Pitavy

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