Réforme des contrôles techniques : objectif dépollution

mer 14/08/2019 - 14:17 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:58

Initialement, la réforme aurait dû passer le 1er janvier 2019. Mais les importants mouvements de manifestations qui eurent lieu à cette période ont provoqué le décalage de l'entrée en vigueur de la réforme au 1er juillet dernier.

Cette nouvelle réforme est la suivante depuis celle du 21 mai 2018 concernant les nouveaux points de contrôle, cette dernière marquait le passage au contrôle technique européen. Une réforme qui avait pour objectif de réduire de moitié à l'horizon 2020, les victimes de la route par rapport à 2010.

Le contrôle de la fumée d'échappement
La réforme du 1er juillet concerne uniquement les véhicules diesel. L'objectif de celle-ci est de contrôler l'opacité des véhicules, autrement dit, les fumées émises par l'échappement. "Chaque véhicule possède un coefficient de diffraction que l'on doit contrôler." explique Serge Martin du centre de contrôle technique Autosur au Puy-en-Velay. Un coefficient supérieur à celui indiqué nécessitera un nettoyage des éléments filtrants avec des produits adaptés. "Dans 80% des cas, le coefficient est trop élevé car le véhicule est encrassé. Il suffit de rouler un temps sans passer la cinquième ni la sixième pour décrasser le moteur" explique le contrôleur. Dans le pire des cas, un changement de la vanne EGR ou du filtre à particule sera requis. "Dans la grande majorité des cas, les véhicules sont en règles" rassure Serge Martin.

De gros investissements pour les centres
Suite à cette réforme, le travail des contrôleurs technique n'a pas grandement changé. "Il nous faut environ 45 minutes pour contrôler un véhicule" assure le gérant d'Autosur qui n'a, au passage, pas fait augmenter le prix du contrôle, actuellement à 75 €. Donc pas d'augmentation de prix pour les usagers, mais un sacré investissement pour les centres : "Pour contrôler l'opacité des véhicules, nous avons dû investir dans une machine spécialisée qui a coûté 10 000 €." précise Serge Martin.

"L'évolution des véhicules va faire évoluer les contrôles techniques. Nous allons donc devoir investir dans de nouvelles machines afin d'être en règle avec les futures réglementations. À un moment donné, les automobilistes seront impactés par cette évolution. À commencer par le prix du contrôle technique."

Rouler au diesel : bon plan pour faire des économies ?
Les voitures essence sont donc épargnés par cette mesure. Car, en effet, les véhicules diesel sont les plus polluants. Non pas par leur conception, mais par leur utilisation nous explique le gérant ponot. "À la conception, un véhicule diesel ne pollue pas. C'est l'utilisation que l'on en fait qui est déterminante : un commercial qui roule 60 000 km par an ne pollue pas, car son moteur chauffe suffisamment pour faire brûler les particules. À l'inverse, un usager qui effectue des trajets courts, ou qui fait des démarrages fréquents, polluera davantage, car le véhicule n'a pas le temps de chauffer et de brûler les particules."

Une utilisation qui peut entraîner des changements de pièces coûteux. Un changement de vanne EGR peut atteindre 350 €. Celui d'un filtre à particules, près de 2 000 €. "Rouler en diesel pour faire des économies à la pompe n'est pas toujours un bon calcul" assure Serge Martin.

Rappelons que le contrôle technique doit être effectué tous les deux ans pour un véhicule en circulation. Et tous les six mois pour un véhicule en vente. Un défaut de contrôle technique est sanctionné d'une amende forfaitaire de 135 €.

Valentin Bonnefoy

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