Recherche d’Origine : « Je me sens un peu ici, un peu là-bas...»

Par Nicolas Defay mer 25/05/2022 - 06:00 , Mise à jour le 25/05/2022 à 06:00

Pour que le sang parle. Pour que les droits d’auteurs du livre "Good Morning Nilanthi" financent des tests ADN pour aider à la réunification des familles. L’auteure ponote, Céline Breysse, livre son enquête sur ses propres origines, elle-même adoptée au Sri Lanka dans les années 1980.

On pourrait penser que c’est une fiction, le roman d’un scandale impossible et dont les victimes se compteraient par milliers, disséminées aux quatre coins de la planète. On pourrait s’immerger dans l’aventure de Nilanthi, enfant de l’océan Indien, en gardant en tête que c’est faux, rassuré que ce drame ne peut être réel tant son ampleur est infinie. On pourrait se plonger dans ce récit inventé pour accompagner cette petite fille devenue femme, née sous le soleil du Sri Lanka il y a plus de 30 ans.

On pourrait. Mais pourtant, ce n’est pas une fiction ni un récit inventé. Céline Breysse, l’auteure du livre "Good Morning Nilanthi", découvre un véritable trafic d’enfants à l’œuvre dans les années 1980 au Sri Lanka, l’île de sa naissance. Le doute mine alors son existence. Et si elle aussi faisait partie de cette déchirure sans nom, de ce vol d’identité que le temps espère dissimuler sous des couches de non-dits, de documents incomplets et de faux extraits de naissance ? Elle va y faire face avec détermination, optimisme et générosité sans tomber dans la haine et la colère.

Des liens 2.0 pour tisser des liens humains

Céline Breysse œuvre pour que le droit aux origines soit respecté, accompagné, encadré et aide à la réunification des familles qui se recherchent.
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La maison d'Edition Reflets

En quête de réponses, Céline Breysse, Nilanthi de son prénom cinghalais, se lance dans une lourde enquête entre 2017 et 2018 qui la conduit sur les terres de son premier cri. Chaque mot a été rédigé en « live », dans son bureau, dans l’avion, dans le van arpentant les milliers de kilomètres cabossés de Ceylan. Chaque phrase a été gravée avec le sang de son histoire et celle des innombrables victimes de ce trafic d’enfants.

Selon les données lentement mises au jour par différents médias, environ 11 000 bébés Sri Lankais ont été confiés à l’adoption internationale, dont environ 1500 en France. Les parents avaient fait à l’époque les démarches officielles et administratives en règle. Aujourd’hui, le Sri Lanka, la Suisse et la Hollande ont reconnu officiellement l’existence de ce trafic. Pas la France.

« De mon journal de bord, il souhaitait qu’il devienne livre. Et nous y voilà. »

« Au début, je n’ai jamais eu l’idée de faire de cette partie de ma vie un livre, confie Céline Breysse. Mais j’avais fait une promesse à quelqu’un de très cher, Andrew, mon ami sri-lankais qui m’a fortement aidée dans mes recherches ».

Elle continue : « Quand je lui ai demandé comment le remercier, il m’a rappelé l’importance de cette histoire, l’importance pour moi et pour tous ceux qui arpentent le difficile chemin de leur recherche d’origine. De mon journal de bord, il souhaitait qu’il devienne livre. Et nous y voilà ».

>3 juin de 18h à 20h30 à la MPT de Chadrac lors des cartes blanches de Pesa Motema.
>4 juin dès 10h à la librairie l'Arbre à livres rue Saint-Jacques Puy en Velay
>15 juin de 10 à 12 heures marché de Saint Germain Laprade Proxi
>18 juin de 10 à 15 heures Librairie Laïque
>25 juin FNAC 43 dès 10 heures
>21 et 28 juillet 15h-20h Marché d'été de Polignac
>14 août journée Marché du livre et du disque Siaugues St Romain

De grands médias nationaux et internationaux se penchent sur son histoire

Son aventure de vie, du passé et du présent, ricoche alors de partout. L’émission Envoyé spécial se joint à elle, caméras dans les bagages, pour se rendre dans cette goutte du sous-continent indien. Le reportage "Les enfants vendus du Sri Lanka" passe alors sur France 2 le jeudi 23 mai 2019.

Et puis c’est au tour de L’Obs ("Les victimes d’un vaste trafic à l’adoption au Sri Lanka, en quête de vérité sur leurs origines"), du Parisien ("L’identité volée des enfants adoptés du Sri Lanka") ou encore d’Aljazeera (The Sri Lankan taxi driver reuniting adoptees with their families) de mettre en lumière les actions collectives qu’elle met en place pour aider à la recherche d’origine.

Pour que le sang parle

Depuis, Céline Breysse reste engagée pour le droit d'accès aux origines. Les droits d’auteurs récoltés servent en partie à financer les tests ADN pour les familles biologiques du Sri Lanka... et faire en sorte de réunir les familles après des décennies d’errance.

« Aujourd’hui, je me sens encore plus à ma place, vivante et ancrée dans un espace dont je ne perçois pas la frontière, un « quelque part » sans véritable géographie, un peu ici, un peu là-bas…» Céline Breysse
 

Envoyé spécial, "Les enfants vendus du Sri Lanka" :

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