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Brioude

Rattachement de l'hôpital de Brioude à celui du Puy: 300 personnes disent non

mar 21/06/2016 - 20:12 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:42

Les élus, les personnels médicaux et la population du bassin de santé de Brioude ne veulent pas que l'hôpital local soit rattaché au groupement hospitalier de territoire (GHT) du Puy-en-Velay. Il sont descendus dans la rue, dernièrement, pour affirmer leur détermination à intégrer le GHT de Clermont-Ferrand.

« Le bon GHT pour tout le monde, c'est le GHT de Clermont. De Clermont, oui oui oui ! Pas du Puy, non non non ! Pour nous, pour nous, pour nous c'est Clermont ! ». Voilà un refrain qui résume l'opinion des élus, des professionnels de la santé et des habitants du bassin de Brioude. C'est en le chantant haut et fort que François Boudet, président du Comité de vigilance de l'hôpital public, a conduit jusqu'à l'établissement les 300 personnes rassemblées place de Paris, à Brioude, samedi 18 juin.

Contre une logique administrative, pour une logique de terrain
Une mobilisation voulue comme un appel lancé à Véronique Wallon, directrice de l'Agence régionale de santé (ARS), qui prévoit de rattacher l'hôpital de Brioude au Centre hospitalier Emile Roux du Puy-en-Velay, malgré les arguments des élus et des membres du Comité, réunis mi-mai à la mairie pour fourbir leurs armes. « Nous demandons ce qui est le bon sens, ce qui est le vœu de tout le monde, des patients, des médecins et des personnels médicaux : que le service de santé brivadois soit organisé de façon très étroite avec Issoire et Clermont-Ferrand, comme il l'est déjà dans les faits », a insisté le maire, Jean-Jacques Faucher, également président du conseil de surveillance de l'hôpital. « On a déjà un accord signé entre le CHU de Clermont, le centre hospitalier d'Issoire et celui de Brioude », a-t-il poursuivi. « Et là, aujourd'hui, de façon très artificielle et très administrative, on nous dit "le groupement, c'est la Haute-Loire". Et bien non ! Nous, on va à Clermont ! Les courses, on les fait à Clermont, et beaucoup vont y travailler. On n'a rien contre Le Puy, mais tous les liens économiques, sociaux et culturels se font avec l'agglomération clermontoise. C'est la réalité des choses, c'est la réalité de la vie et ça ne peut pas être autrement ».

Une nouvelle entrevue au ministère en juillet
Reste à en convaincre les instances décisionnaires, qui ne se résument d'ailleurs pas à la seule ARS. Le député Peter Vigier (LR) l'a affirmé, « la personne qui décide, au final, c'est quand même bien la ministre de la Santé, Marisol Touraine ». Aussi un deuxième entretien au ministère se profile-t-il pour le mois prochain, même si la date butoir du 1er juillet sera échue. « Je ne pense pas qu'une décision irrémédiable et unilatérale soit prise au 1er juillet, tout simplement parce que le conseil de surveillance de l'hôpital, jeudi 16 juin, a voté contre la création d'un GHT du Puy », a indiqué Jean-Jacques Faucher. « Par contre, il va y avoir toutes sortes de discussions et de pressions qui vont s'exercer pendant les semaines qui vont suivre. Il est donc primordial de rester mobilisé. Il ne faut rien lâcher ».

« On se réserve le droit d'attaquer au tribunal administratif »
Ne rien lâcher, c'est bien l'intention du Comité de vigilance et des élus, qui sont déterminés à obtenir gain de cause. « Le fait que 45 conseils municipaux aient pris position de façon très claire en faveur du rattachement à Clermont est un élément décisif dans le rapport de force », a souligné François Boudet. « Le fait que 49 médecins de ville et hospitaliers aient signé une motion dans le même sens est aussi un élément important. Le fait que 2000 habitants du bassin de santé aient signé une pétition contre le rattachement au Puy jouera aussi. Tout ça va peser dans la balance ». Et si ce n'est pas le cas ? Si les autorités concernées restent sur leur position et marient Brioude au Puy de force ? « Si la décision de Madame Wallon allait à l'inverse de ce que veulent la population, les élus et les médecins, ce serait vraiment une erreur manifeste d'appréciation et on se réserve le droit d'attaquer au tribunal administratif », a prévenu François Boudet. « Nous organiserons une assemblée générale pour déterminer les moyens d'action si notre combat n'est pas couronné de succès ».

I.A.

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