Quelle démocratie au sein de l'école ?

dim 07/10/2018 - 10:35 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:54

Organisé par le P’tit café des jeunes Pousses ce samedi 6 octobre à la Maison pour tous de Brives, le forum des initiatives pédagogiques est avant tout un espace de réflexion. Dans une salle, des chaises ont été disposées en cercle. Les débats fleurissent autour de la question d’éducation, alimentés par l’expérience et le ressenti des uns et des autres. Une table ronde intitulée « Comment prendre en compte l’individualité de chaque enfant ? » vient tout juste de se terminer. Et déjà, des participants s’activent pour une suivante : « Comment promouvoir plus de démocratie et de coopération à l’école ? »
Responsabiliser les élèves Une jeune fille se lance : « La démocratie, c’est lié à la notion de responsabilité. Quand on se sent responsable par rapport à une décision, on se sent plus intéressé à la chose. Pour ça, il faut se sentir écouté, être impliqué dans les décisions. » Assise en vis-à-vis, une dame abonde dans son sens : « Quand on ne se sent pas responsable, on est vite désintéressé par le groupe social. Or il faut ancrer les enfants dans quelque chose de vivant. Rester assis 6 heures au même endroit ne leur permet pas d’avoir prise avec les choses ni d’apprendre comment se comporter au sein d’un groupe. »
Une "acceptation de l'ordre établi" La conversation dérive alors sur le rapport à la loi : « Je pense qu’imposer des règles strictes aux enfants a pour effet de les déresponsabiliser, poursuit une autre participante. Parce que la loi dit aux gens comment faire, sans les inciter à trouver des solutions par eux-mêmes. Toute petite, j’ai eu l’impression que l’on me poussait juste vers une acceptation de l’ordre établi, sans me donner les moyens de le questionner. L’école devrait semer des graines chez les enfants pour leur permettre de se révéler. »
Une autre dame, institutrice de profession, tient cependant à nuancer : « Les règles qui déresponsabilisent sont celles qui ne sont pas décidées collectivement. Cette façon de faire peut être instituée dans toutes les classes. Il faut que l’école soit un espace pour que les enfants apprennent à exprimer ce qu’ils souhaitent. »

>> Lire aussi : Et si on adaptait l'école à nos enfants? 
« D’autant plus que réfléchir par soi-même est difficile si on n’en a pas pris l’habitude, rebondit l’animatrice de la table ronde. Il faudrait plus y inciter les élèves dès la maternelle. » Aussitôt, sa voisine reprend : « En fait, il faut développer une ambiance de classe qui soit propice à cette expression. Je crois que, parler devant les autres, c’est s’exposer, et que les enfants ont besoin d’un cadre légitime pour le faire. Mais comment cela peut-il être possible quand, en maternelle, ils sont confrontés à plusieurs enseignants dans une même semaine ? Quelle cohérence peut-il y avoir entre leurs différentes méthodes ? »
Développer un cadre propice à la coopération Jusque-là silencieux, l’un des participants, professeur de mathématiques en collège, profite de l’occasion pour se mêler à la discussion : « Il est certain que cela est plus facile quand il existe un projet d’établissement. Mais il existe des solutions simples pour développer la coopération entre les élèves dans une classe que chaque enseignant peut appliquer simplement. Personnellement, j’ai recours au tutorat : ceux qui sont en avance sur leur travail ont la possibilité de réaliser des exercices d’approfondissement ou d’aller aider leurs camarades. Bien souvent, ils choisissent la seconde option, ce qui a pour effet d’améliorer l’ambiance de la classe. »
E.R.

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